Madame,

Il me plaît de croire, Madame, que vous allez bien, que votre santé est au mieux. Parfois, en fermant les yeux, je respire votre bien être, comme un remède à mon pas devenu lent. Je goûte cette émotion au dessin d’une syllabe, à ce mot inventé au noir de l’encre de ma plume. Ce n’est pas de la tristesse que d’écrire cela, juste une amertume qui passe et s’en va………

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » où chérir cette lettre, ces mots alignés qui croiseront votre lecture, en une clairière où vous seule, serait invitée ! ? Vous me pardonnerez cette image, l’audace de cette addition , le silence s’ébruite et dessine votre sourire, mes yeux s’illuminent…………..

Ici, l’hiver a pris ses quartiers. Sur mes chemins de promenades, les chevaux sont rentrés . Les prés sont bien vides, parés de leur givre blanc. Il me faut marcher, quand même, le froid paralyse et fige mes pensées.Sur ces sentiers à la terre dure, les grands arbres patientent, quelques oiseaux se pressent, volant au plus haut à se brûler les ailes. Mon bâton glisse plus qu’il ne se plante, la terre craque sous mes semelles…..j’ai froid ! Pourtant, mon esprit vagabonde, découvrant en l’imaginaire Pays de Caux quelques raidillons, quelques pistes battus par les vents, là où la mer chante sa colère, là ou l’océan appelle le marin.

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » ? Je ne sais pas, je ne sais plus ! Je poursuis, sans hâte, mon errance, ce voyage m’apaise, il est, déjà, un souvenir, même si l’instant est derrière cette porte !

Sur cette phrase , Madame, je finis cette correspondance. Permettez moi ce souhait, sans qu’il vous fasse offense, que le bonheur ose votre sourire à ne plus jamais s’en démunir !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)