Rester là !

«  Accepter que cela puisse arriver ! » L’acceptation, un mot qui, encore aujourd’hui et je dirai, surtout aujourd’hui, est un signe de soumission, de faiblesse, d’incompréhension des règles du jeu ! Mais quelles sont ces règles du jeu ?

– tout savoir ?

– nier la réalité ?

– être fort quoiqu’il arrive ?

L’expérience de la maladie, nous apprend énormément. Il y a ce stade, où l’on se dit «  pourquoi moi ? » et l’on fustige le monde, le gouvernement, la pollution …etc ….etc comme si avoir un coupable nous soulage, voir nous met sur la voie de la guérison ! On s’aperçoit, très vite du contraire ! Ces multiples accusations sont comme des sables mouvants, nous entraînant en haine et tristesse ! Vient le temps où l’observation, la réflexion, le silence nous emmènent en espérance. Les causes se dessinent et la juste compréhension se fait. Il y a là aussi , une vague de tristesse ressemblant au prélude d’un sourire, d’un rayon de soleil, alors nous appréhendons notre réalité autrement, paisiblement  !

L’apitoiement n’est plus de mise, mais l’inverse, également ! Chaque visite, chaque échange est ponctué de «  soit fort ! » généralement suivi d’un poing serré pour montrer la vigueur du propos. Être fort, un état où notre condition de malade, ne nous invite pas ! Notre réalité est cette faiblesse physique à laquelle nous devons faire face, cette faiblesse de l’esprit qui nous entraîne sur des chemins de dégoût, de peur, de larmes. A la vue de tout cela, «  soit fort » apparaît hors sujet !

Mais , alors où trouver cette force , dont nous le savons, nous avons besoin pour traverser ces épreuves ?

Pour répondre à cette question, je me souviens des premiers mots d ’Elias «  Être présent, pleinement, en l’instant, en un juste équilibre, rend l’instant plus intense, plus utile ! ». Accepter la souffrance, c’est accepter la vie dans toute sa réalité. Être , simplement Être là, n’est ce pas dépasser la souffrance ?

J’ai entendu ces mots, ce jour : «  Réalité partageable ! ( Thierry Jansen) » Ils me semblent, résulter de cette acceptation. Notre réalité devient non pas partagée, mais partageable avec ce soucis humble, de transmettre, même là, surtout là, une certaine idée sereine de la joie !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )