Lettre à Elias.

 

Je m’enrichis de nos conversations, non pas comme on amasse une fortune, mais juste en ce partage d’émotions, de réflexions, d’expériences.

Il n’est nul besoin de se presser, inutilement, pour franchir, je ne sais quelle ligne d’arrivée. Oser le temps, prêter attention à ce qu’il est , à ce que nous sommes au profond du profond de nous mèmes. Avoir l’audace bienveillante de l’observation, de l’apprentissage, parfois de l’affrontement. Avoir l’impartialité de la compréhension de l’autre pour Être, simplement Être !

Avez vous ressenti la joie de l’humble quand l’équilibre se fait , juste un instant ? Elle me submerge à entendre votre voix, à apprendre votre chemin, à comprendre vos chagrins.

Il me revient, ce jour particulier où votre corps ne vous laisser pas de repos. Ma venue, soudaine, vous avez irritée, je le ressentais en moi . Je vous avez préparé du thé et une petite collation. Assis dans votre fauteuil, un livre sur les genoux vous sembliez, ailleurs! Votre respiration était à l’unisson de ce silence qui s’installait. Oui ! Comme vous le dites , souvent, le silence est une pipelette parfois , mais là, sa présence était presque palpable comme une pensée humble qui observe le temps et l’espace. Je regardai votre visage , essayant de déceler un mot, une phrase à venir, elle fut celle -ci «  Soit attentif !…écoute ! » j’en fus surpris . Un entretien silencieux commença. Nos souffles de concert rythmèrent cet étrange voyage. Mon regard ne pouvait se détacher de vous , pourtant, en ce moment j’eus cette sensation forte , très forte en moi, de votre fusion d’avec l’instant. Il y avait là une intensité telle que la seconde à venir n’existait pas, qu’un lien d’une affection profonde,pure, se révélait à moi, comme pour me rassurer, m’envahir de compassion et dissiper mon inquiétude.

Je dus, pendant de longues minutes, «  remettre sur le métier «  ces images. Les appréhender dans leurs force, les comprendre dans leurs réponses, les aimer dans leurs couleurs. J’avoue que cela me perturba, un moment, un court moment… il me vint alors les paroles d’une chanson … « Quand on n’a que l’amour , à offrir en partage ….. »

Il me tarde de vous revoir, en meilleur santé , j’en fais le vœu. Que le bonheur guident mes pas à ne jamais perdre votre chemin !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )