A vous lire , Madame, la souffrance me vient. Non, celle de mon corps affaibli ou de mon esprit fatigué, mais celle, de vous sentir en plein désarroi !
Il est des silences, plus blessant qu’une flèche en plein cœur, des mots oubliés plus aiguisés que la lame d’une épée ! Mais sachez , tel n’est pas mon souhait, ni mon vœu !

En mon être, une compagne de voyage insinue le mal, à petites doses. Oh ! Je la connais bien, elle est venue, si souvent, peindre avec noirceur le ciel de ma vie. A la côtoyer de la sorte, j’envisage ses passes et esquive ses touches, un combat difficile l’adversaire est sournois, perfide ! Elle manie l’espoir comme un dard et vous pique l’esprit pour endormir votre défense.
Il me faut être vigilant, encore et encore ……..

Cette souffrance, dont je vous parle , Madame, est comme en dehors des circonstances, en dehors de ce présent pesant. Il est des nuages que l’on voit, tonner sur d’autres paysages et qui nous affectent, nous écorchent , nous mordent plus fort. Pourtant, ils sont loin et l’on devrait s’en réjouir, mais on ne le peut ! Ma compagne de voyage devient, soudain, insignifiante, sans réalité. L’émotion, le ressenti de la souffrance d’autrui, comme les braises dessous les pieds, est alors plus intense , plus profonde, plus insupportable.

J’accueille cela avec beaucoup d’incompréhension. Il me faut aller au delà de cette innocence ! Comprendre ! Oui comprendre pour ne pas trébucher, pour ne pas être cette maladie, pour aimer encore, à cause de l’autre , pour que la bienveillance ne soit un mot vain, dénué de sens, mais un acte humble, généreux, aimant !

Voilà, Madame, en peu de mots , peut être déconcertants, ce que j’additionne ou soustrait de ces minutes qui crayonnent ce présent ! Le présent la seule chose qui ne finit jamais, comme dit le poète !

Permettez moi de vous embrasser, vous souhaitant, sincèrement un bonheur pur à chaque seconde renouvelé !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)