Sur le bord du trottoir, la bienveillance était assise. L’indifférence l’avait installée là, les pieds dans le caniveau. Elle grelottait l’hiver et transpirait à grosses gouttes l’été. Dans le brouhaha de la ville, chaque jour, chaque nuit, mille et mille personnes passaient sans la regarder.

Pourtant, quand un regard croisait le sien, elle souriait. Pas un sourire de circonstances, ou pour quémander quelques faveurs, non ! Un sourire généreux ! Oui, de cette générosité qui fait la richesse de l’humble,la fortune du sage. Un sourire qui se donne mais n’attend rien ou plutôt un sourire qui est une graine en l’esprit de l’autre, la semence d’une réflexion, l’embryon d’une compréhension……..Et le fruit à venir rendait la bienveillance heureuse !

Comme le dit Elias : «  un regard, un geste , un mot quand il est bienveillant du plus profond de notre cœur, n’est pas inutile……même les pieds dans le caniveau ! »

Philippe De Frémontpré

( Méditations)