Le bonjour à toi, Philippe !

Il est inhabituel, pour moi, de t’adresser quelques mots écrits, tu le sais. Cela, m’est apparu nécessaire, en cet instant. Tes visites se font rares. Il t’arrive , parfois , de prendre de mes nouvelles par téléphone. Tes appels sont, devenus brefs, convenus et polis ! La curiosité, la joie du présent, de la présence de l’autre ont disparues . J ‘avoue avoir souffert de cela, d’où cette lettre.

J’ai ressenti à ces diverses occasions, un conflit en toi. Tu es un apprenti sans Maître, un capitaine sans navire, le doute, les certitudes, comme un clair-obscur, envahissent ton esprit. Ta vigilance s’absente, fréquemment, rendant ta pratique fragile, hésitante, embarrassée !

L’hésitation n’est pas anormale dans l’obscurité. Notre vraie nature n’est pas éclairée en permanence, l’ombre et la lumière s’associent, parfois pour nous permettre d’apprendre, de comprendre. Il n’est nul question d’intensité du noir ou de la clarté, mais de l’appréhension impartiale et humble de cette observation indispensable qui nous mènera à l’acte bienveillant et juste. La connaissance n’est que patience, et cette patience se nourrit de notre détermination, de notre volonté d’Être !

Être n’est pas simplement un mot ! Être, c’est une joie , un bonheur, un partage unique entre l’autre et le profond du profond de nous même ! Être, c’est persévérer à être utile au delà de la pensée, au delà de l’acte lui-même ! Consentir à cela en pleine liberté, n’est ce pas simplement vivre ? Oui, Vivre !

Ce potentiel est en chacune , chacun d’entre nous ! Il est en toi , tu le sais pour avoir à maintes reprises perçue l’éclat de la compassion, les vertus de la bienveillance, les bienfaits de la méditation. Il m’importe, désormais de te retrouver en nos promenades, en nos repas, en nos discussions, non pas pour te remettre sur le bon chemin, ce qui serait présomptueux de ma part, mais pour Être en l’instant, présent en cet équilibre juste !

Il me tarde de te voir, Philippe, Que le bonheur te guide !

Elias