Sur un chemin de terre

Devant nous, un chemin de terre, il fuit vers l’horizon, comme pour nous taquiner. De chaque coté, quelques arbres, déjà couverts de feuilles de printemps, sortent d’un hiver ou la neige avait compté ses flocons. Ça et là, quelques fleurs, amenées par le vent , arborent de belles couleurs au milieu des herbes folles. Le monde animal s’éveille. Insecte, oiseaux, écureuil et autres mammifères arpentent le ciel et les fourrés, curieux de la nouvelle saison naissante, mais surtout affamés par quelques mois pauvres en nourriture. C’est avec discrétion que le théâtre de la vie se met en place !

Le silence n’est perturbé que par nos pas sur la terre sèche. Nous avions conversé un moment, Elias faisant l’éloge de l’observation, animé d’un enthousiasme débordant. « l’observation peut être un passe temps, oh !quel vilain mot , passe temps, comme si nous tournions une page sans réellement la lire ! Observer , c’est se familiariser avec ce qui est là, juste là . Apprendre le temps, c’est apprivoiser chaque seconde et la savoir comme essentielle !

J’aime ces instants où la compréhension se mêle à la joie , à cette ferveur paisible d’être présent en ses pensées, en ses mots, en cette transmission simple et humble. L’écoute prend , alors , tout son sens. Celui du respect, celui de l’apprentissage, celui de dessiner chaque mot reçu comme pour mieux les apprendre, les comprendre.

Les mots sont des passants, on en arrête certains et en laissons passer d’autres ! C’est dans l’équilibre de ce choix, dans la vigilante impartialité de notre esprit que l’acte naît. Sans bruit, comme éclot une nouvelle saison, l’acte juste, sage et bienveillant accueillera le présent, la joie, l’autre !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )