A l’époque où la souffrance physique était difficilement supportable, il m’est venu cette question : Pourquoi, celle-ci, se transforme inexorablement en pensées négatives allant jusqu’à là confrontation avec les autres ? »
Quand on souffre dans sa chaire, chaque mot, chaque geste, chaque attitude de l’autre, est sujet à caution. Comme la formule le dit si bien « on ne peut s’empêcher.. » d’interpréter chaque silence comme de la pitié, chaque phrase comme de la condescendance, chaque pensée comme de la fausse sensiblerie,chaque acte comme de l’apitoiement ! Le pire est, qu’en notre solitude , nous réfléchissons en ce sens et trouvons une tonne de bonnes raisons attestant de la réalité de ce que nous construisons mentalement.
Nous avons , alors, cette sensation que tout est claire, que l’incompréhension à notre sujet est réelle et amplifie au fur et à mesure que les jours passent. L’autre, le proche n’est plus qu’un visiteur qui ne sait pas , qui ne comprend pas. On se construit une forteresse de souffrances aux murs bien épais, aux fondations maçonnées à grands coups de certitudes ! Puisque c’est ainsi, tout nous est permis ! Nos blessures sont autant de boulets, qui s’autorisent tout, de l’impolitesse à la haine, de la naïveté à l’idiotie, de la rage à la torture !

Quand, alors on touche fond, on observe, on apprend très vite que notre souffrance n’est rien, mais que celle de l’autre, celle dont nous avons contribué à faire grandir en eux est terrifiante !

Réfléchissons bien à cela !

« La compassion, la bienveillance sont nécessaires pour nous détacher de nos propres souffrances , comme l’est plus encore notre vigilance, notre ferveur à la cause de l’autre ! » Elias

Philippe De Frémontpré
( au delà de l’innocence)