Le tas de pierres.

Nous avons, tous,cette capacité à observer transformer notre esprit . Accueillir nos pensées d’amour, de compassion, nos sentiments nocifs en leurs réalités, les comprendre, agir avec humilité et sagesse pour faire reculer, encore et encore, notre propre souffrance.C’est au profond de notre profond en cette observation vigilante de nous même, en cette respiration sereine que le chemin se dévoile.

Nous ne voilons pas les yeux, il est en cette étape bien des difficultés. Se confronter à la réalité de soi -même, n’est pas une chose aisée, où avec un peu de méditation, d’attention occasionnelle, la paix intérieure, soudain, nous est révélée ! S’affranchir de modes de penser qui régissent , parfois, avec la cruauté de la course à l’excellence, nos sociétés. Oser accueillir l’instant, l’expérience avec le regard de l’apprenti. Se discipliner à l’observation, la réflexion, la compréhension juste, voilà un parcours demandant patience et effort. L’angoisse, la peur jalonneront, également, ce sentier, mais il ne doit y avoir aucunes craintes, au contraire !

Elias me répète, souvent : « je ne suis qu’un apprenti ! », la première fois , cela m’a interpellé avec une certaine violence. Il a ressenti mon désarroi. D’une voix forte ajouta : « Apprendre n’est l’affaire d’un moment, d’une phrase ! Comme le temps se renouvelle à chaque seconde, la pratique, l’étude sont comme ce tas de pierres qu’il te faut déplacer encore et encore ! C’est en cet effort que tu identifieras le bon emplacement, que tu saisiras avec joie ta vraie nature ! »..il se place, alors , dans la position du méditant et poursuit : « je vais déplacer mon tas de pierres….. »

Philippe De Frémontpré
(Médiations)