«  Tu peux te tenir à l’écart de la souffrance, tu as la libre permission de le faire et cela correspond à ta nature. Mais cet éloignement est, peut être la seule chose que tu aurais pu éviter ! »

Kafka.

Il nous faut oser notre intime profond, cela ne veut pas dire, se replier sur soi, mais tout au contraire s’ouvrir, s’ouvrir juste à ce qui est . Ce qui est, voilà ce qu’Élias appelle «  le précieux , le ni plus ni moins ! » C’est dans l’attention, en l’instant , dans les demandes que nous faisons à notre intime profond que s’établit, naturellement l’équilibre. Chaque réponse prend son sens, dans l’attention que nous avons porté à poser la demande. Un questionnement reposant uniquement sur l’émotionnel, sans tenir compte de l’environnement et des circonstances voit forcement sa réponse éloigner du juste équilibre, de l’impartialité nécessaire, de la compassion indispensable.

Se tenir à l’écart de la souffrance n’est pas simplement de l’ignorance ou ce regard indifférent à notre vraie nature, c’est aussi , être dans l’incapacité d’en accepter la globalité. On en tire quelques bribes, pour nous justifier s’en éloigner un peu plus. On en hurle quelques injustes pensées, quelques actes nocifs pour servir d’autres souffrances et oublier notre humanité. Se forger , ainsi des certitudes, comme gonfler les voiles d’un navire se dirigeant vers la tempête. On ne se garantie pas de l’erreur et autres faiblesses humaines en hurlant dans le vent, on peut être à l’écart , inconsciemment, parfois consciemment,au milieu de la souffrance ! C’est en notre volonté attentive et vigilante que la sagesse prend sa source et que la bienveillance s’y abreuve.

Oser, ce n’est pas avoir raison, oser c’est accepter les demandes que nous nous faisons avec humilité , impartialité et compassion !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )