« Peu importe la richesse d’une vie, seul compte la vérité et la noblesse de cette rencontre avec toi-même ! »
Philippe de Frémontpré
( Au-delà de l’innocence )

Le silence de l’ignorant.

Un demi- siècle !
Voilà, ce que le temps laisse derrière moi,
Un peu poussière sur mes bottes,
Quelques souffrances aux plaies endormies,
Une dizaine de carnets, une ou deux breloques.
Rien de plus !

Je ne sais rien, j’ai peine à le croire,
Des visages, des mots, des paysages emplissent ma mémoire
Et pourtant, reste le silence de l’ignorant,
Vous savez bien, celui qui vous dit : « t’es qui toi ? »
Moqueur à souhait,
Il efface les bonheurs passés,
Ne laissant que les regrets.
Ces remords lancinants, vous perforants le cœur,
Vous rongeant cette parcelle de raison, peut être trop intime,
Où votre vérité, peu à peu s’évapore.

J’arpente ce désert, où les rêves ne poussent plus,
Osant la sagesse, parfois,
L’amertume, souvent.
Ma tristesse cherche t elle une excuse sur ce tas de détritus,
Où s’amoncèle les « il est trop tard ! Si j’avais su !…. » ?
Mais ce n’est pas de l’audace,
Juste un voile sur une face !
Aux pays des occasions manquées,
Des choix impossibles, des petites et grandes trahisons,
Il y a des constats qui vous condamnent,
A porter en bagages les douleurs passées,
Non pas en pénitence, mais en un rappel quotidien,
A l’humilité, à une certaine idée de l’humanité,
Dans ce qu’elle a de plus généreux, de plus vraie !
Il me faut assumer seul, cette culpabilité,
Et apprendre l’autre au-delà du repos,
Retrouver, peut être un peu de compassion
Et d’estime de soi.

Mais, de quoi nous parles-tu ?
Oh ! J’essaie de justifier mon désarroi,
De faire du temps ce complice volontaire,
Qui fermera la porte de ma vie, doucement.
C’est le moins qu’il puisse faire !
Vous ne trouvez pas ?

Vincent