«  Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas détester mais comprendre ! »

Spinoza.

Au travers de nos lectures, une phrase, quelques mots nous interpellent, comme une invitation à comprendre plus encore. Nous relisons une fois, deux fois pour en dessiner ,en notre esprit ,les contours.Puis, nous entrons dans les mots avec précautions, essayant de retracer la construction, entre virgule et exclamations.Il nous faut abandonner ce «  je sais», pour ce « j’apprends », pour ce «  je comprends », bref mettre nos pas dans ceux de l’auteur, sans troubler la trace.Il me semble que ce premier temps, est le plus difficile. L’essence d’un mot, son sens en l’addition, en la phrase sont unique, l’accepter c’est respecter le mot pour ce qu’il est, une fois l’encre déposée.Faire abstraction de nos certitudes ou de la rigueur du cheminement de nos pensées reste un exercice où notre égo fait de la résistance ! Attention, il n’est nullement question de prendre l’écrit pour « paroles d’évangile », mais de comprendre ni plus, ni moins .Comprendre n’est ce pas simplement et humblement se faire une certaine idée, et non une idée certaine, se représenter une chose, un être, sans se moquer, sans se lamenter, sans détester !

Le deuxième temps se propose avec attention et vigilance.Oser l’essentiel, oser l’expérience des mots. Nos lectures ne sont que des invitations à l’empathie avec le doute du sage et l’audace de l’apprenti. L’expérience des mots nous confronte, nous oppose, souvent, à nous même, cela est joyeux et réconfortant.

Philippe De Frémontpré