Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ?

Je ne tends pas la main, je ne le prends pas bien sûr.

Que fait le donateur ?

Ma foi, que peut-il faire ? Il garde son objet.

C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre.

Bouddha

( Extrait d’une conversation de Bouddha avec un homme en colère lui ayant adresse des injures)

Bonjour à toutes et à tous,

Nos mots ,autant que nos pensées nous appartiennent. Nous pouvons, au gré de nos souhaits, de nos apprentissages les proposer, les offrir où les garder dessinés sur les pages blanches d’un carnet. Ils peuvent se tromper et ne doivent pas en avoir honte , si par le fait, ils enrichissent la réflexion . C’est en cela que le partage trouve sa noblesse et parfois la sagesse.C’est en cela également , que notre vigilance, notre attention doivent s’inscrire en nos discours de la plus belle des façons.

Il n’est nulle moralité, ni leçon donnée en ces mots écrits mais juste un avis , une addition de mots. Il est de nos libertés de les parcourir ,de les commenter ,  de les contredire ou de passer son chemin pour d’autres paragraphes, pour d’autres lignes.

Chaque jour, nous accueillons les mots pour apprendre, pour comprendre. En quelque sorte, nous nous ouvrons aux mots de l’autre, qu’ils soient parlés ou écrits. Comme les mots de l’autre lui appartiennent, le choix de nos lectures nous appartient. Nos quêtes intellectuelles, spirituelles nous emmènent, parfois, à la rencontre de mots qui nous déplaisent, nous heurtent, nous choquent. Il faut les accueillir, en émotion gardée,car ce sont les mots de l’autre, ils ne nous appartiennent pas ! Cela, ne se traduit pas par une certaine passivité , mais peut se poursuivre par une réflexion impartiale ,débouchant sur un argumentaire solide, sans notes de violences, laissant une grande place à l’explication. Il n’est pas de plus beau et noble partage qu’une démonstration ouverte. Cela a l’avantage, également, de par la réflexion , de faire baisser les tensions du corps et de l’esprit par une observation apaisée.

Philippe De Frémontpré