Quatre mots magiques

Il est en mes souvenirs, l’odeur particulière de ce biscuit nantais rectangulaire , dentelé , aux grandes oreilles. Chacune dans son coin, attentive mais craintive , elles se faisaient discrète à la sortie du paquet. Pourquoi me direz-vous , cette peur subite entre deux doigts malicieux, portant la gourmandise à une bouche vorace ?

L’inquiétude n’était pas d’être mangé mais simplement, la question était de savoir la quelle serait la première………..

C’est le début d’une petite histoire que je racontais à ma petite fille le soir pour l’endormir. Son sourire avant que ses yeux ne se ferment, remplissez mon cœur d’une joie immense, je dirais même, plus que cela, beaucoup plus que cela !

La couette jusqu’aux oreilles, elle attendait patiemment que l’histoire commence.Elle fermait les yeux, sa respiration se faisait plus lente, apaisée, alors je débutais par le légendaire «  il était une fois… » quatre mots magiques comme la clé de la porte d’un monde extraordinaire .Généralement, l’histoire n’allait pas à son terme, le marchand de sable me prenant de vitesse.

C’est à ce moment, que je lui fredonnais, doucement, une chanson que ma grand mère chantait à mon père, aux heures troubles d’un pays, d’une contrée lointaine.

Tout là haut dans le ciel gris,

Tous les chats ne sont pas noirs.

C’est une illusion de l’esprit,

L’abandon de tous nos espoirs.

Toi, qui dort dans ton lit,

A la fenêtre de tes rêves,

Il n’est pas question de survit,

Mais de promenades sur la gréve,

Là, où les flots à l’horizon,

Inventent de nouvelles chansons……..

( traduction approximative en français , d’une chanson polonaise )

Philippe De Frémontpré