Un coin de ciel bleu .

Le vent fouette mon visage , le soleil joue à cache-cache, mes yeux cherchent un coin de ciel bleu, je souris aux nuages , je respire le temps . Ce gros nuage noir n’est pas un ingrat, il se pousse , doucement, se laissant caressé par un rayon de soleil. Un coin de ciel bleu apparait, mon coin de ciel bleu !

Vais je le partager ? le garder pour moi ? Je serai le dernier des pleutres d’agir de la sorte ! Je ne suis que son hôte et il a tant de visiteurs !

– Oyez ! Oyez ! Braves gens ! Frotter vos yeux, lever la tête, il y a du bleu , il y a de l’espoir ! Et de chacun de son bout de trottoir, et de chacune d’ouvrir sa fenêtre , inspirant l’instant comme on colorie la joie !

Je revoie, alors , mes coins bleu d’enfants, ceux plein de merveilles, ceux des premières ritournelles. Ils sont bien loin désormais, pourtant, celui -là me semble être le même ! Non par nostalgique, j’ai grandi un peu, mais comme un vieil ami qui me suit de là-haut. Il se rebelle à l’occasion, s’absente quand le monde devient trop fou, quand le monde ne le regarde plus. Je repense à toutes ces prunelles, en d’anciens jours croisées , cherchant au sol ce qu’elles avaient au dessus de la tête.Du doigt, je leur montrai le haut, d’un sourire je leur disait : « Oser ! Oser ! lever le menton ! », mais rien n’y faisait …….ils cherchaient au sol, certains cherchent encore……

Difficile à imaginer qu’un coin de bleu vous donne tant de tristesse. Je continue à marcher, lentement, je souris comme on prend le bras d’un coin de ciel bleu , mon coin de ciel bleu !

Philippe De Frémontpré