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De passage à Kyoto.

Au cours de mon voyage, nous avons séjourné à Kyoto anciennement Heian-Kyo capitale impériale du Japon, que les vieux sages appellent la «  Capitale de la Paix et de la Tranquillité. » C’est en ces rues d’un Japon millénaire, que Drogen tenue , dés l’aube, à me faire emprunter «  le sentier du philosophe ». Kitaro Nishida s’y promenait d’un pas lent, chaque jour, afin de de méditer. Comment ne pas être émerveillé de ce chemin bordant une petite rivière où au printemps les cerisiers accueillaient les méditants de leur parfum si particulier. Dans les temples construits çà et là, une prière était récitée, un rituel y était pratiquée. On ressentait une ferveur sans fastes, une sérénité humble, en partage. Elle s’adressait aux anciens, à quelques divinités locales avec un respect tout à fait surprenant en sa simplicité.

Tout en avançant,nous percevions, les conversations, presque chuchotées d’un groupe d’étudiants. Nous firent halte ,à quelques pas, curieux de cet échange. Le professeur, personnage assez grand, ce qui est rare pour un japonais, porté un étrange pantalon à sept plis et une «  veste croisée sur le ventre dessus une chemise d’un blanc lumineux, le tout noué à la taille par une ceinture au nœud improbable. Les intonations de la langue japonaise sont particulières. Nasales ou venant de la gorge, elles témoignent de l’émotion, de l’intensité, de la joie ou de la colère que la personne souhaite donner à son discours. Le volume s’harmonise avec le sens du propos, étant également preuve d’une hiérarchie assumée. Un ton agressif ,peut être, le témoin d’un respect naturel que le geste de la tête emmenant le torse et le regard vers le sol , complétera.

Ce professeur commença ce dialogue par cette question : «  Avoir raison est ce une nécessité ? »

Devant la perplexité et le manque d’empressement de ces élèves à prendre la parole, le professeur continua son propos.Que pouvons nous entendre par nécessité ? Il est utile d’observer l’essence même de ce mot, de cette émotion, de cet état d’esprit.Du nécessaire à l’inévitable, du besoin impérieux à l’indispensable , la nécessité nous propose bien des causes, aussi légitimes que réelles, auxquelles il nous faut répondre, non pas pour avoir raison, mais pour être en conscience acteur d’un remède bienveillant. Volontairement, la nécessité n’oublie t elle pas un facette nocive de son interprétation ? La satisfaction de soi, l’orgueil provoque ce déterminisme, cette nécessité absolue nous poussant , parfois, vers le monstrueux, l’innommable, l’inhumain !

Avoir raison n’est pas cette folie qu’est la vanité, mais cet équilibre conscient de cet «  ici et maintenant » indispensable pour être utile et meilleur en nos pensées, en nos actes !

Ce fut un moment intense, où tout se bouscula en mon esprit .Drogen sourit en me disant «  tu as l’ai soucieux , mon ami ?

Non ! Lui répondis je , cela m’interpelle, il faut que j’y réfléchisse. Il conclus par : je suis heureux de t’avoir amener ici !

Nous reprîmes le sentier, non sans un dernier regard sur ce professeur qui lui aussi souriait !