La Boite à bisous



De retour au pays,
Celui ou j’ai grandi,
Je ferme les yeux.
Remerciant les Dieux,
Remplissant mes poumons,
De ces odeurs, si particulières
De terres sèches et de chansons
Un délice de saveurs familières,
Dessinant un sourire,
A l’enfant d’ici,
Planté là ! sur la route, en plein midi,
Dégustant, goulûment, ses soupirs.

Soudain, un flot de souvenirs,
Se déverse, en effluves sucrés,
Images acidulées de ces plaisirs
D’un bonheur touchant à l’éternité.

Sur ces chemins de pierres grises,
Les lapins font la sieste,
Dans nos collets, peu de prises.
Même les arbres, cherchent de l’ombre
La poussière vole dans nos courses,
Nous donnant la peau mate et sombre.
Une halte, à la source,
Nous désaltère de pieds en tête.

Des visages, des prénoms,
Premiers émois, premiers frissons.
Une main, juste, frôlée
Un baiser timide, effleuré
Témoin volontaire de ces petits secrets
Trop vite, enfermés
Dans « la boite à bisous »
Petite boite, pleine de clous,
Cadenassée de bouts de ficelle,
Aux couleurs de coccinelle

Une pêche aux têtards,
Coiffé d’une feuille de nénuphar
Et c’est Robinson sur son île
Bravant tous les périls
Jour de moisson
Chevaliers polissons
De quelques bottes de paille
Font, un donjon, une muraille !
Des jours heureux,
Même quand il pleut !
Une marelle dans les flaques
Des grenouilles pleines un sac,
Des gouttes en ribambelle
La pluie est si belle !

J’accroche, toujours, mes rêves
Aux étoiles filantes.
Pour qu’au-delà, de mon histoire,
La terre enfin, enfante,
La raison et l’espoir


Vincent