Le chemin de Ronde

Il me reste, une larme de toi !
Elle coule sur ma peine, trop de fois.

Je t’ai vu, l’autre jour, errant pas à pas.
Tu cherchais un quelque part,
Mais tes yeux n’y étaient pas.
Tu n’étais plus là ! Il était si tard !
Je t’ai vu, l’autre jour, habillée de tristesse,
Tu cherchais un hasard, une faiblesse
Une image,
Un visage ?
Je t’ai vu, l’autre jour, tes lèvres caressées
Tu cherchais une trace par l’autre laissée.
Plaisirs enfouis,
Aux souvenirs de tes nuits.

Il me reste, une larme de toi !
Elle coule sur ma peine, trop de fois.

Il était un matin, au bord d’un lac,
Loin des lueurs, d’une ville lumière,
Ou, il ne fait jamais beau.
Perdu en la vie, les sentiments en vrac.
Sur des chemins de poussière,
Tombant dans l’eau.
J’allais, les pensées d’un pénitent,
Sans même répondre, aux murmures du vent.
Il était un matin, au bord d’un regard,
Une frêle silhouette, surgit de nul part.
Nuée éclatante dans l’aube naissante.
Belle, fragile comme absente.
Il était un matin, au bord de la rosée,
Ou, en silence le verbe aimer
Se donna à conjuguer.

Il me reste, une larme de toi !
Elle coule sur ma peine, trop de fois.

Ce soir, ma plume compte les saisons,
De rimes amères en étranges chansons.
Retournant sur ce chemin de Ronde,
Juste pour apercevoir l’onde,
D’un amour qui fut,
D’un amour qui n’est plus !
Ce soir, ma plume pleure ces mots.
Toutes ces voyelles et ces consonnes,
Désormais, je les abandonne,
Aux herbes folles et aux roseaux.

Il me reste, une larme de toi !
Elle coule sur ma peine, trop de fois.

Je m’endors, ma nuit en lassitudes,
Mes rêves auront cette certitude,
D’être là chaque espoir,
Revenants fatigués d’un « au revoir » !
Une larme au creux de ma main,
Comme une goutte d’amour,
Oubliée au bord d’un chemin,
Comme une goutte d’amour
Oubliée au bord d’un toujours !

Il me reste, une larme de toi !
Elle coule sur ma peine, trop de fois.

Vincent

(Peinture de Patrick ROGELET)