Au milieu de personnes.

Il y a ce vieil homme,
Assis, au milieu de personnes.
De son bâton noueux, en de profondes rigoles,
Dessine les contours d’une raison un peu folle.
Avec application, évitant les cailloux,
La canne sculpte la poussière sans y voir le bout.

Ses pensées s’éparpillent,
Et le trait devint brindille,
Cherchant dans la finesse, réponse à tant d’affirmations.
Le temps le sait, il y a là, matière à réflexion.
Pourtant, il ne s’attarde pas, prolongeant cette ligne,
En arabesques subtiles aux courbes dociles et dignes.
Le discernement est il à ce prix, qu’il faille passer outre le désir,
Laissant aux pointillés le silence d’un hypothétique devenir ?
Je m’égare !
Revenons aux lacets raisonnés d’illusions dictées,
Reposantes, mais sans hasard,
Satisfaisantes pour les âmes bien nées.

Posé sur son séant, frissonnant quelque peu,
Le vieil homme n’en reste pas moins rigoureux.
La méthode s’interdit la passion,
Car elle-même, en est l’unique objection.
Plus il avançait en son esquisse,
Plus le bâton affinait sa glisse.
Les reflets de lumière pour unique couleur,
Cette image inventée osait la grandeur.
Ce fut, alors un combat !
La rébellion conquit son bras.
Les yeux fermés, la vie au bord des lèvres,
Il plongeât, une fois encore, au plus profond de son être.
Risquer l’héroïsme et enfin se sublimer,
Ou laisser la malsaine fortune au capricieux brasier !
Ce précieux équilibre en tous sens cherché,
Comme une question à la naissance posée !

Le vent, à l’affut, lisse cette délicate toile,
Faisant au vieillard, hérisser le poil !
Mais, sans agacement notoire,
Le vieil homme recommença à peindre l’espoir !

Vincent