Jours de miel.

Ils me parlent de toi en unique voyage,
Quand la brise d’un rire chasse les nuages.
Doucement bercés par l’écho de ta voix,
Une paix divine au dessus de toutes lois.
J’apprends à les lire en toute paresse,
Devinant au détour, une ou deux tendresses.

Ils rêvent de soleil et de ronds dans l’eau,
Dans un champ de ciel bleu ou ne passe pas la fau.
Les yeux en perdition au bout de ma chanson,
Étourdis de bonheur à en damner ma raison.
Je parcours tes courbes et rondeurs,
Certain, d’abandonner en chemin mes frayeurs.

Ils sanglotent, souvent à regarder se taire,
Toutes ces émotions se fracassant par terre,
Ces colères retenues au bord de la violence,
Pour garder, bien au chaud, nos pauvres apparences.
Je navigue aux vents, entre tourments et démences,
Cherchant un horizon, une terre d’abondance.

Ils se cherchent, ils s’inventent dans l’esprit torturé,
D’un poète sans gloire, aux rêves chiffonnés.
L’amour s’habille de brumes au soleil percées,
Noircissant des pages, aux syllabes pleurées.
De douleurs en plaisirs, on construit un demain,
Se persuadant de ne pas sourire en vain !

Je me pose à la fenêtre et regarde passer le ciel.
Il y a dans ce bleu, des nuances de silences.
Je me dis : A quand ces jours de miel,
Ces heures de bagages, ces trains en partance ?
Ils ont cette liberté que l’on admire en secret,
De peur, sans doute, de devoir la partager !

Vincent