Monmousseau.


C’était des petits gars,
Des petits gars de là bas,
Du bout de cette rue,
Dans les champs perdus.
Une bande de gamins,
S’était fait un jardin
Au bout de cette rue,
Dans les champs perdus.

Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais « p’tio »


Des maisons de briques rouges,
Leurs petits potagers.
On dirait que rien ne bouge,
Seules fument les cheminées.
Elles sont, toutes pareilles,
Alignées sous le soleil,
Certaines un peu coquettes,
Parées de quelques fleurettes.


Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais «p’ tio


On allait à l’école, tout en haut de la rue,
Y en a même qui venait les pieds nus.
Pour aller « à grenouille »
Dans un coin ou çà grouille,
Après la dictée,
Après la récré,
Quand sonnera la cloche,
On ira, des bouts de pain dans les poches.


Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais «p’ tio » !


Souvent vers midi,
Nos jeux finis,
Ça sentait la cuisine.
On s’asseyait au milieu des capucines
Et les yeux fermés on entamait,
Le tour du Monde des gourmets
La sauce tomate de l’Italie
Et ses spaghettis !
Le chou de Pologne,
Et ses saucisses grillées
Les épices du Maroc,
Sa semoule ciselée !
Sans oublier les patates,
Cuitent sous la braise.
Pour finir sans trop hâte,
Une bonne tarte aux fraises.
C’était çà, notre rue !
Des saveurs,
Des odeurs !
Un mélange unique,
Magique !


Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais «p’ tio » !


Il y avait, dans ce petit bout de rue,
La sagesse de l’innocence,
La fraîcheur de l’enfance,
Il y avait, dans ce petit bout de rue,
Une étrange tolérance,
Une certaine idée de la différence.
Là, ou sont mes copains d’Monmousseau,
Je sais qu’il fait, toujours beau !


Vincent

( Photo de Robert DOISNEAU)