L’instant.



Vieillir n’est pas grand-chose,

Doucement, chaque jour, cela s’impose.

Quelques grains glissent passivement,

De l’autre coté d’un sablier.

Le temps n’est, autre, que cela !

Un peu de sable, en gravité,

Sans espoir, que l’on ne le retourna.


Comment vivre la minute,

Qui est et passera,

Quand le passé, en perpétuelle lutte,

Nous fait trébucher à chaque pas ?


Il est bien des discours,

Clamés et parés de beaux atours,

Osant, avec largesse,

La cécité de cette détresse.


Dans le présent s’additionnent nos passés,

Nos rencontres, nos émotions mortes nées.

Fait, que l’on ne peut mettre de coté,

Sans perdre une part d’identité.

Croire qu’il puisse en être autrement,

C’est s’exposer à bien des tourments.


L’instant est unique, certes !

Se compose d’acquis et de pertes,

De rêves, d’incertitudes,

De convenances, d’habitudes.

Les fondations de nos histoires,

Le ciel de nos espoirs,

Sont le cadre du moment furtif,

La trace d’un chemin, l’ombre d’un récif,

Comme un essentiel à saisir,

Une confusion à haïr.


Nous sommes, toujours, en bagages.

Quelque soit l’innocence où la sagesse de l’age,

Nous emportons, en toute saison,

L’apprentissage de nos incompréhensions,

De nos désirs crédibles,

De nos sentiments corruptibles.

Il y a dans ces images torturées,

Ces mots abîmés,

Autant d’écueils,

Autant de linceuls,

Ajoutant à l’instant, l’intime vérité.



Vincent