Combattre l'ignorance, c'est aussi combattre la souffrance. L'ignorance est la source des poisons et obscurcissements mentaux. En développant l'altruisme, l'amour, la tendresse et la compassion, on réduit la haine, le désir ou l'orgueil

Combattre l’ignorance, c’est aussi combattre la souffrance. L’ignorance est la source des poisons et obscurcissements mentaux. En développant l’altruisme, l’amour, la tendresse et la compassion, on réduit la haine, le désir ou l’orgueil

Cet page est une part de mon imaginaire. Je vous la propose, comme un bout de chemin, ensemble au delà de nos réalités.



L’erreur est un choix.



Se regarder en face, est ce si difficile ?

Non pas, juste en surface,
Histoire de se donner bonne conscience,
Mais au plus profond de notre intime,
En cette réalité invisible, refoulée,
D’une certaine ressemblance à l’autre.

Exercice périlleux, n’est ce pas !
La crainte n’est elle pas, de voir
Apparaître des vérités insoupçonnées,
Affleurant nos certitudes éphémères,
Si confortables ?

Satisfait du regard posé,
Fut il noir, glissant en indifférence,
Fut il blanc, flattant notre ego,
Le superficiel tronque nos pensées,
Pour une tranquillité passive.

Construit d’errements,
Le quotidien s’avère un chemin,
Où l’erreur est un choix.
L’authenticité s’abreuve d’une ignorance,
D’une absurde et fausse connaissance.

Se complaire dans un reflet,
Par ailleurs attrayant,
Comme mettre une distance irraisonnée,
Entre ce qui compose notre conscience,
et le flamboyant du paraître.

C’est regarder ses pieds,
Plus qu’apprendre le ciel.
C’est dévorer l’excessif,
au dépend du consistent,
Créer l’illusoire,
Abandonner au silence l’essence de soi !

Entamer cette réflexion, n’est ce pas avancer vers l’essentiel ?



«  J’eue avec ma mère, cette complicité indispensable à l’apprentissage de la vie et de sa complexité ! »


Marie-Louise de St Alban


Marie-Louise ! Une beauté discrète,où se mêle l’innocence d’un visage sortant de l’enfance,

Et la gourmandise d’une femme en découvrance…………….


……………Il y avait dans ses gestes, un raffinement naturel.tout s’accordait, une silhouette frêle, un regard franc,la mélodie d’une voix, à la fois rêveuse et pleine d’audace,le discret parfum d’une tendresse, d’une présence élégante, apaisante.

Chaque mouvement était un pas de danse, une grâce simple presque aérienne,une fragilité que l’on devinait, que l’on aimait instantanément. ………….

…………..En permanence, à portée de mains, une plume, quelques feuilles blanches.Elle y déposait, un mot, une pensée, un menu, le croquis d’une robe.Puis, elle passait des heures à faire de ce puzzle, une prose intelligente et belle.Chaque plein, chaque délié était dessiné lentement avec une encre bleue au reflet argenté.


C’était pour elle, une obsession.Écrire, encore et encore pour ne pas oublier


L’écrit, disait- elle, est la première pierre d’un songe devenant réalité.Les mots voyagent, se partagent, s’inventent, s’illuminent, pleurent, rient.Mais, plus important, s’abandonnent en témoignage, en une trace d’un passage.Il y avait dans son rapport avec l’écriture, une intimité profonde, passionnelle,tenant de cette volonté farouche de transmettre,mais aussi, de l’apprentissage de son intime propre,qu’elle définissait ainsi :

«  L’intimité est un sentiment, une atmosphère, l’intime est un miroir ! »

Personne n’osa franchir le seuil invisible de ce jardin,………….

………………..Philippe prit gout à cela.D’abord par curiosité, mais très vite, par nécessité.Fusionnelle d’avec sa mère, certes, mais pas seulement ! Il y avait là, pensait-il, comme une rencontre.Une rencontre de mots et d’émotions, de verbes et de questions, de libertés et de vérités.Dans cette alchimie, où les uns s’additionnent aux autres, où les certitudes cherchent leurs doutes,où les vertus prêchent l’indécence, il lui parut, comme une évidence,que la vie n’avait d’autre chemin que celui de la connaissance……………

……………« Manie », comme Philippe aimait l’appeler, eut un précepteur, jeune prêtre défroqué,disciple de Voltaire et de Rousseau, lui enseignant, non seulement les bonnes manières,ce qui était d’usage, mais une certaine idée de la pensée,naviguant entre tolérance et apprentissage de l’autre, modernité et fraternité.Cette ouverture d’esprit fut, pour Marie-Louise son espace préservé,où elle se sentait véritablement en harmonie avec elle-même………..

D’autres questions, d’autres routes…….

Plus encore, que d’être femme, Marie-Louise, souffrait de cette position d’ainée. Son père, s’interdisant toute affection à son égard, fit de l’exigence, de la rigueur, les piliers de son éducation. L’autorité paternelle dans ce qu’elle avait de plus sévère, de plus injuste insupportait, non pas, dans sa réalité, mais dans cette incompréhension, s’installant, petit à petit avec son père. Le jour de ses quinze ans, elle entra en soumission, tels les vœux d’une religieuse, pour échapper aux querelles et brimades incessantes. Ce renoncement fut, pour Philippe, un choc brutal, un abime sentimental irraisonné. Il eut à cœur de combler, ce spirituel échec, qu’un père tyrannique, entretenait avec brio. Il ne manqua jamais de la soustraire, pour quelques minutes, quelques heures de ses taches quotidiennes, pour construire cette relation particulière, lui conférant le rôle de preux chevalier. Ce fut pour lui de vrais trésors, de réels et forts échanges servant de fondations à leurs devenirs.

La famille résidait les mois d’hiver à Neuilly dans un hôtel particulier froid et sinistre, les affaires l’exigeaient. Le printemps, la belle saison se passait au domaine.
Très vite, Philippe se trouva égaré dans ce monde d’apparences. Ces phrases convenues, ces sourires empruntés, ces codes lui apparaissaient comme une mélodie faite de fausses notes. Tout était, alors, prétexte à une évasion. Hors les murs, il y avait tant à découvrir, à écouter, à apprendre, à rêver. Le chêne lui racontait son histoire faite de légendes anciennes. La rivière, quant à elle, entre deux murmures, l’invitait aux voyages, les yeux dans les nuages. Grand Dieu ! Que de pantalon verdis par l’herbe fraiche, que de chemises tachées de boue et de sueur ! Ces escapades forgèrent sa curiosité, sa soif de liberté. Il en revint toujours avec l’envie de ne plus rentrer !

Sa vraie fortune était dans ces après midi, passées auprès de sa mère. Chaque minute était d’une intensité palpable, un décor pour des plaisirs sans cesse renouvelés. Dés le premier regard, leur complicité était inéluctable, indispensable, comme la clé d’un mystère qu’eux seuls pouvaient appréhender Leurs échanges se passionnaient pour les mots et leurs sens, pour les rimes et leurs beautés, pour la vie et sa complexité. Une diversité telle que personne n’osait déranger ce foisonnement d’émotions.
Le soir, après quelques pages de lecture, il lui arrivait de s’interroger sur la force de ce sentiment, jusqu’à en être troubler! L’étrange émotion d’une caresse, d’un regard, d’un sourire, ce besoin tactile de transmettre par le geste son amour, cet étrange frisson lui parcourant le corps l’inquiétait. Y a-t-il des limites à l’amour d’un fils ? Par ce questionnement, l’écriture lui vint, nécessaire, sans aucun doute, essentiel surement!

Au-delà des mots, au-delà des réponses griffonnées, il trouva d’autres questions, d’autres routes…….


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence. Extraits A paraître )


Lettre de voyages de Philippe de Frémontpré à sa mère

Manie,

Je vous prie, ma chère mère, de me pardonner !
Oui, de me pardonner de ces jours de silences, où en mon cœur je sentais votre inquiétude.

Ma tendresse franchit les montagnes pour être présent prés de vous. Il n’y a pas une seconde, où votre sourire ne me caresse la joue. Je vous en prie, ayez cette certitude, ma chère mère et pardonnez moi encore !

Ces heures, ces semaines passées loin de vous, Manie, m’ont donné conscience de l’importance de vos bras, de votre parfum, de votre présence, je ne peux combler ce manque.
Ma solitude s’excuse, mes mots se dérobent. Il y a, au détour, de mes phrases le reflet éclatant de votre visage .Malgré les taches que je me dois d’accomplir, je ne peux m’en détacher .Il y a dans ces pensées comme un désir d’éternité, ou votre amour ne peut être que mon chemin.

Dans les pays, que je traverse, il n’y a pas, ou peu, de services postaux. Je dois m’en remette, le plus souvent, aux bons plaisirs d’un officier de garnison où à un compatriote de passage, pour que dans un ou deux mois, quelques nouvelles vous parviennent.

Je vais bien. Un peu amaigri, certes mais je vais bien, la peau brunie, par un soleil me semblant différent du notre, plus intense, peut être !
Le jour est plus matinal, se couchant tôt, comme pour calmer, par la fraicheur du matin et la douceur du soir, l’ardeur des rayons du soleil. Les gens d’ici, ont le sourire des humbles, ouvrant leurs mains, vous offrant leurs essentiels, pour mieux vous accueillir. Mon guide Geljen est un personnage, il vous plairait, je pense. Son prénom signifie « courage royal ».Il m’expliquait, encore ce matin, le rapport particulier, le respect profond de son peuple pour la nature. Cela est, tout à fait étonnant, j’en suis émerveillé. On y trouve le Dieu-montagne et chaque élément de la nature est une divinité où abrite une entité divine. C’est ainsi que de la vallée profonde au torrent, de la forêt au plus petit des insectes, chaque chose est l’objet d’une déférence au quotidien. Je vous donne un exemple. Le vent est un élément incontournable. Il est le messager des souffrances, des offrandes du monde. C’est ainsi que l’on peut voir, sur les chemins de pèlerinage, des mats de plusieurs mètres de haut, où sur des cordes placées du sol en leurs sommets sont accrochées des prières, des demandes, des remerciements dessinées ou écrites sur des étoffes chatoyantes. Le vent, présent en permanence, les lit uns à uns, dans un murmure étrange presque irréel, puis les transporte là où l’humilité, la sagesse en feront bon usage.

C’est fascinant de voir comment tout cela, est indispensable et participe à l’équilibre d’une communauté.
Il me tarde vraiment d’en apprendre plus. Geljen m’a promis pour demain, la visite du Potala, palais où l’on entend toutes les voix du monde.
Je prends des notes, comme vous me l’avez appris. J’essaie, sans votre talent, de les illustrer de visages, d’objets spécifiques ou curieux. Je vous fais parvenir, deux ou trois de mes carnets. C’est un peu en désordre, j’en conviens, mais l’abondance des mes émotions rendent mes cahiers trop petits.
Vous pourrez, ainsi me lire, me rejoindre quelque peu, je vous y attends !

Je joins, Manie, à ces quelques mots, l’amour de votre fils qui de si loin, n’a de cesse d’être au plus prês de vous.

Je vous embrasse
Philippe.



Lettre  de Philippe de Frémontpré  à Ayako SUMMITOMO, devenant plus tard son épouse.


Très chère Ayako

II est des matins, où mes yeux ont le souhait de rester fermés.
La clarté du jour, me semble bien pale, au devant le trait,
En mes rêves dessiné, de votre sourire en mon cœur gardé !
Je sursois au lever, pour me demeurer au plus prés,
De cette esquisse éphémère, chérie en un sentiment solitaire.

J’ai, en mon toucher, la certitude d’effleurer vos cheveux,
Que la soie, la plus richement tissée, ne peut égaler.
Vos yeux, soudain, m’appartiennent. Et je me noie dans ce regard,
Avec ce désir secret, d’être pour un instant, l’horizon de vos pensées.
Votre bouche, où ces mots jaillissant de par ces lèvres timides,
Sont autant de perles à mon chapelet d’amour.

Je vous prie, Madame, comme on le fait pour une Sainte
Je vous prie, du lever au coucher, sans honte de cette obsession.
Je ne peux me détourner, de ce vœu, chaque jour renouvelé,
De vous revoir au détour d’un hasard que vos pas auraient provoqué.
Cette prière, confiée aux vents, au delà du soleil,
Vous demande pardon, pour la hardiesse d’un sentiment,
Qu’il me faut dompter, dés à présent, pour ne point être intriguant.


Il me faut être patient. Avoir, humilité de l’artisan, le respect de l’apprenti.
Savoir peindre, sans excès de lumière et de couleurs,
Une passion que j’espère commune.

Votre vie m’est trop précieuse pour que je ne puisse y consacrer mon infini,

et attendre au pas de votre cœur, l’espoir d’être aimer de vous.

Et il y aura, alors, tous ces matins où mes yeux n’auront qu’une hâte,
S’ouvrir, enfin, pour vous contempler endormie auprès de moi !


Très chère Ayako, je vous présente mes hommages

Phillippe.



La forêt fait silence, comptant les pas, de ceux qui, en solitude, arpentent ses allées. Le vent murmure , aux hautes branches, les couplets encore tièdes d’une chanson. Dans un buisson, où s’enroulent des ronces, s’ébat un oiseau au sortir du sommeil. La terre respire, laissant planer une brume blanchâtre cherchant, entre les cimes, à atteindre le ciel. Les feuilles mortes tapissent le sol, en un océan atteignant l’horizon. Sur les arbres endormis, quelques unes résistent. Leurs couleurs pourpre et or, offrande à l’été perdu, comme un regret à cette saison finie.

Sur un sentier, encore sec, un vieil homme s’avance. Son pas lent n’est pas, comme on pourrait le croire, du à un âge certain, cet âge où se mêle fatigue et amertume, mais à l’ avidité de son regard et à la curiosité de ses sens. Il n’est pas grand, mais trapu. La barbe naissante, de gris et de blanc sur visage rond, où l’on sent la douceur, lui donne l’élégance du temps accompli. Un bâton à la main, il observe, il scrute. On devine, l’étonnement aux sourcils levés ou l’interrogation à son front plissé. Chaque seconde invente une question, une réponse et il esquisse un sourire, heureux de l’avoir trouvée.

Pour profiter, pleinement, du tableau qui l’entoure, au pied d’un chêne, il s’assit. Il remonte son col et ferme son grand manteau, l’heure est, encore, à cette fraicheur du matin, à peine levé. Il aspire le jour à pleine bouffées. Puis, vide ses poumons doucement, laissant demeurer les saveurs du moment au plus profond de son être. Sa respiration devient plus lente comme à l’unisson, des arbres et taillis. Désormais, il se confond, il s’entrelace dans cette nature qu’il chérit à chaque promenade.

L’esprit en paix, il n’a de cesse de comprendre, apprendre. La multitude, que forme ce tapis de feuilles au sol et celles encore accrochées, l’interpelle. D’une main, il ramassa une poignée de ces pétales d’arbres et regardant sa main, il posa à haute voix cette question :

«  y a t il plus de feuilles dans ma main que dans toute la foret ? »

La réponse lui sembla évidente, mais il ne pouvait s’en contenter. Il ferma les yeux, se mit en quête, jusqu’au bout de la nuit.

Extrait de «  Au delà de l’innocence »