Arrêt !

Arrêt !

« Par l’observation, l’esprit devient de plus en plus calme.Nous pouvons dire ; s’il n’y a pas d’arrêt, il n’y a pas d’observation ; et que s’il n’y a pas d’observation, il n’y a pas d’arrêt. »

THICH NHAT HANH

Observer ! Être capable de voir , mais avec un regard profond, avec cette respiration lente où le corps s’apaise où l’esprit entreprend. Oui, entreprend de défaire tous ces liens qui nous écartent de la liberté pure. Passé, colère, tristesse, peur etc…autant de pensées et d’états qui nous pressent avec vigueur à la fuite en avance toujours, oubliant l’utilité de cet arrêt pour observer, apprendre, comprendre ! Force revient à notre vigilance, à cette constance à Être en cet arrêt, en cette respiration, en cette observation, y revenir humblement avec courage.

N’avez-vous, jamais ressenti, ce moment où la respiration se pose doucement, où l’observation méditative se fait lentement, cette sensation que des milliers de choses tombent des vos yeux, de votre bouche, de vos poches, de vos vêtements et à même le sol disparaissent vous laissant , ainsi, en Paix ?

Un sourire se dessine…..inspirer , maintenant !

Que le bonheur vous guide !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Simplement écouter !

Simplement écouter !

Avez-vous remarqué la difficulté que nous avons d’écouter, oui simplement d’écouter ?

Il y a dans cette attention, comme de l’estime pour la nature, l’interlocuteur, nous même ! Nombre de philosophes, d’écrivains, de religieux se sont penchés sur cette notion d’écoute et se sont attachés à démontrer sa difficulté et son importance.

Combien de fois, lors de mes ballades, l’écoute de cet environnement proposé m’est apparu comme essentiel, indispensable. C’est, peut être là , le plus bel hommage à la nature, mais aussi la plus humble des attitudes .C’est faire partie d’un tout où chaque pas, chaque chant d’oiseau, chaque souffle du vent, chaque feuille qui plane ,est une note sur une partition, une respiration.

On souhaiterait la même présence, face à nos semblables, pourtant cela nous apparait si difficile, voir impossible. Respecter les sons, la parole qui nous arrivent, accueillir les mots, les entendre en ce qu’ils sont et non en ce que nous voudrions qu’ils soient, que nous les dessinions ou pas de même façon,les entendre tels qu’ils sont, vous avouerez, comme moi ,que la partie n’est pas gagnée ! Dans nos sociétés, prendre le temps de l’écoute est du temps perdu, voir une faiblesse ,au pire le signe évident que l’interlocuteur est du «  coté obscure » c’est à dire fatalement contre nous.

Oui ! Dés les premiers mots, la phrase à peine construite notre jugement est fait et depuis longtemps. Interrompre l’autre avec force devient la démonstration de notre «  vérité ». La patience nous quitte, on se nourrit de phrases incomplètes et d’arguments inadaptés, s’imaginant dés la première syllabe que nous avons tout compris de ce qui n’est pas encore énoncé !

Nous avons , tous, vécu cela ! Écouter et entendre, c’est à la fois considérer autrui mais aussi repousser au loin la haine et l’ignorance.

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Le pourquoi et le comment !

Le pourquoi et le comment !

Comme le rapporte ,de belle manière ,Christophe André, il est deux façons de répondre à la souffrance. La première serait de privilégier le «  pourquoi », ce qui n’est pas , toujours suivi d’améliorations du problème. La deuxième est d’axer sa réflexion, ses actes sur le «  comment » !

Le «  comment » est , déjà en soi une partie de la solution, reste au travers de la compréhension juste, du geste juste, d’œuvrer sans a priori au remède.

Vous me direz le «  comment » ne peut exister sans le «  pourquoi », certes , mais prioriser le «  pourquoi » peut nous amener sur des chemins incertains où de virages en lignes droites, il nous faut avancer sans relâche, sans y trouver le bout du bout d’une solution, mais au contraire une énorme frustration !

Le «  comment » a cet avantage, si je puis dire, d’inclure le « pourquoi » dans l’acte lui-même, le rendant ainsi en compréhension et en action impartial et bienveillant !

Elias a cette phrase : «  Soulager, c’est inviter le remède à guérir dans l’instant »

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Blamer

Blâmer

Posons-nous cette question, d’où nous vient ce besoin continuel, à la fois violent et humiliant de juger, de blâmer ? I

Il ne faut lire en ces lignes qu’une question qui va au delà des circonstances présentes et avenir ! Oui, juste une question à laquelle il y aura milles réponses, allant du manque de confiance en soi, à cette aliénation à être LE meilleure, à cette dépendance à la désapprobation,à cette addiction à la condamnation ! Mais notre réponse, notre réponse en notre intime, en notre profond du profond n’est elle pas, que nous n’avons su où voulu voir ce qui est vrai , non pas dans une agitation que nous croyons bienfaisante, mais dans un présent posé, dans cet instant ou nous nous accueillons tel que nous sommes.

Être une meilleure personne, c’est avoir cette liberté d’échouer, afin d’éviter d’être incapable d’aimer ! Étonnant non !? Ce n’est pas moi qui le dit, mais notre quotidien, cette expérience muette que l’on néglige parce que silencieuse et que l’on ne sait pas ou plus écouter !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

la banalité du bien

La banalité du bien .

J’ai assisté, hier, à une scène, qui a remplit mon cœur de joie. Une Dame d’un age certain, tirait son petit chariot rempli de victuailles et autres courses. Elle marchait, sans se presser, en regardant alentours ,les visages de celles et ceux qu’elle croisait. C’est cela qui attira mon attention.Malgré son age , trahi par un dos vouté et l’effort qui lui fallait fournir, elle prenait le temps de regarder, d’observer et de sourire., oui ! De sourire ! Il n’y avait ,dans ce geste , nulle demande, ni appel, ni supplique, mais une joie pure réelle qu’elle semait avec persévérance.

Pourtant, ils étaient peu à répondre à ce sourire .Certains, en petits groupes ironisaient, d’autres absorbés par leurs portables, manquaient de la bousculer.Ce fut, pour moi, un étonnement et j’avoue un court instant un véritable agacement. Je me suis souvenu, alors, des mots de Matthieu : «  sur la notion de banalité du bien ! » ,de tous ces actes, ces émotions, ces engagements de joie , de bienveillance qui égrainent nos quotidiens, dont nous sommes tous capables et que pourtant, nous ne voyons pas, nous ne faisons pas ! Oh ! Il y a bien des causes à tout cela, la paresse, le paraitre, ce sentiment du ridicule et de l’inutilité , nombre de pensées servant à nous justifier !

Mais, comme elle m’importait cette Dame, comme son sourire m’apparaissait essentiel et beau.Ce n’était rien d’autre qu’un sourire, il disait tant de choses. Je pressais le pas pour la rejoindre, j’engageais la conversation et nous fîmes un bout de chemin ensemble merveilleux, attendrissant, un vrai bonheur !

J’aimerai tant que dans l’intimité de nos consciences, nous ayons cette formidable volonté, en notre nature humaine commune, de ne pas ignorer, de ne pas craindre, de ne pas rejeter un humble sourire , mais de l’accueillir avec gratitude !

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Vivant

Comme le souligne, autant qu’il le peut, Matthieu Ricard : « Chaque matin, je me réveille vivant et cela, rien que cela est merveilleux ! » J’ai fait miens ces mots, non parce que la phrase est jolie et que la replacer dans un diner ferait de moi un érudit, mais simplement pour ceci ! :

Elle a en elle ,cette humilité qui donne un sens à la vie humaine. Elle a en elle, la sérénité de celui qui a tout à apprendre. Elle a en elle , cette force de l’acte juste. Elle a en elle cette paix quand surgissent les épreuves,. Elle a en elle, le courage de l’espoir. Elle a en elle, la réalité de nos faiblesses. Elle a en elle, l’immensité de la bienveillance. Elle a elle, l’évidence du pardon ! …. et tant d’autres choses !

Elle est, quelque part, mon refuge ! Une addition de mots où je sais trouver quelques réponses, mais aussi elle est ma vigilante compagne, ce bâton de marche m’empêchant de trébucher ! Elle est cet outil qui me rend, peut être, utile à l’autre. Elle est cet aiguillon qui ne me laissera jamais rester immobile !

Bien souvent, nous attendons que l’instant passe et brutalement , devant nous ,le soleil se couche. Alors, nous nous sentons victime, laissant le champ libre aux préjugés et à la haine. On regarde partout , sans regarder en soi , nous oublions , alors notre bonté et les immenses possibilités de ces mots : « Chaque matin, je me réveille vivant et cela, rien que cela est merveilleux ! »

A mon Maitre Élias, avec toute ma sincère gratitude !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Additions de mots !

Additions
de mots,

Quelques
additions de mots, parfois mises en chanson, comme de multiples
couleurs sur une toile esquissées. Quelque fois, on s’arrête au
bord d’une rime pour une émotion, un abime.S’attardant sur la
courbe d’une lettre ou la nature d’un verbe, on observe
patiemment la rigueur de la plume.On s’invite, alors en affolement,
en tendresse inconnue, en inquiétude, en révolte et pourtant c’est
en réflexion que l’on se pose, juste pour apprendre , juste
pour comprendre ! Bien des remèdes ont cela comme recette, un
juste équilibre en une lucide bienveillance, un juste équilibre en
une pure compassion !

Une
étincelle peut devenir brasier, si le cœur et l’esprit oublient
que la souffrance existe . La colère,fut elle légitime, n’est
qu’un douloureux déséquilibre qui engendre la haine et n’offre
aucun espoir !

L’humain
a besoin d’humilité ! Être et Être heureux ne se décide
pas seul, nous ne pouvons tracer ce chemin que pour l’autre et à
cause de l’autre !

Philippe
De Frémontpré

(
Méditations)

Pas un argument !

Il
est facile de trouver en l’autre les raisons de la souffrance du
monde, de notre mal-être ! Nous nous dédouanons de toute
responsabilité, reportant la nocivité des circonstances à
l’étranger, la religion, le groupe, le politique…….etc etc !
Le chemin de la réflexion juste , impartiale est plus délicat.
Comme le dit avec peu de mots, Daniel Webster : «  la
colère n’est pas un argument ! » Bien souvent, la
colère apparaît comme un justificatif à nos paroles, à nos actes
qui ne sont pas nous mêmes, mais le reflet conscient ou inconscient
de nos peurs, de nos ambitions , de nos haines. Le déséquilibre est
, alors, ce chemin, hors la réflexion, menant à toutes les
perversions humaines.

Nous
avons en nous, cette faculté merveilleuse d’observer,
d’apprendre,de comprendre en un juste équilibre qu’en
faisons-nous ? Avons nous cette volonté d’être simplement
meilleur ? Un ami croisé, un jour, me répondit avec
assurance : «  Vas y , je te regarde ! » il y
avait là, tout le désarroi, de celui qui a perdu le courage de la
compassion, l’ambition de la joie, l’exigence de l’altruisme,
l’obstination de l’amour!

La
tristesse m’envahit , soudain, car je le ressentais comme désespéré
en dedans ! Non ! l’agressivité,l’aigreur,l’emportement
ne sont pas des arguments !

Attendre
que l’autre empreinte le chemin du juste équilibre, pour voir si
son pas ne trébuche pas, c’est le fond de beaucoup de
discours.Tant d’opportunités se présentent à nous, pour faire de
l’interdépendance plus qu’une réalité d’esprit, pourtant
nous les regardons passer et continuons à bâtir nos regrets, nos
peurs tels des remparts de sable. C’est au profond du profond de
nous même que se forge l’acte juste. Au bout de cette réflexion
juste impartiale qu’il nous faut oser, pour que disparaisse la
colère !

Philippe
De Frémontpré

(
Méditations )

Remarquable

Remarquable
.

« 
Faire quelque chose de remarquable vaut mieux qu’être remarqué »
Confucius.

Elias
a attiré mon attention sur cette citation, en me posant cette
question : – Que veut il dire par remarquable !?

S’agit
il d’un acte bruyant , scintillant attirant, uniquement, l’œil
et l’ouïe , ou est ce ces hurlements ou l’on constate plus que
l’on agit ? Bien des comportements ne sont que des instant
éphémères, des moments ou l’égo se flatte en démesure,
ignorant qu’il est, de la bienveillance envers lui-même !

L’apprenti
observe, offrant ces images à sa réflexion, à sa compréhension
pour simplement Être, pour faire de l’acte l’équilibre pur,
impartial , reflet de la vraie nature des choses et des êtres
vivants. L’ignorant vocifère, crie, tape du tambourin, accuse et
juge .En son vacarme, rien ne compte plus que ces regards tournés
vers lui, en son déséquilibre rien ne compte plus que ceux qu’il
entraîne avec lui.

La
chose remarquable est la vie en partage ! Silencieuse, elle porte
l’espoir, discrète, elle enlève la pierre du chemin pour que nul
ne trébuche,posée elle ose la paix au milieu des fusils. Elle sait
que le bonheur est parfois difficile, ce n’est ni un butin, ni une
soumission mais un équilibre à chaque seconde renouvelé !

Philippe
De Frémontpré

(
Méditations )

il est 8h30…..

Il
est 8h30, un homme arrive dans sa belle voiture, se gare sur le
parking , prend sa serviette dans le coffre et entre en son bureau. A
midi, il en sort pour le déjeuner, revient vers treize heures s’y
enferme jusqu’à dix huit heures.

Qu’il
pleuve ou fasse grand soleil, le rituel est, invariablement, le même
! Parfois, je suis sur le trottoir à son arrivée , je lui
adresse, alors, un «  bonjour » amical qui, les saisons
défilant, ne reçoit aucun écho !

Cela
me surprend, toujours ! Être à ce point dans sa « 
bulle » et refuser juste un bonjour. On s’interroge sur soi,
notre «  bonjour » était il bien amical ? Ne suis
je pas agressif ? Pourquoi forcer cette non-volonté ? Aller
vers l’autre n’est, peut être pas, aussi facile !

La
bienveillance n’agresse personne, c’est la perception que nous en
avons qui la modifie, la dénature. Les raisons sont multiples,
haine, jalousie, égoïsme, honte…..mais aucune n’en est une
justification. Nous sollicitons l’excuse à notre manque de
réflexions, nous revendiquons pour nous dédouaner de nos
responsabilités. Bien sur des malveillants, des gredins exposent
leurs nocivités, leurs apparentes et éphémères opulences comme
autant de tableaux en une exposition. Pourtant quelque soient leurs
richesses, leurs splendeurs , ils n’ont ni la joie , ni la
compassion en eux, juste une souffrance , une incompréhension d’eux
mêmes ! J’ai, toujours l’image des châteaux de sable qui aussi
complexes soient ils, aussi solides soient ils, disparaissent à la
marée montante.

Un 
« bonjour » est un accueil, une invitation au partage de
l’instant, le souhait profond d’une journée joyeuse, ce n’est
ni une question, ni une intrusion brutale. Rien n’est plus terrible
que le ressenti d’un accueil soupçonneux, arrogant.

Un
jour, oh !, il y a bien longtemps, un homme inconnu m’adressa
mon premier «  Namasté ! » . Ce fut pour moi , une
joyeuse surprise. Au delà de la signification du mot, il y avait
dans le son des syllabes, dans l’attitude douce et respectueuse de
cet homme, tant de bonté, qu’il m’apparut évident, naturel de
lui répondre, maladroitement, de la même façon, avec le même
mot ! Je n’eus nul besoin de dictionnaire, nul besoin d’une
définition, cette émotion offerte en trois syllabes fut un
merveilleux cadeau .L’apprenti que j’allai devenir, avait son
premier enseignement.

Les
matins , les rencontres tout au long de notre vie seront
innombrables, je fais un rêve, ici, qu’ils commencent , toujours
par un «  Namasté » aussi fabuleux !

Philippe
De Frémontpré

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