Sans-pourquoi.

Sans-pourquoi.

« Bienheureux celui qui ose le pas et adhère sans conditions à la bande des  » sans-pourquoi » là  où on ne regarde plus le nombril ,là  où on calcule plus ,là où on se donne tout entier et où  l’on aime sans mesure . » Alexandre JOLLIEN


Il n’y a pas ,dans ces mots, de non-action, de non- réflexions où d’absence de doute, c’est tout le contraire .Elle résume  à elle seule, l’essentiel de cet apprentissage qui nous paraît difficile, inquiétant, inaccessible. Nos préoccupations sont , tellement , autres !

Oh , malheureusement, là soif de plaire,  d’amasser ce qui nous est confortable  spirituellement,matériellement, nous emprisonne  dans des raisonnements, des actes n’étant pas  autre chose qu’une forme d’aliénation aveugle à notre sacro-saint ego. Il y a, même, dans nos révoltes, aussi légitimes soient elles, ce grain de haine qui calcule, prend avec cet amour sélectif qui se justifie plus qu’il ne résout. Se libérer, c’est aller au delà de cela !

Les premiers mots d’Alexandre «  ose et sans conditions » sont d’un courage, d’une volonté admirable ! Oser : quoique de plus courageux que de prendre un chemin inconnu mais que l’on sait juste . Sans conditions : Quoi de plus volontaire, en terme de sagesse impartiale, que d’avancer sans conditions , d’Être ni plus, ni moins !! Pour le reste ….là où…la justesse des mots est le plus fort, le plus beau des enseignements.

Mais soyez assurés que ces «  sans-pourquoi » ne sont pas sans questionnements, sans doutes , sans observations,sans réflexions , sans actes oh non ! Ils ne sont pas , des adorateurs du nombril, des pros en math ou des Don Juan de série B, mais des femmes , des hommes qui osent, humblement , leurs vraies natures, ni plus , ni moins !

Comme le dit, mieux que moi Alexandre, « nous avons là ,l’occasion de se déprendre de tout et d’oser voir ce qui se passe » qu’il me permette d’ajouter : pour aller en l’acte juste vers l’autre et pour l’autre !

« Apprendre à effleurer la Paix »

« Apprendre à effleurer la Paix »

C’est sur ce chemin, en nommant ce qui est, que le ciel s’ouvre, que l’esprit accepte ce qu’il est ,ni plus ,ni moins.

Il y a, également, en ces mots additionnés, l’espace où l’on ressent le pouvoir de l’interrogation juste , ce questionnement bienveillant qui ose l’attention à l’autre, au travers de notre vigilance à Être, ni plus , ni moins ! Apprentissage âpre et difficile,où la sérénité s’impose à l’esprit, où la clarté guide nos pensées, où s’exprime notre vraie nature .

Un proverbe japonais nous enseigne ceci : « Si tu es pressé, fais un détour. » Ce détour, cette nécessité d’apprendre le temps pour effleurer la Paix, n’est ce pas extraire l’humilité, la bienveillance, la joie ni plus, ni moins ?

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

Un seul homme.

«  Il est plus facile de connaitre dix pays que de connaitre un seul homme » (proverbe hébreu )

La modernité nous apporte bien de belles choses et de moins belles. Ces outils proposés ont en leurs principes, bien souvent, vitesse et facilités.Qu’en est il réellement ?

Les moyens techniques de «  communication » sont sensés rapprochés les êtres humains, leurs permettent d’accroitre leurs connaissance de l’autre et de toutes choses ! Qu’en est il réellement ?

A ces questions, il est bien des réponses ! Réponses, qui en leurs mots, en leurs virgules, en leurs exclamations, dictent des vérités n’étant que survol, des certitudes n’étant qu’apriori,, des doctrines éphémères et haineuses !

Parfois, dans les mots que je croise, que j’écoute, que je lis, j’ai cette sensation d’y voir un car de touristes où chaque arrêt est minuté, chaque repas condensé, chaque visite sommaire! Le temps perd sa sagesse pour un autre temps plus rentable, plus superficiel ! Nous comparons et jugeons en quelques mots , notre appréciation de l’autre et des choses est vite faite bien faite. Synthèse parfaite, d’un bref passage en réflexion, nos actes sont , alors à la mesure de la vitesse et de la facilité de l’ignorance !

Connaitre un seul homme , en ce qu’il est, ni plus, ni moins. Oser entreprendre cette tache ,c’est prendre le temps par la main comme compagnon de route avec vigilance et humanité !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Le précieux .

«  Tu peux te tenir à l’écart de la souffrance, tu as la libre permission de le faire et cela correspond à ta nature. Mais cet éloignement est, peut être la seule chose que tu aurais pu éviter ! »

Kafka.

Il nous faut oser notre intime profond, cela ne veut pas dire, se replier sur soi, mais tout au contraire s’ouvrir, s’ouvrir juste à ce qui est . Ce qui est, voilà ce qu’Élias appelle «  le précieux , le ni plus ni moins ! » C’est dans l’attention, en l’instant , dans les demandes que nous faisons à notre intime profond que s’établit, naturellement l’équilibre. Chaque réponse prend son sens, dans l’attention que nous avons porté à poser la demande. Un questionnement reposant uniquement sur l’émotionnel, sans tenir compte de l’environnement et des circonstances voit forcement sa réponse éloigner du juste équilibre, de l’impartialité nécessaire, de la compassion indispensable.

Se tenir à l’écart de la souffrance n’est pas simplement de l’ignorance ou ce regard indifférent à notre vraie nature, c’est aussi , être dans l’incapacité d’en accepter la globalité. On en tire quelques bribes, pour nous justifier s’en éloigner un peu plus. On en hurle quelques injustes pensées, quelques actes nocifs pour servir d’autres souffrances et oublier notre humanité. Se forger , ainsi des certitudes, comme gonfler les voiles d’un navire se dirigeant vers la tempête. On ne se garantie pas de l’erreur et autres faiblesses humaines en hurlant dans le vent, on peut être à l’écart , inconsciemment, parfois consciemment,au milieu de la souffrance ! C’est en notre volonté attentive et vigilante que la sagesse prend sa source et que la bienveillance s’y abreuve.

Oser, ce n’est pas avoir raison, oser c’est accepter les demandes que nous nous faisons avec humilité , impartialité et compassion !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

Arrêt !

Arrêt !

« Par l’observation, l’esprit devient de plus en plus calme.Nous pouvons dire ; s’il n’y a pas d’arrêt, il n’y a pas d’observation ; et que s’il n’y a pas d’observation, il n’y a pas d’arrêt. »

THICH NHAT HANH

Observer ! Être capable de voir , mais avec un regard profond, avec cette respiration lente où le corps s’apaise où l’esprit entreprend. Oui, entreprend de défaire tous ces liens qui nous écartent de la liberté pure. Passé, colère, tristesse, peur etc…autant de pensées et d’états qui nous pressent avec vigueur à la fuite en avance toujours, oubliant l’utilité de cet arrêt pour observer, apprendre, comprendre ! Force revient à notre vigilance, à cette constance à Être en cet arrêt, en cette respiration, en cette observation, y revenir humblement avec courage.

N’avez-vous, jamais ressenti, ce moment où la respiration se pose doucement, où l’observation méditative se fait lentement, cette sensation que des milliers de choses tombent des vos yeux, de votre bouche, de vos poches, de vos vêtements et à même le sol disparaissent vous laissant , ainsi, en Paix ?

Un sourire se dessine…..inspirer , maintenant !

Que le bonheur vous guide !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Simplement écouter !

Simplement écouter !

Avez-vous remarqué la difficulté que nous avons d’écouter, oui simplement d’écouter ?

Il y a dans cette attention, comme de l’estime pour la nature, l’interlocuteur, nous même ! Nombre de philosophes, d’écrivains, de religieux se sont penchés sur cette notion d’écoute et se sont attachés à démontrer sa difficulté et son importance.

Combien de fois, lors de mes ballades, l’écoute de cet environnement proposé m’est apparu comme essentiel, indispensable. C’est, peut être là , le plus bel hommage à la nature, mais aussi la plus humble des attitudes .C’est faire partie d’un tout où chaque pas, chaque chant d’oiseau, chaque souffle du vent, chaque feuille qui plane ,est une note sur une partition, une respiration.

On souhaiterait la même présence, face à nos semblables, pourtant cela nous apparait si difficile, voir impossible. Respecter les sons, la parole qui nous arrivent, accueillir les mots, les entendre en ce qu’ils sont et non en ce que nous voudrions qu’ils soient, que nous les dessinions ou pas de même façon,les entendre tels qu’ils sont, vous avouerez, comme moi ,que la partie n’est pas gagnée ! Dans nos sociétés, prendre le temps de l’écoute est du temps perdu, voir une faiblesse ,au pire le signe évident que l’interlocuteur est du «  coté obscure » c’est à dire fatalement contre nous.

Oui ! Dés les premiers mots, la phrase à peine construite notre jugement est fait et depuis longtemps. Interrompre l’autre avec force devient la démonstration de notre «  vérité ». La patience nous quitte, on se nourrit de phrases incomplètes et d’arguments inadaptés, s’imaginant dés la première syllabe que nous avons tout compris de ce qui n’est pas encore énoncé !

Nous avons , tous, vécu cela ! Écouter et entendre, c’est à la fois considérer autrui mais aussi repousser au loin la haine et l’ignorance.

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Le pourquoi et le comment !

Le pourquoi et le comment !

Comme le rapporte ,de belle manière ,Christophe André, il est deux façons de répondre à la souffrance. La première serait de privilégier le «  pourquoi », ce qui n’est pas , toujours suivi d’améliorations du problème. La deuxième est d’axer sa réflexion, ses actes sur le «  comment » !

Le «  comment » est , déjà en soi une partie de la solution, reste au travers de la compréhension juste, du geste juste, d’œuvrer sans a priori au remède.

Vous me direz le «  comment » ne peut exister sans le «  pourquoi », certes , mais prioriser le «  pourquoi » peut nous amener sur des chemins incertains où de virages en lignes droites, il nous faut avancer sans relâche, sans y trouver le bout du bout d’une solution, mais au contraire une énorme frustration !

Le «  comment » a cet avantage, si je puis dire, d’inclure le « pourquoi » dans l’acte lui-même, le rendant ainsi en compréhension et en action impartial et bienveillant !

Elias a cette phrase : «  Soulager, c’est inviter le remède à guérir dans l’instant »

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Blamer

Blâmer

Posons-nous cette question, d’où nous vient ce besoin continuel, à la fois violent et humiliant de juger, de blâmer ? I

Il ne faut lire en ces lignes qu’une question qui va au delà des circonstances présentes et avenir ! Oui, juste une question à laquelle il y aura milles réponses, allant du manque de confiance en soi, à cette aliénation à être LE meilleure, à cette dépendance à la désapprobation,à cette addiction à la condamnation ! Mais notre réponse, notre réponse en notre intime, en notre profond du profond n’est elle pas, que nous n’avons su où voulu voir ce qui est vrai , non pas dans une agitation que nous croyons bienfaisante, mais dans un présent posé, dans cet instant ou nous nous accueillons tel que nous sommes.

Être une meilleure personne, c’est avoir cette liberté d’échouer, afin d’éviter d’être incapable d’aimer ! Étonnant non !? Ce n’est pas moi qui le dit, mais notre quotidien, cette expérience muette que l’on néglige parce que silencieuse et que l’on ne sait pas ou plus écouter !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

la banalité du bien

La banalité du bien .

J’ai assisté, hier, à une scène, qui a remplit mon cœur de joie. Une Dame d’un age certain, tirait son petit chariot rempli de victuailles et autres courses. Elle marchait, sans se presser, en regardant alentours ,les visages de celles et ceux qu’elle croisait. C’est cela qui attira mon attention.Malgré son age , trahi par un dos vouté et l’effort qui lui fallait fournir, elle prenait le temps de regarder, d’observer et de sourire., oui ! De sourire ! Il n’y avait ,dans ce geste , nulle demande, ni appel, ni supplique, mais une joie pure réelle qu’elle semait avec persévérance.

Pourtant, ils étaient peu à répondre à ce sourire .Certains, en petits groupes ironisaient, d’autres absorbés par leurs portables, manquaient de la bousculer.Ce fut, pour moi, un étonnement et j’avoue un court instant un véritable agacement. Je me suis souvenu, alors, des mots de Matthieu : «  sur la notion de banalité du bien ! » ,de tous ces actes, ces émotions, ces engagements de joie , de bienveillance qui égrainent nos quotidiens, dont nous sommes tous capables et que pourtant, nous ne voyons pas, nous ne faisons pas ! Oh ! Il y a bien des causes à tout cela, la paresse, le paraitre, ce sentiment du ridicule et de l’inutilité , nombre de pensées servant à nous justifier !

Mais, comme elle m’importait cette Dame, comme son sourire m’apparaissait essentiel et beau.Ce n’était rien d’autre qu’un sourire, il disait tant de choses. Je pressais le pas pour la rejoindre, j’engageais la conversation et nous fîmes un bout de chemin ensemble merveilleux, attendrissant, un vrai bonheur !

J’aimerai tant que dans l’intimité de nos consciences, nous ayons cette formidable volonté, en notre nature humaine commune, de ne pas ignorer, de ne pas craindre, de ne pas rejeter un humble sourire , mais de l’accueillir avec gratitude !

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Vivant

Comme le souligne, autant qu’il le peut, Matthieu Ricard : « Chaque matin, je me réveille vivant et cela, rien que cela est merveilleux ! » J’ai fait miens ces mots, non parce que la phrase est jolie et que la replacer dans un diner ferait de moi un érudit, mais simplement pour ceci ! :

Elle a en elle ,cette humilité qui donne un sens à la vie humaine. Elle a en elle, la sérénité de celui qui a tout à apprendre. Elle a en elle , cette force de l’acte juste. Elle a en elle cette paix quand surgissent les épreuves,. Elle a en elle, le courage de l’espoir. Elle a en elle, la réalité de nos faiblesses. Elle a en elle, l’immensité de la bienveillance. Elle a elle, l’évidence du pardon ! …. et tant d’autres choses !

Elle est, quelque part, mon refuge ! Une addition de mots où je sais trouver quelques réponses, mais aussi elle est ma vigilante compagne, ce bâton de marche m’empêchant de trébucher ! Elle est cet outil qui me rend, peut être, utile à l’autre. Elle est cet aiguillon qui ne me laissera jamais rester immobile !

Bien souvent, nous attendons que l’instant passe et brutalement , devant nous ,le soleil se couche. Alors, nous nous sentons victime, laissant le champ libre aux préjugés et à la haine. On regarde partout , sans regarder en soi , nous oublions , alors notre bonté et les immenses possibilités de ces mots : « Chaque matin, je me réveille vivant et cela, rien que cela est merveilleux ! »

A mon Maitre Élias, avec toute ma sincère gratitude !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

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