Penser et pensées !

 

Penser et pensées !

Quelles sont nos relations avec nos pensées ? Une question qu’Elias m’a soumis, récemment ! Nous avons toutes et tous un flot continu de pensées, comme une source qui ne tarie jamais. Comment abordons nous ce flux et chaque pensée ? Ne Faudrait il pas pour répondre à ces questions s’observer penser , prendre cet instant d’être à l’extérieur de cette abondance et se regarder ?

La pratique nous invite à la vigilance, à cette impartialité humble que mérite le juste et sage équilibre.Il y a en cela, notre regard, non pas uniquement sur notre environnement, mais sur le profond du profond de nous meme : nos pensées !

Nous leurs prêtons, presque mécaniquement, une légitimité de vérité infinie , à laquelle nous ne dérogeons pas ! N’est pas là, une soumission à cette pensée qui nous dicte « n’oublie pas de faire ceci et après cela ou ne dis pas cà, emploie ce mot … … » Cette allégeance muette influe, naturellement, sur nos comportements, nos actes et en évidence sur les conséquences de tout cela ! Notre attention n’est pas en la source et le parcourt de notre pensée, mais en cette obéissance , parfois démesurée, parce qu’elle est NOTRE pensée !

Vous comme moi, avons vécu cet instant, ou nous arrêtons une pensée aussi futile, qu’inutile, la nourrissons de craintes et d’agitations pour satisfaire un désir éphémère. La reconnaître, la laisser passer sans la stopper aurait alimenter notre apprentissage et cette pensée se serait évaporer !

La pratique est cette respiration de l’esprit, nous permettant d’oser cette affirmation « je ne suis pas seulement ce que je pense ! » Penser sans observer, sans s’observer c’est entretenir la confusion. Se regarder penser c’est d’abord établir d’autres relations avec soi même et respirer différemment !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )

Madame,

 

 

Madame,

Il me plaît de croire, Madame, que vous allez bien, que votre santé est au mieux. Parfois, en fermant les yeux, je respire votre bien être, comme un remède à mon pas devenu lent. Je goûte cette émotion au dessin d’une syllabe, à ce mot inventé au noir de l’encre de ma plume. Ce n’est pas de la tristesse que d’écrire cela, juste une amertume qui passe et s’en va………

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » où chérir cette lettre, ces mots alignés qui croiseront votre lecture, en une clairière où vous seule, serait invitée ! ? Vous me pardonnerez cette image, l’audace de cette addition , le silence s’ébruite et dessine votre sourire, mes yeux s’illuminent…………..

Ici, l’hiver a pris ses quartiers. Sur mes chemins de promenades, les chevaux sont rentrés . Les prés sont bien vides, parés de leur givre blanc. Il me faut marcher, quand même, le froid paralyse et fige mes pensées.Sur ces sentiers à la terre dure, les grands arbres patientent, quelques oiseaux se pressent, volant au plus haut à se brûler les ailes. Mon bâton glisse plus qu’il ne se plante, la terre craque sous mes semelles…..j’ai froid ! Pourtant, mon esprit vagabonde, découvrant en l’imaginaire Pays de Caux quelques raidillons, quelques pistes battus par les vents, là où la mer chante sa colère, là ou l’océan appelle le marin.

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » ? Je ne sais pas, je ne sais plus ! Je poursuis, sans hâte, mon errance, ce voyage m’apaise, il est, déjà, un souvenir, même si l’instant est derrière cette porte !

Sur cette phrase , Madame, je finis cette correspondance. Permettez moi ce souhait, sans qu’il vous fasse offense, que le bonheur ose votre sourire à ne plus jamais s’en démunir !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)

Respiration

 

Respiration.

Bien des pratiquants, dont je suis, découvrent avec une certaine surprise, la Paix engendrée par le souffle. Cet acte anodin presque invisible, humble en son utilité, silencieux en son absolue nécessite ! Il est, parfois , des présences ordinaires que l’on néglige, que l’on dédaigne.Dans son apparente mécanique, l’inspiration ne s’apprend plus, l’expiration ne comprend plus. On malmène ce souffle, l’encombre de fumées comme autant d’ignorances noircissant nos pensées.

Avons-nous, un instant, écouter notre souffle, porter cette vigilante attention au dedans et expulser l’éphémère au dehors ? La respiration est ce regard apaisé, apaisant sur la réalité. Oh ! Elle ne change rien ! Mais un éclairage serein apparaît ou la pensée, l’acte sont Évidence ! Apprendre le questionnement du dedans pour soulager le dehors. Être , simplement attentif à ce qui est !

La respiration est une lecture assagie de nos sensations, pénétrante en son expérience, ne niant rien de nos souffrances et de nos bonheurs. Prendre conscience de cela, c’est etre en la réalité ni plus, ni moins !

Les chemins de compassion et de bienveillance n’ont d’autres sources que ce souffle humble et sage nous permettant d’aller en la réalité en pensées , en actes vrais et justes !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Vivant !

 

 

 

 

 

Vivant !

Nos extérieures sont à l’image de ces supermarchés . Super éclairés , marquage du chemin ,couleurs chatoyantes ,connections diverses, tout y est si facile , tout est repéré, repérable…..c’est si simple . !!!!…À l’évidence, notre profond du profond de nous même, est moins attirant. Être attentif, apprendre, expérimenter, voilà ce qui devrait «  chatouiller » notre intelligence ! Nos volontés marqueraient elles de vigilances et d’audace ?   J’irai, même, jusqu’à dire,que la souffrance se présente, à nous, sous le même aspect…une simplicité tragique ! Nous côtoyons, tous les jours, cette souffrance, qui s’apparente à une banale image tournant en boucle sur nos écrans, en nos esprits. Plus elle est lointaine, plus un certain désintérêt se mansifeste ! Mais quand elle nous touche, un besoin de solitude, de non présence se crée au delà de la douleur ! On se complaint, souvent, dans un questionnement irraisonné et la valse des regrets entame, alors, sa farandole ! Chaque «  bonjour » est une épreuve, chaque «  comment ça va, » un châtiment ! On invoque la solitude comme pour «  souffrir en paix ! ».

Cette aveu d’impuissance, obsédant, nous fait oublier que l’absence de vie ne répare rien, ne change rien, mais le choix de la vie est cet élan qui nous fera franchir l’obstacle. Ne faut il pas accepter cette réalité , et sentir, ressentir autrement , regarder, observer différemment, apprendre, comprendre l’instant ? Comme Matthieu Ricard : «  Chaque matin, je me réveille et je suis vivant….n’est ce pas merveilleux ? » Il y a dans ces mots plus qu’une consolation, plus qu’une réparation pour les êtres vivants, il y a cette compassion juste qui dépasse le souvenir de la vie, la souffrance et la bêtise !

Enrichissons nos expériences en accueillant la réalité tel qu’elle est, apportons lui cette intense attention, dont nous avons besoin, pour simplement, humblement Être !

Alors !….. Respirer ! ……Rien que respirer !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie !)

 » Rien que ……! »

 » Rien que …. ! »
 
Une part de nos souffrances ne vient elle pas du fait que nous voulons penser et faire mille choses en mème temps ? Nos sociétés nous demandent de prévoir, d’anticiper, de se méfier, de regarder ici et là, de provoquer, de concevoir, de dénoncer , de hurler, d’aimer, de haïr, de voter, d’être beau, d’être intelligent , de plaire, de travailler, d ‘aller vite…….. waouh !!! waouh STOP !
Respirer l’instant ! Oser ne rien faire ou comme le dit si bien Christophe André pratiquer le «  Rien que …. » !
 
Rien que se sentir vivant, chaque matin n’est ce pas merveilleux ?
 
Quand on s’éveille au «  rien que… » les êtres et les choses ont une autre saveur , une couleur différente , comme embrasés par ce laisser être qui ouvre mille et une portes. Rien que marcher et observer son corps en respiration calme et posée, ce dehors si différent car on lui apporte de l’attention ! Une bienveillance, qui n’est pas de l’audace, mais l’évidence d’une compassion pure, d’une attention juste et vraie !
Sur le ton de la plaisanterie, Elias me dit : » ruminer n’amène que des maux de tête ! » il n’a pas tord ! Bien sur, le «  rien que » n’est pas le remède à tout ! Non ! . Il permet, à mon sens de se recentrer sur l’évident , l’essentiel, de laisser glisser et passer tout ce qui a peu ou pas d’intérêts. Nous permettre , ainsi, de revenir sur les causes de nos problèmes, de nos souffrances avec plus de calme, plus d’objectivité, plus d’attention.
 
C’est d’attention que nous avons besoin et non de vitesse ! N’est il pas préférable d’Être en l’attention que de faire attention ? Être en l’attention c’est oser le juste équilibre en l’instant pour soi et à cause de l’autre, sans craintes, sans haine !
 
Alors ! «  Rien que ?……..
 
Philippe De Frémontpré
( A respirer la Vie ! )

Mille manuscrits

Mille manuscrits.

Bonjour ! Comment tu vas ,

Plus personne à ton bras ?

Tu promènes ta détresse,

Tes yeux en tristesse !

Aller ! Je n’ai pas un sous,

mais, vient on va boire un coup !

On se fera «  jeter » on s’en fout,

Raconte-moi, c’est juste entre nous !

Comment te parler d’elle,

Dans une simple ritournelle,

Il me faudrait mille manuscrits,

Pour chasser mon ciel gris,

Et peindre le printemps de son sourire,

En ses yeux où la vie vient se nourrir.

Humm son visage ! Oh, oui son visage

Est le plus beau des paysages !

Du merveilleux galbe d’une pommette,

A ses discrètes fossettes,

C’est un voyage à la particulière tendresse,

Que l’on parcourt, sans hâte, avec paresse.

En son pull noir, épaules dégagées,

Comme une plage, un soir d’Été,

Là où la douceur t’envahit,

Aux bords d’un rêve infini…….

Ses lèvres en mots se respirent,

les lèvres en baisers se goûtent !

Verse encore , à déborder le verre

Que mon esprit s’embrume et mon âme se perde

Je garde en moi plus que cela…

Oh ! Juste sa main pour quelques pas !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)

Sur le chemin .

 

 

 

 

Sur le chemin !

Nous envisageons, presque exclusivement la nudité pour le corps, lui attribuant tant de qualificatifs que même les dictionnaires s’y perdent ! Il est vrai que des légions de peintres et de sculpteurs, maîtres ou apprentis s’inspirent du nu, évoquant en courbes plus ou moins réussies, un sentiment de virginité, de beauté, de tendresse, de passion ou de souffrances.

Ainsi, nous cantonnons certains mots, certaines émotions dans des domaines précis où leurs compréhensions se limitent à nos désirs pour ne pas dire plaisir. Notre attention est, alors soumise à l’égo, comme contrainte par l’émotion ! Si nous nous regardions dans une glace, en ces moments particuliers, nous verrions la difficulté de maintenir une juste neutralité de notre attention ! l’expression de notre visage est un témoin involontaire de nos défaillances voir de nos complicités !

Peut-être, pensons- nous que l’attention s’oppose à l’apaisement, que la vigilance rend étanche notre esprit ? La réponse ne tient elle pas en ces mots : l’attention nue ? Il faut se nourrir de cette nudité et non la regarder avec envie. L’attention nue est l’abandon des a prioris, ce «  rien que «  en repére attentif nous permettant d’être sur le chemin , rien que sur le chemin !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Notre vision du monde.

Notre vision du monde.
 
 
 
Notre vision du monde est, souvent, la source de bon nombre de nos souffrances . Nos émotions naissent du regard impulsif, agité posé sur le monde, sans ce temps de l’instant réfléchi du juste équilibre . Cette représentation faussée altère notre bien être et notre rapport à l’autre ! Nos pensées,nos actes sont en dépendance de notre égo et les esclaves de ses distorsions !
La vraie liberté n’est elle pas de se débarrasser de cette vision pour aborder sereinement la réalité ?
 
Il nous faut accepter, désormais,de mettre un pas devant l’autre différemment pour observer, réfléchir, apprendre et comprendre. C’est un chemin qui nous oblige, un chemin difficile et sinueux. La pertinence de l’effort, la persistance du doute, l’humilité de notre volonté participent à l’aisance de notre cheminement, mais croire que cela suffit, serait une erreur. Parce qu’elle existe, parce qu’elle ,simplement là, faire une place à la souffrance,est en soi la seule manière d’affaiblir son impact, de diminuer ses nuisances et nous facilite l’accueil de ce qui est, seulement , de ce qui est, rien de plus, rien de moins ! Se laisser être , être vivant se respire à chaque seconde en la compassion, en la bienveillance qui , par nos actes , envahit l’instant présent !
 
Il nous appartient de réprimer nos bavardages intérieurs pour oser l’évidence, l’essentiel.
 
Philippe De Frémontpré
( A respirer la Vie)

De derrière ta fenêtre. !

De derrière ta fenêtre.

C’est au coin de ta rue, que chaque soir je me pose.

A regarder ton ombre de derrière ta fenêtre.

Je devine tes pas, je devine tes gestes,

A me frôler le cœur, à frissonner mon corps !

Pourquoi suis-je si loin et pourtant si prés ?

A sentir ton parfum de derrière ta fenêtre.

Je devine tes mots, je devine tes rires,

A éclater mon cœur,à envoûter mon corps !

Mon audace a si froid planté sur le trottoir,

A dessiner tes yeux de derrière ta fenêtre.

Je devine leurs éclats, je devine leurs larmes,

A noyer mon amour pour qu’elles s’évaporent !

Je reviendrais demain pour reprendre mon poste

A te dévoiler de derrière ta fenêtre.

Je devine l’image, je devine le souvenir,

A panser mes regrets, à construire mes remords !

Philippe De Frémontpré

( Pages blanches )

A respirer la vie !

 

Avant toutes choses.

Ce n’est pas simple de se raconter. On peut y trouver une satisfaction égoïste, un besoin de montrer, de se montrer. J’ai la naïveté de croire qu’il existe une autre, j’ose le mot, noble raison , le Partage !

Les mots additionnés ont le sens, le parfum d’une émotion particulière, chacune, chacun aura un ressenti différent, je m’en réjouis. L’effervescence de l’instant écriture ou lecture revêt bien des couleurs et l’on s’étonne , souvent, que bons nombre de pensées, d’actes s’y inventent avec humilité et sagesse. Faut il, pour cela, décortiquer, décoder, déchiffrer, analyser, constater, juger à tord ou à raison, avec force soupçons et multiples méfiances ? . Des sentiments de l’auteur aux déchiffrements du lecteur, il peut y avoir convergence ou gouffre .Cela est , certainement, utile à chaque être !………………..si la haine, l’incompréhension, la partialité, l’aigreur ne s’y installent !

Jusqu’à aujourd’hui, je regardais ma plume et mon carnet comme des outils inertes, sans intérêts réels, si ce n’est d’accrocher les mots que ma main dessine. Ce matin, devant le silence de la page blanche, je me suis surpris à les regarder, à les écouter , oui ! à écouter cette plume, ce papier ! Il n’est pas là, effet d’un apprenti écrivain, non ! Juste une oreille et un regard attentif à ces outils qui, eux aussi ont une histoire ! C’est en imaginant, au plus prés de la réalité, l’aventure de la mémoire de ces objets, que retracer mon chemin devint plus facile. Au delà des femmes , des hommes qui les ont façonnés, leurs présences sur ce bureau font de moi leur obligé. Avez-vous remarqué le calme des objets ordinaires, leur avez-vous prêter l’attention qu’ils méritent ? Ce sont ce calme, cette attention qui , avec bonheur, heureusement et souffrance , parfois, nous ouvre l’esprit.

A respirer la Vie !

Les circonstances et les conséquences firent qu’un jour, je fus équipé d’une valve aortique mécanique . Il fallait ,par cet artifice , aider un cœur usé, un corps poussif et fatigué La souffrance physique ne fut ,ni de près,ni de loin une préoccupation première. Bien sur ,elle sue se manifester et parfois violemment, mais consciemment ou inconsciemment, j’avais pris le partie de ne verser aucune larme,de ne faire entendre ni cris ni plaintes .. Il me fallut être vigilant. Pour cela j’avais une aide précieuse, ces images en mon esprit qui ne me quittèrent jamais, comme le baton qui n’abandonne pas la main ferme le pèlerin sur son chemin !

Ces témoins, compagnons de voyage sont différents autant dans le temps que dans l’intensité. Le premier le voici …..

Lors d’une précédente hospitalisation, le traitement administré était lourd, épuisant. L’isolement, la fatigue m’enfermaient en cette maladie, m’emprisonnant dans ses peurs,ses craintes où l’on perd toute lucidité, tout regard bienveillant envers soi-même. Dans la chambre attenante, un petit garçon , prénommé Philippe, de 8-9 ans, traversant l’épreuve d’une leucémie, avait lui, l’audace de la joie, des rires, de l’enthousiasme. Je me surpris à l’écouter, à l’envier puis à le chérir.J’ai, en souvenirs, nos discutions, de masque à masque, ces fous rires soudains, son sourire espiègle, si expressif ! Tout était l’occasion d’une farce, d’une chanson, d’une histoire. J’étais devenu « accro » à ce bouillonnement de vie, comme une drogue bienfaisante. Chaque matin, j’avais besoin de l’entendre. D’écouter son réveil pour me sentir vivant, pour nous sentir vivant ! Il était de cet oxygéne particulier que l’étre humain a besoin pour apprendre, comprendre, avancer ! Il arrivait, parfois , dans l’obscurité de la nuit, quand les veilleuses dessinaient le grand couloir blanc, qu’une larme coulait sur son visage d’enfant. Le silence, alors , était autre , différent remplit de cette compassion pure, intense comme une offrande apaisant ses peurs. Il m’apprit, beaucoup sur le rapport à la maladie, sur l’envie de Vie !

En son intensité, le silence, le calme, cet au delà de soi, aspire la souffrance de l’autre ! Il en a été, ainsi, pour le deuxième…….

Il y a des attentes, où le temps, les minutes ne s’impatientent plus, ne s’inquiètent plus. Mon esprit s’absentait, ne se posant plus de questions. J’avais même ris dans cette ambulance bruyante cliquetant de partout, à croire qu’elle allait perdre une roue , puis…….. Une grande pièce blanche, le bip d’un scoop, les bavardages des infirmières, quelques rires….et ce silence ! Un silence d’entre deux ou il y aura un après, un après inconnu, sûrement douloureux, peut être la fin de l’histoire !? Dans cette ambiance incertaine,allongé sur ce lit plus qu’inconfortable, je respirai doucement, m’assurant que la vie entrait encore en moi. J’observai, évitant les paroles inutiles. L’espace se remplissait de tristesses invisibles, de larmes évaporées. Entouré de mes proches, j’accrochais là un regard, ici un sourire comme autant de chefs d’œuvre qu’il me fallait emporter.

La porte s’ouvre, un homme en blouse blanche entre : «  Bonjour, je suis le Docteur……, je suis le chirurgien ! » En quelques mots, la réalité brutale faisait son apparition. S’adressant à mes proches : «  Je vais vous demander Madame, Messieurs de nous laisser, l’infirmière dans le couloir, vous donnera les informations pour la suite » ! Une étreinte, un baiser silencieux, ils s’éloignent ….

je ne sais pas pourquoi, mais je regardai mon fils aîné avec insistance…..soudain ! Il tourna la tête et je le vis pleurer ! Cette seconde fut insupportable , écrasante de désespoir! Ces larmes cristallisaient la terreur, la frayeur de tous et quelque part me culpabilisait ! Pourquoi ce corps leur donner tant de souffrances ? Je me haïssais…… Je me fis alors cette promesse, que ses souffrances, que leurs souffrances soient miennes à jamais et que le bonheur envahisse leurs cœurs !

Je n’ai rien écouté du discours du chirurgien……puis un brancard roule , mon esprit s’embrume………….

Ce ne fut que deux instants intenses, quelques minutes qu’il me fallait, désormais écouter avec attention avec humilité à chaque pas, à chaque inspiration. Ils peuvent apparaître banales, ordinaires, mais il y a, dans cette simplicité, ce que nous devons à l’humanité, observer, apprendre la souffrance de l’autre et ÊTRE , Juste ÊTRE !

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