Je ne serai pas cette malaldie Part II

Je bénis ce jour où j’appris à sortir de ce monde et oser avec audace la vie! Bien sur la souffrance m’accompagne, mais la panique s’est envolée, un défi inconnu m’attend : Comprendre  pour accepter ! Dans ces trois mots , l’espérance, la compassion, la joie , autant d’inconnues à aborder sans détours mais avec vigilance et humilité Ce fut un moment bref, intense . Une intelligible clarté apparaît, la croisée des chemins ! Faire un choix est une nécessité pour jouir d’une autre liberté ! Je ne serai pas cette maladie !!!!!! Cela me déroute, m’interpelle ! N’est ce pas curieux qu’il faille pour apprendre, ne plus se poser de pourquoi ? Etre loin de soi pour être tout prés de l’autre ??? Un paradoxe n’est il pas ?! Le jour ne se pose pas de question ! Il naît chaque matin , non pas pour lui même, il est si différent en sa clarté dévoilée, mais pour un monde à envisager, à imaginer le plus beau , le meilleur possible ! Être utile, être meilleur ! Ne pas se demander pourquoi , mais comment ! Voilà, je crois l’esquisse d’une voie autre, humaine, pure, vraie !

Très vite, il m’apparut non pas après une longue et intense réflexion, ou une fanfaronnade idiote, que ma souffrance avait peu d’importance, une évidence douce claire presque palpable ! Elle était là, souriante, bienveillante, elle marchait à mes cotés, c’est tout , traduisant chaque moment en joie, simplement !! Seul l’environnement me rappelait ma réalité. Les murs blancs, le lit inconfortable, le bruit des chariots divers et bizarres, la prise de constantes et tous ces tuyaux , perfs etc etc …. (La sonde urinaire a été mon pire cauchemar ! ), les plaintes , parfois venant d’une autre chambre plus loin ou plus prés …Je ne souhaitais qu’une chose, dés mon réveil, voir cette porte s’ouvrir et une personne entrer! Infirmière aide soignante, femme de ménage, docteur, famille, proches… tous ces gens me donnaient soif ! Soif de vie , soif de les connaître, soif de les apprendre ou réapprendre, soif de les écouter, de leur porter de l’attention, de partager ! Parfois un sourire, un rire suffisait, à d’autres moments les mots s’enchaînaient les uns derrière les autres ! J’éprouvais un vrai bonheur à parler, parler, mais plus encore a être attentif, à boire leurs paroles, à oser entrer dans leurs existences discrètement, les regarder, apprendre encore et toujours ! Quand la solitude prenait place ou que le sommeil tardait, la plume accompagnait les secondes, dessinant , ainsi les heures différemment. Le temps a , soudain, une autre grandeur, le silence s’installe entre rime et virgule comme pour oser l’instant ! Comment expliquer cela ? Comment expliquer cette envie irrésistible de danser sous la pluie ou d’apprivoiser le vent ? N’est ce pas plus pertinent tout simplement d’être mouillé mais heureux ? !!

Dans cet afflux d’émotions, comme dans un plat rempli de beaux fruits, l’une d’entre elles s’est dessinée plus charnue, plus sucrée, plus mystérieuse certainement ! Une notion, qui ,pour pour la plupart d’entre nous, est teintée de cette satisfaction matérielle qui enflamme les sens et fait éclore la Vanité !

La gratuité !

Pour apprendre ce mot, il importe d’oublier le «  pourquoi » et d’oser la spontanéité , l’authenticité ! Il est en notre vraie nature  ces vertus humbles, impartiales, justes! En quelque sorte «  s’abandonner ». Pour illustrer ce propos, il me vient, j’allais dire au cœur,il me vient à l’esprit, ce matin d’Août.

Après le dernier passage , au petit matin, des personnels de nuit, il est ce long moment d’attente entrecoupé de pensées diverses, bizarres et d’un certaine somnolence presque mécanique. On découvre, avec amusement le fonctionnement de la télécommande du lit ! (Un grand moment !) Tests et amusements se succèdent sans vraiment de raisons précises, car l’on sait, malgré tout , que la literie a souffert autant que nous ! On perçoit , également différemment les couleurs d’un ciel que l’on côtoie depuis des années et sur lesquels on n’avait prêté aucune réelle attention ! On guette les bruits de couloirs annonçant le chariot du petit déjeuner en s’agaçant d’un pansement douloureux , de cette satanée sonde urinaire, véritable boulet de bagnard !

Je ne serai pas cette maladie Part III

Mon regard s’attardait en ces énigmatiques formes nuageuses blanches cotonneuses éparpillées dans ce bleu naissant,.

Derrière moi la porte s’ouvrit, première prise de sang…J’entends un «  bonjour » empli de tristesse, comme accablé ! Me tournant vers cette arrivée, je découvris la grisaille d’un regard, un sourire machinal sans joie ! Je ne connaissais ni la nature, ni l’ampleur du problème motivant ce tourment et j’avoue que cela, dans un premier temps m’importait peu ! Agnès entreprit d’exécuter sa prise de sang ….

– Posez votre matériel Agnès lui dis je , approchez vous !

Il me parut , évident , de la prendre dans mes bras une minute ! Il y eut dans ces secondes comme un apaisement, un souffle différent !

– Maintenant allez y !

Je vis , alors dans ses yeux, un soulagement. Non pas, que tout était réglé , mais qu’un geste spontané, gratuit était un remède fort et précieux pour avancer différemment !

– Merci me dit elle !

– Non ! Merci à vous pour ce rire ! Oui ce rire là !

Suivit un éclat de rires commun bienfaisant et un «  aie » pour la piqûre ! La chambre fut un « ailleurs » débordant de joie, un énorme soupir de bien être !

La gratuité de ce geste , de cette compréhension silencieuse , c’est avancer sans pourquoi .

Plus tard, nous avons échangé sur cet instant et ce «  sans pourquoi » nous apparut important, comme le moteur d’une réflexion à venir. La souffrance s’atténuant une fois fractionner, il est plus simple d’en trouver le remède. Dans notre appétit d’immédiats , on se résigne plus que l’on ose ! Nous faussons par des jugements subjectifs a priori, la pureté d’une compassion pure et vraie !……………………

L’acquis emballé !

«  Ne tient pas pour certitudes , les réponses partielles et partiales données à tes peurs ! Elles génèrent plus de conséquences négatives que de justesse! » Elias.

Avec ces quelques mots Elias me pousse , à aller au delà de l’acquis emballé que l’on me présente, trop souvent, pris pour vérités premières. L’observation, la réflexion ne sont pas des mots divins nous conférant, soudainement, la joie de la révélation ! Ils sont, en eux mèmes, la pratique vigilante et disciplinée, de l’attention pure qu’il est bon d’adopter. C’est un apprentissage exigeant, fastidieux qui ne conçoit pas la facilité.Pourtant, en cette assiduité à la pratique, notre respiration s’apaise, notre esprit fait le choix de la compréhension juste.

En écrivant le mot «  attention », je ressens son sens absolu, un horizon infini de compassion et de bienveillance ! Faire vivre cette « attention » en pensées, en actes est notre vraie nature, l’essence même de l’humanité noble , généreuse, heureuse ! Il n’y a là, aucune faiblesse, mais cette liberté authentique de s’abandonner pour plus grand que nous meme !

J’ai, souvent entendu, «  oh ! Que de temps perdu ! » ou «  C’est , dans ce que je prends de suite qu’est ma sécurité ! ». Dans ces frayeurs, ces lâchetés que nous côtoyons chaque jour, nous avons la possibilité de courir, courir encore, plus vite vers un confort immédiat mais éphémère ou au contraire de prêter attention aux causes, aux conséquences et d’y apporter un remède !

Elias a , pour nous , cette réponse :  « Nos pas sont guidés par la volonté d’être meilleur ou le besoin de satisfaire Nos désirs, Nos envies sans attendre ! autrement dit l’altruisme ou la vanité !»

 

L’instant !

 

L’instant.

L’instant, n’est souvent qu’un constat en marge d’une timide et pauvre réflexion. Tiraillé par notre égo, l’éphémère, l’immédiat, nous oublions l’écoute. Oui ! l’écoute de nos propres émotions, l’apprentissage de la réflexion, la compréhension de l’utile !

Le précieux de l’instant est en ce millième de seconde , un infini, un horizon un empire, une autre vie, mais aussi, un enfer de souffrances ! L’instant est à la fois une question et une réponse, là se construit l’humain dans ce qu’il a de plus merveilleux ou de plus sombre. Au delà de l’instant, surgissent les conséquences avec leurs lots de «  si j’avais su » ou pire «  je le savais , pourtant ! » Croire à son importance, s’initier à l’attention du moment, n’est ce pas, d’abord être bienveillant envers soi-même ,conquérir en soi ce que l’on donnera à l’autre ? !Impliquer, à chaque pas, cette attention active en l’autre et pour l’autre !

Prenons l’exemple de cet instant particulier, nous reliant avec nous mêmes ! Le déchiffrage d’un texte ou le griffonnage de quelques pensées . Les liens que sont les doigts tenant la plume ou les yeux parcourant un champ de mots sont les parties physiques , visibles de ce que nous assemblons en notre esprit. L’indispensable position, la respiration , la concentration ce qui apparaît comme des détails participent en fait, en quelques traits au dessin de cette intériorité que , toutes et tous, souhaitons appréhender avec calme et sérénité . Une nécessité….. ? Un chemin de paix !

En écrivant ces mots, il me revint en mémoire une anecdote. Anodine, simpliste , peut – être, elle nourrit, pourtant, ma réflexion. Les certitudes ne sont que des châteaux de cartes quand s’invite la minute suivante ! Nul ne peut affirmer qu’elle est prévisible !

Nous étions en juillet, un de ces dimanches après-midi, où le ciel prend le temps de choisir entre soleil et nuages. La terrasse, le jardin semblaient sortir de la douche, trempés de la chaise à la brindille par une averse, aussi abondante que brève. Un coin de ciel bleu hésite à grandir quelque peu, coincé entre deux énormes nébuleuses grises. Derrière la porte fenêtre, le vent avait perdu son audace, il faiblissait doucement comme fatigué de son travail de la nuit !

Je percevais au travers de la vitre toutes ces senteurs particulières du parc ! Fermant les yeux, je parcours les allées, remplissant mes poumons de saveurs fleurales, aériennes étonnantes. Il parait difficile de ressentir cela de l’intérieur d’une pièce et pourtant……… ! La prévenance, cette curiosité vigilante à observer, à contempler , non pas pour voir, mais pour être , est un outil merveilleux ! Nos sens ont cette générosité, nous proposant d’accueillir l’émotion sans artifice, sans contraintes ! Oser cela, c’est apprendre à mettre un pied devant l’autre humblement pour être meilleur un peu plus !

 

– Madame est servie ! Guillaume de sa voix de baryton lança « les hostilités » !

 

Nous étions douze à table, quelques membres de la famille s’étaient joints à nous , provoquant plan de table , vaisselle de porcelaine, verres en cristal de Bohème…. et repas interminable ! Père présidait en bout de table, à ses cotés Mère sur la droite et tante Éléonore sur la gauche. A l’autre extrémité, les enfants plus petits avaient pris place, leurs bavardages s’étaient, soudain tus, leurs regards fascinés par ces timbales d’argent étincelantes portant leurs prénoms. Jusqu’à nos dix ans, une timbale d’argent gravée à notre nom, nous était offerte, témoins de notre enfance, de notre innocence ! Mére m’expliqua, qu’elle voulait ainsi souligner l’importance de chacun au sein de la famille . Mère fit un geste, discret, de la main, Guillaume commença le service. Entrée froide, entrée chaude, plats en sauce et volaille , légumes de saison, un défilé bien ordonné , plus fait pour impressionner, que pour éveiller les papilles !

Les discussions étaient faites de mots s’emmêlant en tous sens, de rires contenus et de mastications plus ou moins bruyantes . Nous parlions en face à face, de coté , en parallèle ou en biais ,accompagné d’un concert étrange de couverts et verres. Un joyeux tintamarre que Père ponctuait de sa voix roque quand il était un peu bruyant ou que le sujet l’interpellait . Le déjeuner terminé, certains attendent, déjà le goûter, d’autres errent en quête du meilleure fauteuil qui accueillera leurs siestes ! Quand à Tante Éléonore, elle quitta la pièce rouge de honte, après « un bruit de gorge » suivi d’un pet fâcheux, preuves involontaires de sa gourmandise, d’un début de digestion . J’en ris , encore, de la voir déserter les lieux de la sorte . Nous ne la reverrons, suite à cet incident , oh combien naturel ,qu’en début de soirée, s’excusant encore et encore de son inconvenance Clémence et Sophie mes cousines, jumelles de surcroît, se sont endormies sur le canapé, une poupée dans les bras. Je souris les voyant apaisées, leurs robes de dentelles , tachées ici et là de sauces et de crème patissiére.

Père s’est retiré dans son bureau pour mettre de l’ordre à ses affaires . Je le devine déboutonnant son col de chemise tout en griffonnant ordres et mémos pour les jours à venir. Il a du se faire servir un alcool et allumer un cigare , une habitude plus qu’un plaisir . Mère brode nerveusement, dans le salon ,traduisant par des murmures ,qu’elle seule comprend, son impatience de pouvoir prendre le frais dans le jardin .Pour cela et par convenances, il fallait qu’elle fut accompagnée. Mais au vues de l’état de la tablé , les propositions se faisaient attendre d’où cet agacement !

Du charme du moment, je goûtais la simplicité ! L’instant est fait de ces surprises sur nous mêmes, de ces solitudes détachées se risquant à une attention particulière !

Observer cela ! Non, dessiner le, humblement, en pensées bienveillantes pour en apprendre chaque couleurs avec authenticité et sincérité !

Manque à ce tableau, Marie-Louise ! En quelques minutes, discrètement, elle s’isole ! C’est dans la bibliothèque, que nous retrouvons en un silence monacal , une grande pièce rectangulaire avec une entrée presque secrète, sur trois de ses murs, un meuble bas d’un seul tenant,supportant un ensemble d’étagées, frôlant le plafond . Sur chaque niveau de hauteurs inégales, en rangs serrés, nombre de livres , traitant des sujets les plus divers, guettaient entre ombres et lumières, l‘esprit curieux qui osera les saisir. Un bureau, quatre fauteuils, quelques bibelots et tableaux complètent le décor . Une atmosphère tranquille, lumineuse où le silence, la paix s’impose comme une évidence !.

Pendant que je parcours quelques philosophes questionnants et inquiétants, elle entame son rituel. Sur l’écritoire préalablement débarrassé, elle s’installe en liberté , en sa liberté! Elle pose son carnet de Moleskine sur la droite, puis quelques feuilles blanches au centre, une bouteille d’encre noire sur la gauche et enfin son plumier ! Oh ! Il ne s’agit pas de cette plume d’oie grattant autant le papier que le nez , mais d’une plume de fer , de forme triangulaire, une petite boule en sa pointe, le tout monté sur un simple morceau de bois !

– «  je n’ai nul besoin du plus bel outil ! Disait elle, mais d’un outil modeste. Sa modestie me transmet l’humilité des mots forte, fragile entre virgule et point d’exclamations! Les mots n’ont de sens qu’en cette vérité, non celle que l’on invente pour nous faire plaisir, mais celle qui s’additionne lettre par lettre, mot à mot en une succession de visions, d’observations authentiques, pures, impartiales.»

A la regarder, il y a , là, une force particulière. Ces gestes sont absents, les murs frissonnent ,les choses sont comme figées. Moi-même, je sens ma respiration, mes pensées s’évanouir! Soudain, les secondes ralentissent le pas, comme pour donner l’exemple . Le silence, déjà bien présent, se fait plus discret encore. l’instant s’abreuve de tout cela, l’addition des mots , de ses mots peut commencer ! L’étonnant côtoie l’évidence, l’absurde défie la sagesse ! Le temps se tait, laissant l’arabesque d’une lettre s’épanouir en un instant magique !

D’un geste lent et précis, Marie-Louise dirige sa plume vers l’encrier. Celle-ci plongera au tiers de sa hauteur, ni plus ni moins, lui évitant, ainsi tous dérapages d’encre involontaires et des pleins ayant de l’embonpoint ! Méthode enseignée par Sœur Geneviève , elle même «  taquinait » le verbe entre deux prières ! Mais , cassant l’harmonie du lieu, de cette respiration commune, Marie-Louise d’une voix défaite s’écria stupéfaite :…..

– Ma plume est sèche ?!!!!

Deuxième essai !

– Effectivement, ma plume est sèche !

Après vérification, il s’avère que l’encrier est vide! Marie-Louise s’écarte du bureau , ouvre le tiroir central, pour y prendre sa bouteille d’encre de réserve .

– Diantre ! Je suis maudite ! Elle aussi est vide !!!!!

 

Une étrange émotion se lit, soudain, sur son visage ! Plus l’énigmatique mystère de ses bouteilles d’encre vides s’emparait de son esprit, plus sa lucidité se diluait dans l’irraison. Entre incompréhension et désespoir, chacun de ses traits, de son regard perdu à ses joues rougissantes traduisait le passage d’un constat inconcevable à une colère muette . Il y avait , surtout, pour moi spectateur, l’absence de bon sens et de réflexion.

L’instant devint, alors, ignorant !

 

C’est à Élias ,qu’avec l’humble respect de l’apprenti et sa permission, je laisse la conclusion. Lors de nos discussions, il n’a de cesse de me répéter :

– C’est dans l’instant que nous sommes égoïste ou généreux, dans l’instant que notre haine surpasse l’affection, dans l’instant également que s’étale notre vanité écartant l’humilité naturel de notre esprit ! Accueillir la joie, la compassion, nous accueillir nous mêmes tel que nous sommes, se détacher du regard de l’autre c’est combler l’abîme entre nous et l’instant! Notre vraie nature n’est pas autre chose qu’un instant pur qui n’est déjà plus ! Oser, avec lui, côtoyer le bonheur est un défi !

 

 

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence!)

Photo de VB

L’empreinte

 

 

 

 

 

 » Un corps paisible n’est pas un esprit absent, quand l’amour a été son chemin ! » Elias

Cette réflexion, face à la mort, prend tout son sens, si on ose, en l’instant la véritable compassion !

L’intime est un lien unique avec celles et ceux qui jalonnent notre route. Certaines, certains seront plus précieux que d’autres, mais il est en le profond de notre profond, cette noble vérité : En cette vie, le meilleure n’est pas un souvenir, mais un acte propageant une onde bienveillante à l’infini ! C’est sa compréhension, son ressenti en notre esprit qui nous fait grandir, laissant plus vivace encore l’empreinte des pas de celui qui s’éloigne !

Que le bonheur vous guide ! Prenez soin de vous, surtout !

Aimer

 

 

Mon cher Philippe,mon cher frère,

Tes lettres se font rares. André, ne m’apportes plus que les journaux du matin. Nos échanges entre nos lignes me manquent, terriblement .Je te sais si loin, mais heureux, c’est un essentiel qui m’importe , tu le sais !

Dans ta dernière correspondance, tu m’as soumis les mots  d’Ayako, qui je te l’avoue m’ont surpris et dont je ne retiens, en dehors d’autres circonstances que ceci :

– je ne peux dessiner tout mon amour pour vous Philippe, sans comprendre la souffrance de mon pinceau !

 

Voici ma réflexion, mon frère ! Mais, ai je le recul, le renoncement nécessaire pour vous parler de cela ?
Aimer !

Quelques lettres que nous cotoyons chaque jour , pour ne pas dire chaque seconde ! Bien souvent, nous les dessinons maladroitement, par ignorance, par égoïsme, par peur. Pourtant, sommes nous capables d’ignorer ce mot, cet état, cette émotion………………………….cette souffrance ?!

Notre apprentissage commence par «  ce don d’amour » celui de la vie , celui d’une mère, celui de parents, de proches , nous y trouvons confort et réconfort comme une normalité. Nous ne nous posons pas , alors, de questions ! Pourquoi faire d’ailleurs ?! On prend tout cela sans savoir qu’en faire ! Il y a, là, un sentiment simple, un bien être, un luxe que nous ne percevons pas ou pas bien !

Les secondes s’additionnent, les choses et les etres changent, évoluent, se transforment. Ce qui était apparent , visible, offert ne nous suffit plus, ne nous atteint plus, devenant pesant, agaçant …….La simplicité fait place à l’exigence, cette « normalité » devient grotesque ! Réaction naïve, non réfléchie cultivant en sa nocivité, bien des tourments !

Il nous faut prendre la plume pour un autre dessin, d’autres arabesques. Nos éducations, nos expériences, nos initiations, nos mémoires confrontées à notre égo engendrent un besoin forcené d’appartenir à l’autre, d’attacher l’autre à notre émotion, à cet amour qui n’en est pas un, en l’état ! Le comprendre n’est pas un jeu, l’apprendre …..une évidence !

L’évidence est souvent de chair et sang, de sourires parfumés, de regards hesitants et de baisers volés ! On ne s’approprie pas l’amour comme un bien personnel ! On s’abreuve de cette évidence, on s’initie à l’autre sans l’éteindre sans s’éteindre soi même ! Aimer est un abandon, un détachement, mais aussi des retrouvailles en nos vraies natures !

 

……………………….

 

Au delà de l’innocence

( extrait)

Souffrance

 

Bonjour,
 
Nos chemins nous amènent à cette confrontation fortuite ou volontaire avec la souffrance. L’incompréhension est bien souvent la première des émotions, traduite dans ce « pourquoi moi ? »
 
La qualité de notre réponse détermine notre compassion, notre volonté a être meilleur ! Cette réponse ne peut être une justification, une défense,une riposte ou une soumission mais une compréhension juste , impartiale apportant non seulement un remède mais une paix aussi forte, aussi puissance que l’amour !
 
L’amour est un cercle parfait,quand il est en dehors de tous attachements, quand il ose l’infini, quand il naît de l’esprit juste, me dit Elias . Observe ces trois mots : Cause, Chagrin, Conséquences ! Entre en eux , apprend les, comprend les ! Oppose leur ton discernement, ta méditation comme tu offrirai une fleur à ton ennemi ! Nous sommes l’origine de la souffrance ou du bonheur, il est en nos choix, à la fois la seule cause et le seul remède ! Soit vigilant sur ta route et quelque soit l’âpreté du sentier choisit toujours l’amour !
 
Que le bonheur vous guide !

Imprudence ?

De retour en mémoires, sur trois pierres bleues formant un banc, je me suis assis. Un ruisseau , non loin, ajoutait sa musique à la quiétude du lieu, c’est là, gorgé de songes, de passés retenus,respirant le présent,sans craindre l’affrontement que j’observe ma vie.

Les hier d’un côté, les demains de l’autre, est-ce une imprudence, un enseignement, un bonheur, un regret, une souffrance où simplement, tout cela ?

Elias , mon Maître, me confia ces mots :

– «  Quand tu te poses en méditation, en réflexion n’oublie pas ceci : Ton regard se doit à l’impartialité la plus humble, ta pensée au juste équilibre, tes propos à une sagesse infinie et tes actes tout cela à la fois  !  Il n’y a là, aucune difficulté si ton chemin n’est autre que le bonheur des êtres sensibles ! Cette conscience de l’Être et de l’esprit sera ta force pour convaincre l’ignorant et sourire à ton ennemi ! »

Observer, réfléchir, apprendre comprendre ! Ces quatre mots résonnent en moi comme l’essence de la vie, il me fallut faire face à cette évidence , l’accepter et de cette découverte, nourrir ma vraie nature !

Philippe De Frémontpré

( extrait )

Observer

Observer !

Il est en nos sociétés cette vertu de la rapidité de réponse, d’action, conférant cette médaille ( en chocolat) de promptitude et d’efficacité . L’observation se définie du domaine scientifique pour les uns, de la passivité pour les autres .

Voilà un mot, apparemment commun, mais allant au délà de notre esprit.

L’évidence de sa nécessite nous apparaît, trop souvent au seuil de la souffrance, là où il nous faut par obligations observer pour comprendre ! En notre apprentissage, observer s’avère un chemin évident, comme bien des Maîtres le soulignent, mais également, une volonté !

Si nos yeux nous propose, l’esprit , lui , observe ! ( Elias)

L’environnement, nos environnements est fait d’êtres sensibles qui dessinent avec plus ou moins de bonheur leur place, dans l’instant ! Notre regard porte , bien souvent, un jugement partiel et partial sur tout cela, dommageable à tous, car il oublie le premier et le plus important des environnement : nous mèmes !

Le profond du profond de nous mêmes, cet intime inconnu, doit, à mon sens, être le premier sujet de notre observation. Avec discipline, vigilance, tolérance et compassion faire de cette étape de notre apprentissage, une formidable découverte osant en réalité notre vraie nature !

Réfléchir , apprendre , comprendre pourront , alors s’épanouir avec force !

 

Les mots d’Elias

 

Chaque jour, prend quelques minutes et fait le tri dans tes pensées, tes actes de la journée. L’essentiel sera, toujours, le plus petit tas !

Un enseignement est une imprudence quand on ne le comprend pas, un bonheur quand on y réfléchit, une tristesse de ne pas l’avoir entendu plus tôt !

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