Le passant

Si l’on considère, la définition du mot «  passion », on s’ aperçoit que cette, voir ces définitions sont bien éloignées de ce sentiment profond qu’est l’amour véritable. L’attachement forcené à l’amour mène fatalement à la colère qui est, à mon sens, l’image la plus grave de la passion. Il y a dans ce mot, dans cette attitude passionnelle comme un asservissement de l’autre , de soi même. Cet enthousiasme que l’on déploie, envers et contre tout, nous entraîne vers des jugements partiaux, des soumissions volontaires, une certaine corruption de la pensées et des actes !

Il importe, à mon sens, d’observer la pensée et l’acte non pas exclusivement à leurs éclosions , mais d’étendre notre vision à leurs environnements et à leurs conséquences, . Mais, cela ne peut se faire sans une juste impartialité et un juste détachement. La vigilance est à l’évidence, une nécessité sage en notre apprentissage . Elias a cette phrase : «  Être le passant ! Se dissocier de soi pour inspirer ce sentiment de bonheur pour l’autre et à cause de l’autre et aussi pour soi-même »

Être le passant n’est , en aucun cas, une neutralité passive qui nous laisse en dehors de tout, à coté de tout. Au contraire «  se dissocier de soi » , prendre, l’instant pour l’observer, l’émotion pour ce qu’elle est, ni plus ni moins, permet à l’équilibre, le juste équilibre d’apprendre , de comprendre en conscience et d’agir en toute sérénité ! Notre Paix intérieure passe, implicitement, par notre libération d’esprit c’est à dire par notre capacité à échapper à nos illusions, à nos désirs, à toutes ces distractions éphémères !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)

Randonnée

Randonnée

Quatre saisons font une année,
Une somme d’instants additionnés.
Un printemps plein de senteurs,
Un été réchauffant les cœurs,
Un automne où tombe la pomme ,
Un hiver et son drôle de bonhomme !

Les souvenirs tissent, en nos esprits,
Des images déjà parties.
Pourtant, on essaie par tous les moyens,
De les retenir par la main !
Mais, doucement, ils s’évanouissent,
Où simplement ils ternissent.

Nos cœurs ne sont pas des musées,
Ces salles froides aux couleurs accrochées.
Ne laissons pas en ces couloirs hantés,
Se promener fantômes et farfadets.

Sachons voir l’essentiel quant il s’invite,
Ce présent bienveillant, respirons le vite-vite !
En un juste équilibre,
Osons Être libre !

Une liberté qui ne nous appartient pas,
Mais qui dessine l’autre et prend son pas !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )

Lettre à Elias

 

 

 

Lettre à Elias.

 

Je m’enrichis de nos conversations, non pas comme on amasse une fortune, mais juste en ce partage d’émotions, de réflexions, d’expériences.

Il n’est nul besoin de se presser, inutilement, pour franchir, je ne sais quelle ligne d’arrivée. Oser le temps, prêter attention à ce qu’il est , à ce que nous sommes au profond du profond de nous mèmes. Avoir l’audace bienveillante de l’observation, de l’apprentissage, parfois de l’affrontement. Avoir l’impartialité de la compréhension de l’autre pour Être, simplement Être !

Avez vous ressenti la joie de l’humble quand l’équilibre se fait , juste un instant ? Elle me submerge à entendre votre voix, à apprendre votre chemin, à comprendre vos chagrins.

Il me revient, ce jour particulier où votre corps ne vous laisser pas de repos. Ma venue, soudaine, vous avez irritée, je le ressentais en moi . Je vous avez préparé du thé et une petite collation. Assis dans votre fauteuil, un livre sur les genoux vous sembliez, ailleurs! Votre respiration était à l’unisson de ce silence qui s’installait. Oui ! Comme vous le dites , souvent, le silence est une pipelette parfois , mais là, sa présence était presque palpable comme une pensée humble qui observe le temps et l’espace. Je regardai votre visage , essayant de déceler un mot, une phrase à venir, elle fut celle -ci «  Soit attentif !…écoute ! » j’en fus surpris . Un entretien silencieux commença. Nos souffles de concert rythmèrent cet étrange voyage. Mon regard ne pouvait se détacher de vous , pourtant, en ce moment j’eus cette sensation forte , très forte en moi, de votre fusion d’avec l’instant. Il y avait là une intensité telle que la seconde à venir n’existait pas, qu’un lien d’une affection profonde,pure, se révélait à moi, comme pour me rassurer, m’envahir de compassion et dissiper mon inquiétude.

Je dus, pendant de longues minutes, «  remettre sur le métier «  ces images. Les appréhender dans leurs force, les comprendre dans leurs réponses, les aimer dans leurs couleurs. J’avoue que cela me perturba, un moment, un court moment… il me vint alors les paroles d’une chanson … « Quand on n’a que l’amour , à offrir en partage ….. »

Il me tarde de vous revoir, en meilleur santé , j’en fais le vœu. Que le bonheur guident mes pas à ne jamais perdre votre chemin !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

«  Je te respire …. !

 

«  Je te respire …. !

 

«  Je te respire …. ! » Une inspiration du corps autant que de l’esprit. Une observation de l’autre, de soi, un apprentissage de l’instant.

 

«  Je te respire …. ! » Une confession , peut être, une attention, sûrement ! La rareté d’une humble dépendance, où l’évidence naît d’un souffle !

 

«  Je te respire…. ! » Une pensée folle, comme on ouvre une porte, essayant d’apprivoiser une nouvelle liberté !

 

«  Je te respire …. ! » Un cheminement où la souffrance ose la paix, où l’amour inspire la joie.

 

«  Je te respire…… ! » L’attention renouvelée, en vigilante compassion.

«  Je te respire … ! » Que serait l’humanité sans ce souffle, sage, généreux, compréhensif ?

 

Il y a, tant de pensées, tant d’actes que l’on peut additionner , pourtant «  je te respire… » me semble la plus belle expression de l’affection,de la compréhension, de ce besoin de l’autre ! Oh ! Non pas comme une addiction, mais une chaleur bienfaisante où Être n’a de sens que pour l’autre et à cause de l’autre !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie )

Vivre !

Vivre !

Les hommes oseront-ils le pardon, simplement pour vivre ?

Vivre , c’est assembler les instants où l’on respire en son corps, en son esprit, la Paix !

Vivre, c’est mettre bout à bout, ces petits bonheurs glanés pour l’autre et à cause de l’autre.

Vivre, c’est accepter d’Être, de se laisser être, sans autre profit qu’un juste et noble équilibre.

Vivre, c’est apprendre et désapprendre chaque jour , mais surtout un jour à la fois .

Vivre, c’est oser l’autre en ce qu’il a à transmettre, à offrir, car il est en notre addition, comme le souffle remplit notre corps.

Vivre, c’est sourire à la maladie pour qu’elle ne soit qu’une mauvaise compagne de voyage.

Vivre, c’est être conscient de notre imperfection, mais nous ouvrir à l’utile !

Vivre, c’est observer sans cesse ,avec cette attention particulière vigilante et sage .

Vivre, c’est avoir l’audace humble d’aimer !

Philippe De Frémontpré

( Respirer la Vie )

Rester là !

 

Rester là !

«  Accepter que cela puisse arriver ! » L’acceptation, un mot qui, encore aujourd’hui et je dirai, surtout aujourd’hui, est un signe de soumission, de faiblesse, d’incompréhension des règles du jeu ! Mais quelles sont ces règles du jeu ?

– tout savoir ?

– nier la réalité ?

– être fort quoiqu’il arrive ?

L’expérience de la maladie, nous apprend énormément. Il y a ce stade, où l’on se dit «  pourquoi moi ? » et l’on fustige le monde, le gouvernement, la pollution …etc ….etc comme si avoir un coupable nous soulage, voir nous met sur la voie de la guérison ! On s’aperçoit, très vite du contraire ! Ces multiples accusations sont comme des sables mouvants, nous entraînant en haine et tristesse ! Vient le temps où l’observation, la réflexion, le silence nous emmènent en espérance. Les causes se dessinent et la juste compréhension se fait. Il y a là aussi , une vague de tristesse ressemblant au prélude d’un sourire, d’un rayon de soleil, alors nous appréhendons notre réalité autrement, paisiblement  !

L’apitoiement n’est plus de mise, mais l’inverse, également ! Chaque visite, chaque échange est ponctué de «  soit fort ! » généralement suivi d’un poing serré pour montrer la vigueur du propos. Être fort, un état où notre condition de malade, ne nous invite pas ! Notre réalité est cette faiblesse physique à laquelle nous devons faire face, cette faiblesse de l’esprit qui nous entraîne sur des chemins de dégoût, de peur, de larmes. A la vue de tout cela, «  soit fort » apparaît hors sujet !

Mais , alors où trouver cette force , dont nous le savons, nous avons besoin pour traverser ces épreuves ?

Pour répondre à cette question, je me souviens des premiers mots d ’Elias «  Être présent, pleinement, en l’instant, en un juste équilibre, rend l’instant plus intense, plus utile ! ». Accepter la souffrance, c’est accepter la vie dans toute sa réalité. Être , simplement Être là, n’est ce pas dépasser la souffrance ?

J’ai entendu ces mots, ce jour : «  Réalité partageable ! ( Thierry Jansen) » Ils me semblent, résulter de cette acceptation. Notre réalité devient non pas partagée, mais partageable avec ce soucis humble, de transmettre, même là, surtout là, une certaine idée sereine de la joie !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Penser et pensées !

 

Penser et pensées !

Quelles sont nos relations avec nos pensées ? Une question qu’Elias m’a soumis, récemment ! Nous avons toutes et tous un flot continu de pensées, comme une source qui ne tarie jamais. Comment abordons nous ce flux et chaque pensée ? Ne Faudrait il pas pour répondre à ces questions s’observer penser , prendre cet instant d’être à l’extérieur de cette abondance et se regarder ?

La pratique nous invite à la vigilance, à cette impartialité humble que mérite le juste et sage équilibre.Il y a en cela, notre regard, non pas uniquement sur notre environnement, mais sur le profond du profond de nous meme : nos pensées !

Nous leurs prêtons, presque mécaniquement, une légitimité de vérité infinie , à laquelle nous ne dérogeons pas ! N’est pas là, une soumission à cette pensée qui nous dicte « n’oublie pas de faire ceci et après cela ou ne dis pas cà, emploie ce mot … … » Cette allégeance muette influe, naturellement, sur nos comportements, nos actes et en évidence sur les conséquences de tout cela ! Notre attention n’est pas en la source et le parcourt de notre pensée, mais en cette obéissance , parfois démesurée, parce qu’elle est NOTRE pensée !

Vous comme moi, avons vécu cet instant, ou nous arrêtons une pensée aussi futile, qu’inutile, la nourrissons de craintes et d’agitations pour satisfaire un désir éphémère. La reconnaître, la laisser passer sans la stopper aurait alimenter notre apprentissage et cette pensée se serait évaporer !

La pratique est cette respiration de l’esprit, nous permettant d’oser cette affirmation « je ne suis pas seulement ce que je pense ! » Penser sans observer, sans s’observer c’est entretenir la confusion. Se regarder penser c’est d’abord établir d’autres relations avec soi même et respirer différemment !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )

Madame,

 

 

Madame,

Il me plaît de croire, Madame, que vous allez bien, que votre santé est au mieux. Parfois, en fermant les yeux, je respire votre bien être, comme un remède à mon pas devenu lent. Je goûte cette émotion au dessin d’une syllabe, à ce mot inventé au noir de l’encre de ma plume. Ce n’est pas de la tristesse que d’écrire cela, juste une amertume qui passe et s’en va………

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » où chérir cette lettre, ces mots alignés qui croiseront votre lecture, en une clairière où vous seule, serait invitée ! ? Vous me pardonnerez cette image, l’audace de cette addition , le silence s’ébruite et dessine votre sourire, mes yeux s’illuminent…………..

Ici, l’hiver a pris ses quartiers. Sur mes chemins de promenades, les chevaux sont rentrés . Les prés sont bien vides, parés de leur givre blanc. Il me faut marcher, quand même, le froid paralyse et fige mes pensées.Sur ces sentiers à la terre dure, les grands arbres patientent, quelques oiseaux se pressent, volant au plus haut à se brûler les ailes. Mon bâton glisse plus qu’il ne se plante, la terre craque sous mes semelles…..j’ai froid ! Pourtant, mon esprit vagabonde, découvrant en l’imaginaire Pays de Caux quelques raidillons, quelques pistes battus par les vents, là où la mer chante sa colère, là ou l’océan appelle le marin.

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » ? Je ne sais pas, je ne sais plus ! Je poursuis, sans hâte, mon errance, ce voyage m’apaise, il est, déjà, un souvenir, même si l’instant est derrière cette porte !

Sur cette phrase , Madame, je finis cette correspondance. Permettez moi ce souhait, sans qu’il vous fasse offense, que le bonheur ose votre sourire à ne plus jamais s’en démunir !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)

Respiration

 

Respiration.

Bien des pratiquants, dont je suis, découvrent avec une certaine surprise, la Paix engendrée par le souffle. Cet acte anodin presque invisible, humble en son utilité, silencieux en son absolue nécessite ! Il est, parfois , des présences ordinaires que l’on néglige, que l’on dédaigne.Dans son apparente mécanique, l’inspiration ne s’apprend plus, l’expiration ne comprend plus. On malmène ce souffle, l’encombre de fumées comme autant d’ignorances noircissant nos pensées.

Avons-nous, un instant, écouter notre souffle, porter cette vigilante attention au dedans et expulser l’éphémère au dehors ? La respiration est ce regard apaisé, apaisant sur la réalité. Oh ! Elle ne change rien ! Mais un éclairage serein apparaît ou la pensée, l’acte sont Évidence ! Apprendre le questionnement du dedans pour soulager le dehors. Être , simplement attentif à ce qui est !

La respiration est une lecture assagie de nos sensations, pénétrante en son expérience, ne niant rien de nos souffrances et de nos bonheurs. Prendre conscience de cela, c’est etre en la réalité ni plus, ni moins !

Les chemins de compassion et de bienveillance n’ont d’autres sources que ce souffle humble et sage nous permettant d’aller en la réalité en pensées , en actes vrais et justes !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Vivant !

 

 

 

 

 

Vivant !

Nos extérieures sont à l’image de ces supermarchés . Super éclairés , marquage du chemin ,couleurs chatoyantes ,connections diverses, tout y est si facile , tout est repéré, repérable…..c’est si simple . !!!!…À l’évidence, notre profond du profond de nous même, est moins attirant. Être attentif, apprendre, expérimenter, voilà ce qui devrait «  chatouiller » notre intelligence ! Nos volontés marqueraient elles de vigilances et d’audace ?   J’irai, même, jusqu’à dire,que la souffrance se présente, à nous, sous le même aspect…une simplicité tragique ! Nous côtoyons, tous les jours, cette souffrance, qui s’apparente à une banale image tournant en boucle sur nos écrans, en nos esprits. Plus elle est lointaine, plus un certain désintérêt se mansifeste ! Mais quand elle nous touche, un besoin de solitude, de non présence se crée au delà de la douleur ! On se complaint, souvent, dans un questionnement irraisonné et la valse des regrets entame, alors, sa farandole ! Chaque «  bonjour » est une épreuve, chaque «  comment ça va, » un châtiment ! On invoque la solitude comme pour «  souffrir en paix ! ».

Cette aveu d’impuissance, obsédant, nous fait oublier que l’absence de vie ne répare rien, ne change rien, mais le choix de la vie est cet élan qui nous fera franchir l’obstacle. Ne faut il pas accepter cette réalité , et sentir, ressentir autrement , regarder, observer différemment, apprendre, comprendre l’instant ? Comme Matthieu Ricard : «  Chaque matin, je me réveille et je suis vivant….n’est ce pas merveilleux ? » Il y a dans ces mots plus qu’une consolation, plus qu’une réparation pour les êtres vivants, il y a cette compassion juste qui dépasse le souvenir de la vie, la souffrance et la bêtise !

Enrichissons nos expériences en accueillant la réalité tel qu’elle est, apportons lui cette intense attention, dont nous avons besoin, pour simplement, humblement Être !

Alors !….. Respirer ! ……Rien que respirer !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie !)

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