Distances

 

Distances.

Prendre ses distances avec ses pensées, pour les observer !

A tord ou à raison, nos consciences se persuadent de la réalité, presque palpable , de nos pensées. Pourtant, si nous fermons les yeux, un instant pour les observer avec attention et patience, il s’avère que bon nombre ne sont que des donneuses d’ordre, des rappels à l’ordre.Nous sommes persuadé que cet ordre est fondé, faisant partie des «  saintes vérités ! » Prendre le temps du silence, de l’écoute de nos pensées n’est il pas des plus utile ? Il y a dans l’utilité juste, l’évidence de la bienveillance et de la compassion !

Pourquoi me direz vous ?

L’observation, le calme, la réflexion… le silence nous apparaissent souvent comme de l’inutilité ! Mais avez-vous, avons-nous déjà prêté attention au silence, à l’instant silence ? Cela nous est à la fois simple et difficile, un apprentissage ou les émotions donnent des coups de boutoirs à notre vigilance. Dans cette difficulté, dans ce tumulte le silence en son observation, nous calme dans un premier, nous laissant le choix de voir l’émotion pour ce qu’elle est, rien de plus, rien de moins. Le danger de la pensée réside en sa faculté à se distordre, à comparer, à confondre, à s’éloigner du juste équilibre ! Le silence n’est pas cette platitude inerte, mais un environnement particulier que nous devons apprendre à écouter. A écouter pour donner du sens aux sons pour appréhender leurs intérêts leurs usages, leurs bienfaits mais aussi leurs nuisances, leurs futilités! Apprentissage nécessaire, long, difficile pour observer cette pensée qui file à toute vitesse, cette autre rempruntée, agaçante ou celle-ci étonnamment dure, colérique !!

Quand je ferme les yeux, que le calme se pose, que je donne à l’instant l’utile et la juste attention, alors le silence a un sens !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

Jours d’Hiver

 

 

 

 

 

Jours d’hiver

Il faisait froid, un de ces jours d’hiver où l’on frissonne en regardant par la fenêtre. Des cristaux en transparence recouvraient branches et feuilles mortes. Le ciel hésitait entre une grisaille de saison et en bleu en promesses.

Elias avait mis quelques bûches à flamber, la pièce se réchauffait doucement, nos silences se respiraient comme un « au delà des mots particulier » où chacun s’abandonne et s’échappe vers l’autre ! C’est comme un prélude, où il me faut renoncer à mes repères, renouveler ce laisser être pour réapprendre à regarder, à observer, à respirer ! L’écoute, alors, s’impose sans brutalité, sans agressivité , mais humblement ! Elle se pose sur les choses , les êtres sans les surprendre , pour absorber l’émotion , s’abstenant de jugement, de comparaison, elle ose l’attention, l’expérience de l’instant .

« – L’expérience est elle dans ce que tu as fait ou dans ce contact particulier entre toi-même et l’instant ? » m’interrogea Elias.

«  – Puis-je, Elias, te répondre par une question ? Nous pensons que l’expérience se construit par l’accumulation d’actes, comme autant de bagages que nous emportons et pouvant, accessoirement, nous être utile ! Mais j’entrevois une autre nature . N’est ce pas l’instant qui nous propose son expérience, son expertise, peut-être, comme pour aller au delà de cette montagne de « vérités » qui éparpille, bien souvent, nos émotions en souffrances éclatées ?

« – Nos sociétés associent, fréquemment, l’expérience au sens accumulatif du terme, à la perfection, ceci étant, pour elles , deux états indispensables au bien-être voir au bonheur ! J’ai bien peur, qu’elles ne fassent fausse route. La perfection, comme son contraire , ne sont que de mauvaises et souffrantes comparaisons. Il y a, dans un de ses synonymes, « confrontation », toute la mesure de la réalité que nos sociétés et avouons le, nous mêmes comprenons ! Hors, il me semble qu’en la sagesse, en ces doutes, en son apprentissage, qu’en elle seule la perfection peut éclore. Une perfection différente de celle que nous concevons, mais pour cela il nous faut aller au delà de nos mots, au delà de l’expérience de l’instant, au plus profond de nous même !

Il faisait froid, un de ces jours d’hiver ou l’on regarde le ciel à se sentir simplement vivant !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

 Prendre la main ! 

 

 

 

 

« Prendre la main ! »

Assis à mon bureau, je regarde cet écran blanc, lumineux, mais vide de mots.Il semble attendre des lignes, des strophes, des paragraphes bien alignés, peut être avec l’audace de ces doigts sur le clavier ou la tristesse de cette émotion si difficile à peindre avec des mots.

Quel est le but de cette écriture ? Au delà de ces pleins et déliés, qu’est ce que je cherche, véritablement ? Waouh ! Deux questions, non-évidentes , en leurs réponses !!!

J’ai posé ces mots, il y a quelques jours, pensant reprendre cette réflexion un peu plus tard, paradoxalement j’avais un peu de peine à mettre consonnes et voyelles en réponses à cela ! C’est au cours d’une méditation que l’évidence c’est fait jour ! Elle ne se traduit pas en mot ou plutôt elle les inventera ensuite . Elle m’apparut en un geste simple, plein de cette compassion pure, naïve dans sa beauté, puissante en sa sagesse !

« Prendre la main ! »

Prendre cette main pour apaiser, soulager, accompagner, construire, aimer ! En cette contenance humble, tant de peurs se dissipent, tant d’incompréhensions s’assèchent, tant de joies réchauffent ! L’émotion est pure, attentive comme la sensation unique d’absorber les peines, de transmettre le doux enchantement d’un véritable partage !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Vivre à moitié !

 

 

 

 

Vivre à moitié !

Vivre à moitié ! N’est ce pas le sentiment qui prédomine dans nos réflexions ? Nos peurs, nos angoisses, nos faiblesses nous enferment en un carré de terres que nous croyons verdoyant. Nous défendons ce bout de nous mêmes, avec l’audace de l’éphémère, le courage de nos culpabilités ! Nous regardons nos vanités comme autant de trophées, mais…… ! A bien y réfléchir, nous nous soumettons à l’attente sans oser vivre !

Malade,face à l’inéluctable, je me suis abandonné à la vie, à cette révolte douce détruisant l’instant pour construire le suivant .C’est en ces moments, où l’on ne souhaite plus rien, en ces minutes où la bienveillance est une nécessite, « inspirer les souffrances d’autrui »,se charger des douleurs de l’autre ,non pas pour soulager le mal qui me ronge, mais pour insuffler la joie unique , magique d’être vivant ! Chaque matin est un partage avec le monde. Il témoigne de l’ardent et non de l’inanimé, du disciple et non de l’émérite, de la connaissance et non de l’ignorance, de tout ce qui se conçoit pour l’autre et à cause de l’autre !

« Paradoxal ! », me dit une amie , avec ce «  Prend soin de toi ! ? Non ! Non ! Il y a dans cette apprentissage,l’acceptation de soi, le dépouillement de soi, le détachement et le choix de l’autre !

Comment envisager «  une belle vie »si à chaque seconde elle n’est pas fécondée par l’ambition de l’autre ? Cette volonté qui pousse l’être à être humain, qui inspire de sages et humbles réponses, qui doute de chaque question, qui nous laisse observer, apprendre et comprendre !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

« Clic » !!!!!!

 

 

« Clic » !!!!

Les mots ont un sens originel, mais nos sociétés en perte d’équilibre, de bienveillance, de bon sens, modifient ce berceau de compassion en une évolution destructrice. Ainsi :

On ne se parle plus, on se déguise ! On n’observe plus, on condamne ! On n’explore plus, on surveille ! On ne découvre plus, on espionne ! On ne réfléchit plus, on dénonce ! On ne respecte plus, on accuse ! On ne donne plus , on réclame ! On n’éclaire plus, on trompe ! On ne pardonne plus , on hait !

Apprendre est devenu un «  clic », un film muet sans expérience, sans attention où la seule audace de la pensée est de préserver son égoïsme ! Comprendre est « connecté » à je ne sais qui , je ne sais quoi où l’on vous affirme vous embellir la vie , vous soustraire de vos peurs en quelques applications ! On se marie pour un sourire et on se quitte pour un pseudo ! On s’affranchit des conséquences pour un effet médias, on s’allonge sur une réseau comme on prend le soleil oubliant en conscience que le cancer nous guette !

Rendez vous compte, il suffit d’appuyer sur «  OK » et l’on est généreux ! Un autre « OK » et l’on vous dit ou manger ou dormir, comment vous habiller, comment aimer ! Apprenti de la satisfaction instantanée, on multiplie les « OK » à en briser l’écran , à en oublier que l’on a des pieds ! On s’indigne, parfois, bizarrement pour être ensemble, comme rassuré d’avoir la même lâcheté ! Mais bien vite nos colères, ne sont plus à l’audimat ! Elles se diluent, alors, en nos indifférences !

L’équilibre n’est plus ! Les mots ont ils, encore, une sens ?

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

Imperfection

 

 

Imperfection

 

L’imperfection du monde se révèle à nous sous bien de formes . De façons répétitives, douloureuses elle se voile de fausse pudeur, nous dessinant en de sournoises arabesques, non pas une excuse, mais son éloge funeste !

Il n’est nul question de querelles ou de bavardages, mais d’un regard différent sur les choses et les gens. Chaque interrogation s’approprie sa juste réponse, non en fonction d’une logique calculée, mais de l’humilité de sa formulation, de l’approfondissement attentif des causes et conséquences.

Trop d’irréfléchis s’appliquent à une rédaction qui n’est, bien souvent, qu’une justification partielle, partiale en dehors de tout équilibre. Elle est, aussi dans bien des cas, fortement imbibée de souffrances, de ressentis passés, troublant par le fait l’harmonie de la pensée. Le jugement est si simple pour celui qui conçoit que l’affrontement, la comparaison, l’égoïsme. Juger, condamner deux émotions qu’il faut contenir, observer , apprendre et comprendre. Sans cette volonté, cette vigilance l’injustice , la haine ont de beaux jours devant eux !

La justesse d’une pensée, d’un propos, d’un acte doit s’affranchir de tout attachement. L’attachement n’est qu’un a priori, une vision tronquée. La réflexion s’en trouve altérée, elle s’interdit l’investissement global de l’esprit dans la compréhension et reste aux portes de la bienveillance , de la bonté humble ! Le cheminement du raisonnement est simple . Il se construit avec un regard pondéré où chaque acte a une origine, qu’il est primordial d’appréhender et de comprendre. L’ importance de la retenue s’impose naturellement. Elle est le seuil de la compassion, forgeant l’image de la réalité de l’instant. Savoir pénétrer dans cette humanité est un apprentissage offrant une vision sereine, humble et juste, propre à toute sagesse véritable.

Bon nombre de discours se limitent à des constats relatant des faits sans autre forme de procès. A écouter nos propres peurs, a être ces souffrances qui nous assaillent, notre esprit se ferme, nous n’écoutons plus, nous inspirons la nocivité du monde sans voir sa bonté. Il est périlleux de circonscrire une pensée à une succession d’estampes, sans apprécier le pinceau, les couleurs et le paysage.

L’absence de vie n’est pas seulement la mort comme nous l’entendons, comme nous l’attendons. L’absence de vie est en l’orgueil, la jalousie,l’avarice, la haine que nous prenons, parfois, pour vérités mais qui ne sont que les tristes cache-misère de nos non-réflexions !

 

 

Un peu de ma vie

 

 

Un peu de ma vie

« Chaque jour, je laisse derrière moi, un peu de ma vie « 
Alexandre Jollien

De prime abord, cette citation, en sa finalité,est terrible ! Pourtant, à mon sens, elle me semble pleine de réflexion et d’espoirs.

Sur ce que «  je laisse », ne devons nous pas, nous interroger sur la valeur de ces traces abandonnées ou confiées ? Il y a une globalité dans ce «  legs », comme dit le poète : Ma jeunesse s’enfuit, me laissant en tête à tète avec demain » A chaque pas posé, la foulée est un peu plus difficile. Nous avons, à un moment ou un autre, ce sentiment de trahison. Trahison d’un corps qui nous échappe, trahison de la considération que l’on attend, trahison de toutes ces graines plantées qui ne donnent pas de fruits. Au fil du temps , nous attendons beaucoup des autres et de nous quand n’est il ? Quand L’esprit, consent-il librement à donner, lâcher ou laisser sans y prendre garde ? Quelle est la consistance, les mérites de tout cela ?

Notre quotidien est fait de blessures, de souffrances, de rires et joies. De cet ensemble, quelques parcelles s’échappent et tombent sur le chemin. Notre réflexion, à ce sujet, est notre espérance, si elle n’est pas , nous serions inutiles ! Il n’est pas tant de laisser derrière soi un peu de sa vie chose qui apparaît comme inévitable, mais d’avoir cette humble et juste sagesse de laisser le meilleur, le bienveillant,l’accueillant.

L’abandon de soi, est cette compassion pure ( idiote, naive certains diront) à garder en soi le nocif, le méchant , le mal veillant non pas pour se flageller à tout va pour l’éternité… Non ! Mais pour qu’il ne tombe pas sur le sentier, pour le contraindre, quoiqu’il en coûte, a ne plus être malfaisant ! Accepter notre souffrance au plus profond du profond de soi, c’est l’affronter pour qu’elle ne se propage pas, qu’elle n’engloutisse pas le bonheur des êtres.

Un peu de sa vie , ce n’est pas aller vers la vieillesse, mais oser la vie pour l’autre et à cause de l’autre !

Philippe De Frémontpré
(Au delà de l’innocence)
lesyeuxclos.fr

A l’age….

 

 

 

A l’age…….

A l’age, où le temps s’absente, devenant au fil des secondes un long soupir. A l’age, où l’on s’accroche à tant de choses que l’on ne pourra pas changer. A l’age, où bien des souvenirs s’embrument comme pour mieux nous laisser partir.

A cet age, que l’on nomme de sagesse pour ne pas dire d’ennuis. A cet age certain , où la main tremble où le corps s’oublie. Quand meurent les mots avant d’être écrits, quand les cris n’ont plus de larmes. Quand le silence s’impose, quand les murmures s’invitent. A cet age, où les regrets, les remords en petits tas envahissent une mémoire voilée. A cet age , où le chagrin compose les heures, où les rêves sanglotent, où la douleur se noie.

A cet age, où s’éloigne la saveur du dernier baiser, où les sourires n’osent plus. A cet age, où chaque pas est un défi et ne laisse plus de trace sur le sable. A cet age sordide, où en toute discrétion, on vous plaint d’y être arrivé. A cet age, où l’instant se résume à attendre , et attendre encore……

 

A cet age, meurt plus qu’une saison…….

 

 

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Face à face

 

Face à face !

La vie n’est-elle pas un long  face à face avec soi même ? Comment éviter ce conflit ? Comment être meilleur chaque jour en ce duel permanent ? 

Encore une fois, la vigilance, la discipline en la pratique peuvent être d’un grand secours. Nous prenons comme vérité que toute contrariété, divergence, compétition etc .. ne sont qu’un face à face avec l’autre. Cet autre qui perturbe notre vie, à qui l’on se compare sans cesse, bref qui semble être la source de nos souffrances petites ou grandes. Mais l’observation humble, impartiale, sage nous propose une autre vision !

Dans nos sociétés, où le culte de la souffrance est une institution, le coupable ne peut, en aucun cas être nous même ! Quand la réflexion s’absente, nous ne pouvons être que victime ! Hors, dans bien des cas, nos vanités, nos jalousies, nos haines sont le point de départ d’une vindicte qui ne nous apaise même pas !

l’attention nous fait défaut ! Le discernement juste nous fait défaut ! La pierre qui vous fait trébucher, n’a pas demandé à votre pied de la heurter !

Dans ce duel avec soi, il nous faut oser l’honnêteté absolue pour accepter deux choses. La première, de nous accueillir tel que nous sommes. La deuxième, d’assumer avec la force de la compassion pure que nos actes peuvent nous entraîner sur des chemins brumeux, chagrins,sinistres. Sans conscience, nos pensées, nos actes nous conduisent à la négation de nous même, de notre vraie nature ! Il importe, quelque soit la souffrance, d’être en observation de soi pour établir en l’instant l’équilibre de la réflexion et la sagesse de l’acte.

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

Assis au bord du chemin

 

 

Assis au bord du chemin

Assis au bord du chemin, sur un banc de pierres, les yeux perdus dans les nuances de gris du ciel, comme dit l’érudit «  nous nous bricolons un bonheur dans un coin ! » Comment envisager la pratique sans tomber dans un confort intellectuel individualiste et pantouflard ?

L’utilité de l’instant vient à notre secours .Il est en l’instant toutes les ouvertures possibles. Ouvrir sa respiration, inspirer le monde , l dans ce qu’il a de juste et de sage . Regarder l’autre sans jugements, avec ce sourire lui disant «  bienvenu mon ami ! ». Éclairer sa pensée par la joie simple, humble, bienveillante.Oser la nudité du laisser être ! C’est en la nature de l’instant que nous trouverons d’autres couleurs pour le ciel !

Outre sa nature, l’instant mérite que nous lui accordons un peu de temps. On ne peut se dire vigilant, si l’on prend pas le temps de la vigilance ! Évidence…. !!! Mais combien de pensées bienveillantes, apaisées, en réflexion s ‘interrompent par manque de vigilance ! C’est en le temps de l’instant

que nous trouverons l’extraordinaire force de la compassion.

Il s’avère, me semble t il que s’ouvrir sans presser le pas est le meilleur moyen d’être soi même sans oublier d’appréhender , d’apprendre notre environnement pour le bonheur de tous les êtres vivants .

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

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