l’apprenti

Bonjour à toutes et à tous,

«  Connaitre son ignorance est la meilleur part de la connaissance. » proverbe zen

N’avons nous pas eu sur le chemin de nos vies, cette tentation du «  je- j’ai  , je sais tout et j’ai tout fait !» ? Il m’est arrivé, il nous est arrivé d’affirmer ,sans avoir l’expérience humble, de ce que nous préconisons, sans avoir l’entièreté des circonstances, des causes et conséquences de ce que nous dessinons, sans l’attention utile et vigilante à l’autre . Il faut le reconnaitre, nos convictions, ce besoin irraisonné et égoïste de l’affirmation de soi déséquilibre nos pensées, nos mots, nos actes.

Mon ami Elias a ces mots «  Il faut oser l’ignorance ! » Quelques mots, comme la main posée sur la poignée de la porte ouvrant à tous les possibles. Quelle joie de pénétrer là où l’on observe sans a priori, où l’on réfléchit sans hâte, où l’on apprend avec attention et vigilance, où l’on comprend l’utilité de l’équilibre en toutes choses.

Quelle beauté dans l’audace de l’apprenti qui ose et apprend, qui se trompe mais réfléchit, qui partage et s’enrichit !

Philippe De Frémontpré

Abandon

Abandon.

Un Maitre zen Yunmen disait : « Quand tu assis, sois assis. Quand tu es debout, sois debout. Quand tu marches, marche ! Et surtout n’hésite pas ! »

Nos esprits, trop souvent, guidés par nos commentaires intérieurs, se perdent dans l’instant. Ils ne sont plus debout, ils sont…..on ne sait pas trop , quelque part en confusion, absorbant çà et là, illusions, débattant , sans retenue de leurs certitudes.L’instant n’est pas un mi-temps, où on lui propose quelques minutes de notre temps si précieux ! Si, nous ne sommes pas dans instant ,pleinement et serein, comment pouvons nous accepter, accueillir ,tel qu’elles sont, la souffrance, la tristesse, la joie ……. ? Nous serons, alors, à coté de l’instant avec son lot de blessures et d’ignorances ! Dans notre impatience, nous oublions d’être, simplement Être ! Cela n’est pas se figer dans quoi que ce soit, mais au contraire avancer humblement, observer, réfléchir, apprendre, comprendre sans autre forme de procès que de s’abandonner à cela, s’abandonner à Être ! C’est, en cela , notre bagage essentiel sur la route qui nous mènera, peut être, vers le bonheur éveillé !

Philippe De Frémontpré

Bienveillance.

Bienveillance !

«  Être bienveillant,c’est quitter la méfiance ! »

Alexandre Jollien

Oh, oui! Quitter la méfiance ! Oser, courageusement et avec joie l’accueil de soi et prendre le chemin en laissant sur le bas de la route, à priori, préjugés, jugements hâtifs, violences et haines.Mais aussi, toutes ces barrières que l’on dresse en conscience ou non , entre nous et l’autre !

Certains diront : « compte tenu des circonstances actuelles, il faut se méfier de tout et de tous ! »Mais, quand on fait le choix de la pratique, de la vigilance et de l’attention, on peut répondre comme le ferait Alexandre Jollien «  c’est le bordel, mais tout va bien ! » Bien sur cette citation humoristique ne résous rien , quoi que ! Oui quoi que !!!

Si l’on quitte la méfiance, oser l’observation juste permet , face à des circonstances difficiles, parfois incompréhensibles, de les aborder non pas en ennemi ou en militant, forcené , mais en apprenti en quête d’équilibre, de joie et de bonheur. Il y a dans cette attitude plus de compassion et d’amour , plus de remèdes que le ciel ne peut en contenir.

Si notre souhait, le plus précieux, est le bonheur de tous les êtres……Dés cet instant, quittons la méfiance !

 

Philippe De Frémontpré

Liberté.

Liberté !

Nous parlons de liberté, souvent, voire très souvent.Nous en parlons comme le Nirvana en toutes choses, le summum de ….. ? en fait de quoi exactement ?

Le Larousse, version internet, donne pas moins de 13 définitions différentes, qui s’apparentent plus à des types particuliers de libertés ( liberté de penser , de la presse , de choix , d’entreprendre etc…..)

Mais revenons à l’origine, c’est à dire à se poser cette question , pourquoi les êtres humains ont ils eu ce besoin de faire naitre ce mot ? Mon ancien professeur de français , décédé il y a un quinzaine d’années, avait cette réponse : « Nous avons en nous quelque chose qui va au delà de ce besoin , c’est simplement la joie d’Être ! Cette joie n’est en rien une naïveté béate, elle signifie , humblement que notre attachement à toutes choses n’est plus nous permettant d’accéder à la meilleur part de la connaissance pour l’autre et à cause de l’autre ! » Il conclua son cour par ces mots «  Il n’est nul besoin d’épeler, de scander ce mot liberté qui est , trop souvent, la source d’affrontement et de haine. La joie inconditionnelle est un remède si puissant que passé la porte de la classe vous allez rire de mes mots, mais surtout les observer d’une façon joyeuse ! »

Qu’en pensez vous ?

 

Philippe De Frémontpré

S’abstenir de juger !

S’abstenir de juger !

S’abstenir de juger ! N’est ce pas « Mission impossible » ?

Il y a ,dans celui qui doute, la flamme plus ou moins vacillante de l’impartialité. En effet, n’est il pas , consciemment ou inconsciemment , un découvreur de diversités, un observateur, parfois maladroit, de la face cachée d’une pièce , l’avocat débutant commis d’office? Oui, la flamme, que dis-je la flammèche de l’impartialité vacille ! Ce feu intense qui devrait éclairer toute pensée, toute parole, tout acte s’éteint doucement aux souffles de nos illusions , de nos peurs.Bien des brasiers, même les plus modestes, s’alimentent du déséquilibre, combustible indispensable, croyons-nous, à la «  manifestation de nos vérités ! »

Nous avons , toutes et tous, en nos expériences ces mots et ces actes, où pensant détenir la vérité, nous hurlions à tous les vents cette affirmation claire qui ne pouvait qu’être la bonne. Mais il suffit qu’Éole, en une brise , aussi soudaine que bienveillante, nous dévoile l’envers du décor, pour que notre superbe rougisse de cette déconvenue.

Oui, le bleu est bleu, mais si nous n’osons pas, avec vigilance et attention , observer les nuances qui s’offrent à nous, les accepter tel qu’elles sont , sans naïveté, nous ne serons que de pitoyables procureurs et tout , alors, sera d’un bleu unique ! C’est au delà de nos peurs, en l’audace du doute ,en la volonté bienveillante d’un esprit serein que l’impartialité réchauffera cette joie que nous avons oublier au profond du profond de nous même ! Douter n’est pas un gros mot, ce n’est pas se mettre de coté , c’est se poser un instant pour observer ,réfléchir apprendre, comprendre. Quand au bout de ce cheminement, la flamme grandit, quelle joie, quelle bonheur ! Elle est là , la mission de tous les possibles !

 

Philipe De Frémontpré

Bien faire !

«  Bien faire et se tenir en joie ! »

Spinoza

C’est au cœur à cœur que nous devons aspirer ! Pourquoi se priver de la joie immense de cheminer, ensemble , pour façonner un remède à la souffrance ! Que l’on m’explique !

Nos différences physiques, intellectuelles, spirituelles sont cet assemblage unique où l’humanisme, dans ce qu’il a de plus noble, de plus audacieux, de plus partagé en son authenticité, est le ciment . Nous avons, toutes et tous, cette ambition, au profond du profond de nous même, de regarder le monde avec émerveillement, mais surtout d’y faire entrer ces bouffées de joies pour l’autre et à cause de l’autre. Comment ne pas avoir cette conviction ?

Aurions-nous peur , de nous même où de cette sainte image que nous construisons, non pas pour être l’Autre humblement, mais comme les autres, bref faire taire notre différence ? Observons-la cette image ! Préjugés, comparaison, emprisonnement dans le regard d’autrui,violences, déséquilibre permanent, pessimisme, jalousie ….. en un mots : souffrances !

C’est alors, qu’au lieu de nous atteler à cette merveilleuse tache d’Être tout simplement pour l’autre et à cause de l’autre, nous entrons, bien souvent, en conscience dans le jugement, la condamnation, la haine ! Un chemin que je définirai comme ceci ( merci à Kafka auquel j’emprunte et modifie ses mots) :

«  La haine est un prodigieux manque d’imagination ! »

Philippe De Frémontpré

Apprentissage

Bonjour à toutes et à tous,

Ne pas être la maladie ! Ces mots ont été pour moi une révélation, j’ai eu beaucoup de joie à les méditer, à les partager, à les vivre ! Oui beaucoup de joie !

En dedans les murs blancs de ma chambre, bien sur, la souffrance était là , les remèdes ne sont pas anodins. Mais il y avait cette petite phrase, vous savez , comme le tournoiement du morceau de bois sur les bords d’un bol tibétain, à la fois apaisants et attentionnés. Ce son particulier m’emmenait en la réalité de l’acceptation de la souffrance, mais aussi au delà, là où la joie s’impose avec compassion et sagesse. Je compris que ce mal n’était qu’une compagne de voyage plus ou moins encombrante. Il ne fallait pas l’ignorer, ou mettre ses pas dans les siens, mais juste l’observer, l’appréhender pour ce qu’elle est ni plus, ni moins ! «  si il y a une remède pourquoi s’inquiéter ….. vous connaissez tous cette citation !

Peu à peu , la joie prenait le dessus et la partager aux gré des jours et de mes séjours hospitaliers avec mes proches, le personnel médical me parut essentiel autant pour moi que pour eux , et je dirai même plus pour eux ! Quoi de plus merveilleux que de rire, avec ses enfants voyant un matin mon crane complétement chauve, quoi de plus revigorant que d’accrocher un sourire sur le visage d’une aide soignante dont le fils pose problème. Un matin, après une journée d’examens divers et bizarres, un médecin est entré dans ma chambre, m’annonçant , non sans une certaine gravité, ma récidive . Quel fut sa surprise, mais aussi la mienne je l’avoue, quand je l’interrompis par : «  et ? » suivi de «  et vous comment allez vous ce matin ? » tout cela aux dires de l’infirmière avec un large sourire ! Je vous passe les suites de cet entretien, mais j’en garde, malgré les circonstances un souvenir joyeux et ce fut pour moi un vrai et puissant apprentissage .

Je ris ! Tout cela pour vous dire : «  Osez la joie ! »

Philippe De Frémontpré

La discussion

à VB, à son inestimable courage !

La discussion.

Il y a peu, dans un dialogue écrit, mon interlocuteur fit allusion à «  ma peur ». En ce domaine, je ne sais pas grand chose, j’observe et j’apprends ! Chaque jour, mon pas se pose sur le chemin avec la bienveillance, la curiosité de l’apprenti, mais aussi avec cette crainte de trébucher.

Chaque pas, chaque mot, chaque acte ne sont que des propositions soumises à l’observation , à la réflexion de l’esprit et par là même à la discussion. De cette démarche, il arrive , parfois que l’émotion franchisse la frontière invisible menant à une souffrance étrangère.La peur ou plutôt les peurs peuvent, alors s’installer en moi comme en chacun d’entre nous ! La vigilance, l’attention sont , alors, les merveilleux outils indispensables pour Être , soi même et non cette souffrance !

La peur n’est elle pas le meilleur des apprentissage, quand elle nous propose, à ses dépens, la noble compassion ?

Philippe De Frémontpré

Un monde juste

Un monde juste

Une étoile, fut elle la plus scintillante, ne fait pas la voute céleste. Un grain de sable, fut il le plus rond, le plus poli par les flots, ne fait pas une plage. Une fleur, fut elle aux multiples couleurs, ne fait pas une prairie. Un sage, fut il des plus érudits, ne fait pas l’humanité !

L’équilibre , le juste et noble équilibre se nourrit de nos différences. Comme les étoiles additionnent leurs clartés pour dessiner nos voyages, comme ces gros rochers roulant jusqu’à la mer pour devenir le compagnon de nos douces paresses, comme ces grappes de jaune, de bleu ou de rouge se mariant au tapis vert en une belle saison, il ne peut y avoir d’humanité sans l’autre ! Quel que soit l’angle, quel que soit la facette, l’autre reste la seule cause à défendre .

Être vrai , au plus profond du profond de nous mêmes, se résume à cela : L’autre est la seule cause à défendre .

Osons cette noble observation, osons cette noble réflexion, osons l’acte juste pour un monde juste , rien de plus, rien de moins !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

Lettre à mon frére

Lettre à mon frère

Cher Philippe,

Il m’a fallu un peu de temps pour ouvrir votre lettre. Elle est restée là, appuyée sur l’encrier de mon bureau.Vous allez rire, nous nous regardions en une attente complice , essayant, elle ,de cacher vos mots et moi de les deviner! Puis un soir , la nuit se posait, sans autre raison que celle qui me rapproche de vous , je pris vos feuillets pour commencer ma lecture . Vous me permettrez de vous répondre, un peu plus tard , par une autre une lettre !

Il me faut , d’abord, vous donner des nouvelles de Frémontpré. Une tempête s’est abattue sur le bourg et la maison , il y a quelques jours. Il n’y a pas de victimes, ni de blessés, ce fut violent et soudain. On ne compte plus les arbres déracinés et les clôtures arrachées. La maison de Matthieu a perdu tout un pan de mur, laissant , ainsi tous ses biens aux bons plaisirs du vent et de la pluie.Je l’ai recueilli le temps des réparations, qu’il a entrepris, immédiatement, malgré le danger. Le clocher de l’église a été emporté, sans trop de dommage pour la charpente, selon Ivan Malgré de terribles conditions, il est parvenu à poser une bâche sur le toit . Vous le savez, c’est un casse-cou, vous faisiez la paire du village ! Frère Paul et les élèves du collège organisèrent la préparation de repas chauds au réfectoire. Ce fut un soulagement pour beaucoup et un moment de vrai partage. Les entraides se composèrent, les taches se distribuèrent en une harmonie qui réchauffa les cœurs et apaisa les esprits ! Pour ma part , j’encadrai une activité dessin et peinture pour les plus petits, où les taches les plus colorées et les plus bizarres se gribouillaient du bout des doigts plus que du pinceau.

La maison a peu souffert, quelques tuiles, deux fenêtres, le kiosque de la terrasse, voilà ce que j’ai pu constaté. Dés que Matthieu sera disponible, nous ferons un état plus précis. Mais ce qui m’attriste le plus, ce sont les chênes, vos chênes !!! Une dizaine sont couchés sur le flanc, laissant une trouée vide dans le parc . Les uns sont déracinés et d’autres sont brisés en deux, cela est impressionnant, plus de cent ans de vie gisant sur le sol détrempé.

Ce spectacle de désolation, mais aussi , le souvenir de vos folles équipées en leurs branches m’ont beaucoup affectées, je sais votre attachement pour ces grands arbres. Je ris , encore, de vos postures « chauve -souris, la tête en bas, le visage écarlate, au bord de l’asphyxie De vos longues absences silencieuses, assis sur une branche, en un équilibre magnifique, les yeux en ce ciel, où j’avais cette sensation que vous aspiriez la vie.

A écrire , cela , l’émotion me gagne, se mêlant à mon sourire, qui je l’espère ,voguera vers vous !

Prenez soin de vous , mon très cher frère, faite le bonjour à Ayako qui me tarde de connaitre.

Je vous embrasse tendrement

Marie-Louise.

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