Paysages .



« Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t’entoure. »

Pensée Navajos


Paysages

Au-delà du choix des mots, il y a les actes,
Les uns suivent les autres.
Qu’est ce que tout cela, sans la réflexion ?

La colère, l’injustice, l’émotion,
Dessinent notre image.
Certains, non sans talents,
Prônent leurs réalités, comme certitudes.
D’autres, laissent au silence,
Le soin d’hisser, une neutralité confortable.
Rien, dans ces attitudes, ne peut être blâmé !
Ces alternatives émanent d’êtres humains,
Et, à ce titre, sont respectables.

Derrière ces traits, plus ou moins affinés,
Un monde se crée !
Fait d’acceptations ou de rejets,
D’indifférences, d’engagements,
Ces paysages ne sont que les reflets
De nos ressentis de l’instant.
Trop souvent, les mots cèdent à l’immédiat,
Oubliant que leurs arabesques
Doivent prendre le temps,
De pleins et déliés mûris et raisonnés.

Au-delà du choix des mots, il y a la liberté,
Celle revendiquant en chacun, une part de la création,
Et l’apprentissage en conscience de la réalité de l’autre !

Vincent

Les passés retenus.


Les passés retenus

De retour de mémoires, je me suis assis,
Gorgé de songes de passés retenus.
Là, je regarde ma vie,
Les hier d’un coté, les demains de l’autre.
Je n’étais qu’un enfant de rien,
Celui que l’on toise, pour le mépriser en silence.
Je n’étais qu’un enfant d’ailleurs,
Celui que l’on soumet plus que l’on admet.

Ce n’était qu’une maison, mais pour moi un château.
Trois étages de pierres brutes, aux larges fenêtres, aux vitraux éclatants.
Là-haut, sous les combles, notre chambre et sa petite lucarne,
Discrète, presque secrète.
Le matin, aux premières lueurs, on y dominait le monde,
La nuit, juste avant le sommeil, on murmurait aux étoiles,
Pour s’endormir doucement, le ciel en confidences.
De petits cailloux blancs marquaient la terrasse
Et l’on sentait la rigueur dans ces allées sans courbes,
Ou même le gravier semblait avoir été compter.
Milles fleurs en massifs imposants, donnaient de la couleur,
A la vieille bâtisse.
Une pelouse coupée rase s’enfuyait sous les arbres,
En de petites touches d’herbes folles.
Un parc boisé, d’essences rares et rustiques,
S’étendait au-delà de mes aventures.
Des chênes centenaires contaient aux vents,
Les légendes d’une forêt disparue.
Dans les buissons, quelques embuscades de garnements braillards
Attendaient, sagement, une belle après midi d’été.

A quelques pas de là, une maison de verre étincelée,
Véritable bijou aux aretes polies , planté au milieu de cette verdure.
Aux grandes chaleurs,
Quelques panneaux de verre s’ouvraient, comme pour mieux respirer !
La serre ! Lieu magique, lieu mystérieux, lieu scientifique.
Monsieur de Fémontpré y régnait en maître.
Devançant le soleil chaque matin, il y avait ses habitudes.
Ses discours enflammés et ses colères noires.
A la tombée du jour, quand la nuit à venir, lui semblait sereine,
Monsieur faisait faire son lit au milieu des orchidées
Une vraie passion, faite d’attention, de tendresse, de rupture et d’échecs aussi,
Mais par-dessus tout, de beaucoup d’amour.
Ce fut, pour l’enfant que j’étais, un étrange sentiment,
Où se mêlait la curiosité, une certaine crainte et une vraie admiration.
Ce sentiment, je le compris plus tard, Monsieur, le partagea longtemps.

Il n’était qu’un vieil homme,
De ceux que l’on craint en toute admiration.
Il n’était qu’un vieil homme,
Avec un cœur immense, sous son écorce rude.
Il n’était qu’un vieil homme,
Et aussi mon Grand-père !
Mais, je ne le sus que trop tard !

Vincent

Le silence juste

Le silence juste.

Le paysan apprivoise la rivière,
La laissent libre en cour,
Irriguant ses semences,
Ni trop, ni trop peu !

La pensée va de même,
Jouissant de cette liberté essentielle,
La parole enrichie la connaissance,
Ni trop, ni trop peu !

La pensée s’expose aux émotions,
L’intime y est, alors étranger.
Soumise à nos pulsions charnelles
Intellectuelles, elle n’a de réfléchie
Qu’une surface bien mince,
Perméable à l’éphémère certitude
Ancrée sur le sable.
Nos réalités font assauts d’amabilité,
L’essentiel bat en retraite,
Laissant le champ libre à de primaires affirmations.

Il n’y a là, aucun délit !
La preuve, en fait, d’un apprentissage non abouti,
Où le silence trace le chemin d’une réflexion juste,
Qu’il faut savoir et surtout vouloir suivre.
Ni trop, ni trop peu !

Vincent

Un simple sac.

Un simple sac.



J’ai dans ma besace,

Du pain, un carré d’as,

Un tout p’tit bonheur,

Un fil à couper le beurre,

Une pierre de lune,

Un kilo de prunes,

Une larme de crocodile,

Les plages d’une ile.


Je trimballe mon sac,

De chemins en hamac,

Léger comme un nuage,

Dessiné sur une page.

Dans la poche devant,

Un sourire d’enfant

Cherche à s’échapper

Avec une paire de lacets.


Il y a dans une boite,

Une cigale qui boite,

Attendant la guérison,

A la fin de sa chanson.


Je trimballe mon sac,

De vagues en ressac,

Ballotté en souvenirs,

En pluie et en rires.


Par delà un soufflet,

L’horizon égaré,

S’invente un peu de bleu,

Pour des cœurs amoureux.


Poussant en un éclair,

Une fermeture de fer,

Quelques menus secrets

Au frais, vont respirer.


Je trimballe mon sac,

De montagnes en lacs,

Laissant de sous mes pieds,

Des rêves de papier.


Dans un carnet jaunissant

Au gré de l’humeur du vent,

Bien des mots enlacés,

Se meurent effacés,

Comme de doux reflets,

Par la brise, troublés.

Ils s’accrochent, ma foi,

En une image d’autrefois.


Je trimballe mon sac,

Un simple sac,

Ce n’est pas un fardeau,

Mais juste ce qu’il me faut !


Jusqu’à plus encre.

Musique de film – Sur La Route De Madison



Jusqu’à plus encre !



On a tous, dans le cœur,
Au delà de la raison,
Un visage , un prénom,
Que l’on en peut oublier.


Comment vivre avec ce souvenir?
Ne pouvant être,
Et ne sera jamais,
Que là , sur le papier,
Comme un rêve avorté !


Écrire,
Jusqu’à plus encre !
Ces mots si doux, si tendres,
Que tu ne diras pas !
Et que j’écris , tout bas !


Écrire,
Griffonner, ce bonheur,
Pendant quelques heures,
Comme le temps à suspendre,
Sans rien attendre.


Les mots s’assemblent en une vague ,
Je prends la barre,
Guidant ma plume,
Affrontant  l’écume,
D’une phrase oubliée,
Là , sur le papier !


Je ne peux prétendre,à cette caresse
Océan de tendresse,
Du tout premier baiser,
Timide, maladroit,
Trop vite donné,
Me faisant, pour instant,
Roi !


Entre pleins et déliés,
De ces mots ordinaires,
Trouvés dans un dictionnaire
N’en déplaise à Dieu
A cette ordre morale imbécile
Couché,aux bords de tes yeux,
Je rêves bleu,
Je rêves deux !


Dessinant à chaque lettre,
Les courbes de ton corps
L’abime de ton sourire.


Pourtant,il me faut chaque soir,
A mon grand désespoir,
Te laisser partir !
T’évanouir !
Retrouver ma vie réalité,
Ma vie, banalité !


Mes yeux s’embrument,
Ma bouche pleure,
Ces mots d’amour,
Pour que finisse le jour,
Et que par l’écriture,
Je soigne cette blessure,
Cette souffrance,
Qu’est ton absence !


Et écrire !
Écrire, encore ! !

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