Les trophées de sable.

Les trophées de sables.


Trop d’horizons s’encombrent de mots inutiles,

Reflets pales de certitudes serviles,

Où camouflé, au delà d’un étrange désert,

L’homme, en son intime, à jamais se perd.


L’intime, un monde invisible, secret,

Où s’affronte, la permanence de nos contradictions.

Notre vérité, en forcené,

S’emploie à éteindre le feu de nos illusions.


Dans ce combat, les choix de convenance,

Offrent leurs trophées de sables,

Aux couleurs fragiles de l’apparence,

Parure éphémère d’une fable.


Il est des moments, arrachés au perfide,

Où, le regard, en nous, se fait lucide.

Secondes fragiles côtoyant l’essentiel,

Sans autre humilité que celui du ciel.


Je me laisse, cette liberté là,

de retrouver ces instants à chaque pas!

Vincent

T’embrasser encore…….!

T’embrasser encore !



Quand le ciel disparaît,

En un rêve éclaté,

Quand la brise d’été,

En larmes noyées,

Quand le jour s’éteint

En de lourds chagrins,

Quand la nuit infinie,

En ce noir, sans oubli,

Quand, le silence s’installe,

En un souffle, en un râle,

Quand, se taisent les rimes,

En aveugles des hautes cimes,

Quand la plume trempée,

En une encre, vite séchée,

Quand, le vent ne parle plus,

En son murmure perdu,

Quand, la seconde passée,

En un temps blessé,

Quand se confond l’oubli,

En une vie enfuie,


C’est là, mon amour, mon aimée,

C’est là, ton visage dessinée,

Que je meurs,

J’ai froid, j’ai peur,

Je me maudis,

Je me meurtris,

De ne pas avoir ce pouvoir,

De ne pas avoir ce vouloir,

Pour te rejoindre au delà de la vie,

Pour franchir cet interdit…..


…Juste, pour t’embrasser encore !



Vincent

Vous, mes mains…….!

Vous ,mes mains….!


Sur ton corps allongé, mes mains en une vague,
Les yeux clos par le désir d’une Caresse éffleurée
Elles glissent dans l’équilibre tendre du funambule
Cherchant à sentir le vertige, la sensation ultime
Ou la peur se mélant au plaisir , l’émotion au désir
Le souffle d’une ivresse irréelle calme tes craintes aux portes du bonheur

Ne pas se hater , comme pour retenir la seconde à venir
Respirer aux rythmes de la soie de ta peau
Parcourir à se perdre en tendresse ce fruit défendu
Chaque courbe est une délice infini
Mes mains les dessinent en de douces frayeurs
De n’en oublier aucune, de les oser toutes !

J’envie mes mains, j’envie mes doigts !
Mon esprit cherche le gout d’une de ces caresses
Elle seules savent petites égoistes
Mon regard se perd dans leurs courses
Ne pas les quitter des yeux pour mieux partager ce moment
Mon ame se fond en elles
Mon esprit se dilue en toi
T’appartenir enfin , toujours !
En corps en corps !

Vincent

Une paire de sandales, un bâton de marche, une besace. …….

Une paire de sandales, un bâton de marche, une besace.

Assis à l’écart des chemins,
Il est au-delà du monde,
Il est le monde !

Je me suis approché, curieux de cette posture.
A quelques pas, battée la porte d’une masure,
Comme un tempo donné au silence !
Je le dévisageais, cherchant un signe, une faille.
Des traits ordinaires, une peau lisse, brunie par le soleil.
Ses yeux, d’un bleu pur et clair, apaisèrent mes craintes.
Une bouche, fine, régulière dessinait un sourire de peintre.
Il portait un vêtement de couleur rouge, croisé sur la poitrine.
Une ceinture de toile jaune, nouée sur le devant,
Finissait une tenue simple et austère.
A même le sol, une paire de sandales,
Un bâton de marche, une besace.

Je restais là. guettant une respiration,
Un battement de paupières.
Je me posais mille questions sur cet étrange personnage,
Imaginant mille réponses, toutes farfelues.
Et cette porte qui battait au loin, … exaspérante !
Le soleil prenait, doucement ses quartiers pour la nuit.
La nature se mettait à l’unisson, de ce cœur qui battait,
Peut être ? !!
La fraîcheur soudaine me fit frissonner.
Je pris place à quelques mètres,
Sortis mon carnet, pensant y décrire cet instant.
Mais les mots, ces paresseux, se firent attendre.
Ils me semblèrent, quelque peu timides, ou intrigués.
Cette présence muette ralentissait leurs hardiesses.
Je posais, donc, mon calepin devant moi,
N’ayant pas le courage de les bousculer.
Et cette porte qui battait au loin, … paralysante !

Il me fallait engager la conversion.
Assouvir cette curiosité qui nouait mon estomac.
Mais comment ?
Trouver un prétexte me sembla insurmontable.
Un insecte vint à mon secours.
Une abeille tournoyait au devant de son visage.
Son bourdonnement m’offrait l’occasion idéale.
Et cette porte qui battait au loin, … fatigante !
« Cette abeille ne vous gêne pas ?
Prenez garde qu’elle ne vous pique ! »
Clamai-je en bégayant..
Me tournant vers cette porte qui claquait sans fin
« Ne peux- tu te briser ou faire enfin silence ! »
Criai-je énervé !
« Lève toi et va fermer cette porte, mon amie l’abeille
Me conte sa journée.
Une fois, cela fait assis toi et écoute ! »
l’insecte se posa sur sa main,
Il lui sourit !

Assis à l’écart des chemins,
Il est au-delà du monde,
Il est le monde !

Vincent

Ballade pour ma Belle.

Ballade pour ma belle


Aux delà des flots, ma belle,
Qui peut entendre,
Ces larmes de malheur
Et ce cœur se fendre ?
A l’horizon perdu,
D’un navire qui n’est plus.
Il n’y a plus de capitaine,
Pour combattre tes peines.

Au delà du ciel, ma belle,
Tu parles à une ombre,
Que le soleil fera fondre,
A la nuit rêvée,
Qu’un autre jour,
Qu’un autre amour,
En caresses te fera oublier.

Assise sur le vent, ma belle,
Tes songes courent,
Les mots en bataille.
Ton ventre trésaille,
Mais, au plaisir reste sourd.
Il te faut, encore guerroyer,
Et la tempête affronter.
Chaque jour, son souvenir,
A chaque nuit, son soupir.

Au loin, une ballade irlandaise,
Conte ses plaintes aux vents de la cote.
Aux bords de la falaise,
Tu chantes à la mer, une larme sur chaque note.

N’aie crainte, ma belle
De cette goutte d’eau, sur le sol tombée,
Naîtra un autre été.
Ou la vie, ma rebelle,
T’apportera ses présents,
Et la ballade irlandaise fuira le vent

Vincent

L’olivier.


L’olivier.

Mes pas m’entrainent, loin, par delà les montagnes,
Sur les chemins de Compostelle, cette route au bord de soi.
Le hasard me permit le repos, dans un village sur une colline perché.
Des maisons de tuiles rondes, les unes contre les autres serrées,
Sommeillent.
Derrière leurs volets de bois, à demi-clos,
La fraicheur s’installe pour une courte sieste.
Ce fut, pour moi, un village silence,
Rendant à mon âme, une autre innocence.

Sur la petite place, à l’ombre des platanes,
Pour ne pas réveiller les vielles pierres,
Quelques anciens parlent bas.
Le chant de la fontaine partage leurs doux souvenirs,
Ceux d’avant que la lavande ne fane.
Et l’on respire à pleine larme, l’image floue, de celui qui n’est plus.
Sur la pointe d’une brise, le vent discret traverse les ruelles,
Renouvelant avec largesse, ces senteurs venues de la vallée.
Il suffit, alors de fermer les yeux, de se laisser envahir par l’aïoli,
Délicatement tourné dans le pilon.
Le thym, le romarin faisant la causette aux épices d’ailleurs,
Et ce petit rosé, juste sorti du puits, frais comme la vérité.

Cela peut paraitre banal,
Presque une carte postale.
Mais c’est ainsi que je le découvris, assis au pied d’un olivier.
Je me mis à observer cet arbre.
Son tronc et ses branches noueux,
Torturé par le besoin de grandir, par les saisons d’hier
Et celles de demain.
Parfois lisse, parfois rugueuse, son écorce alliait,
La force et la sagesse des soleils tombants dans la mer bleue,
Des parfums de vendanges ou même les Dieux n’osent s’inviter,
De la chanson de Mistral cherchant son amour d’été.

Une question, soudain me vint.
Quel était cette obstination à donner du fruit ?
Tant de blessures, d’intempéries subies.
Tant de siècles, de nuits noires, de jour sang,
A regarder les hommes déchirer consciencieusement,
Le peu de rêves qu’ils construisent.
Et pourtant !
A chaque saison nouvelle, le fruit est là,
Comme un défi à la déraison !

Dans un dédale de petites rues,
Ou l’ombre fraiche m’accompagnait, je me mis en quête
D’une certaine idée de cette paix muette mais palpable.
Mais personne pour me l’expliquer !
Je revins à l’abri de cet olivier,
Comme soulagé de le retrouver.
Mes yeux se perdirent dans son feuillage.
Des millions de questions s’affrontaient en mon esprit,
Sans trouver la moindre réponse.

Je me souvins, alors de ce vieux moine et de l’abeille,
Un échange improbable irréel.
Je m’endormis, presque sans effort, épuisé de ce monologue.
Là, sans grammaire parfaite, mais en émotions et ressentis,
Appuyé à cet arbre, nous échangions nos espoirs.
A mon réveil, je repris le sentier, différent de la veille,
Et riche de cette rencontre,
De cette rencontre avec la vie !
Oui ! J’ai parlé à un arbre un soir d’été,
Sur cette route au bord de soi !

Vincent

Les collines d’arbres roux.

Les collines d’arbres roux.


Oh ! Ce n’est pas très loin !
Juste derrière la porte.
Sans bagages d’aucunes sortes,
J’aimerai t’y emmener,
Pour un moment, pour une éternité !

Des forets immenses et mystérieuses,
Où, la solitude est presque amoureuse.
Quelques lacs, glissent en reflets d’une eau pure,
Entre des collines d’arbres roux,
Comme une larme de dessus une joue.
Puis se perdent, en murmures au bout de l’azur.
De petits sentiers s’accrochent à ces pentes,
Couvrant de mille feuilles les randonnées amantes.
Le secret des bois est, ainsi préservé,
Comme un tendre baiser au milieu d’un palais.

Là, à quelques pas de la rive,
Sous des chênes centenaires,
Une petite maison de bois.
Quelques rondins serrés, de petites fenêtres,
Un toit de chaume que le mousse verdi,
Sur le coté, des bûches coupées sous l’appentis,
Et un fagot de brindilles de bouleau ou de hêtre.
Au devant, une étroite véranda,
Je m’y attarde, prisonnier de la beauté des lieux.
Chaque saison a ses tons merveilleux,
Des pastelles d’un automne, aux senteurs particulières,
D’une douce matinée printanière,
Mes songes s’envolent et dérivent,
Frôlant de biens hautes cimes,
Pour fondre en ribambelles de rimes,
Sur les pages blanches et apeurées,
D’un cahier d’écolier.

Au jour tombé, la lumière vacille et hésite.
Je me retire en amertume,
Le feu crépite dans la cheminée,
Réchauffant sans égards ma solitude.
Le silence se fait.
Le vent, me fait, alors une visite.
Il me raconte des histoires,
Celles de l’autre coté de l’espoir.
Il me plait, soudain de croire en ta présence,
Le souffle court au bord de l’indécence.
Mes mains pleurent ton absence,
Mes baisers se perdent en impatience.
Le silence se tait.

La brise s’enfuit.
Dans les nuages du matin.
Le bleu, le gris en nuances satin,
Chiffonne la nuit à peine finie.

Ouais, je t’emmènerai là-bas !

Vincent

En dedans les murs.


En dedans les murs.

En dedans les murs,
A l’abri des certitudes,
Se pose le temps,
Un silence de vérités.

En dedans les murs,
Sans mots à l’écorce rude,
Se pose le temps,
Un écho de sérénité.

En dedans les murs,
Sans horizons, sans latitudes,
Se pose le temps,
Un océan de pensées.

En dedans les murs,
S’évadant de tristes servitudes,
Se pose le temps,
Affranchi de fausses libertés.

En dedans les murs,
Hauts et froids,
Aux tuiles rouges sur le toit,
Cernés de jardins rigoureux,
D’arbres encore frileux,
Les pas se font prudence,
Cherchant en alternance,
Sur la pierre grise,
L’équilibre d’une émotion,
Le pardon d’une méprise,
Le chemin de la compassion.

En dedans les murs,
Quand le ciel fait place,
A une nuit de solitude,
Le sommeil se lasse,
Et force l’habitude,
Pour un autre voyage,
Au large des écueils,
D’un passé sans pages,
D’un si présent recueil.

En dedans les murs,
Dans l’ignorance,
De ce face à face,
Où l’on apaise l’errance,
Sans miroir, sans glace,
Apprendre,
Comprendre,
En son intime tolérance,
Nait de l’évidence.

En dedans les murs,
La vie s’attarde,
Sans regrets, sans mépris,
Mélodie d’un vieux barde,
Pour un cœur épris.
Vers l’essentiel, sur son chemin,
L’humanité arpente son destin !

Vincent

A l’heure, où la lumière s’absente,


A l’heure, où la lumière s’absente,


Un soir d’été, je me suis égaré en solitude.
Mes pas m’emmenèrent hors de mes habitudes.

Mes pensées étaient ailleurs,
S’éloignant, peu à peu, de mes frayeurs.
Dans la chaleur douce, d’une saison finissante,
Les couleurs en nuances avaient une vertu apaisante.
Un dégradé de rouge à l’orangé,
Donnait à l’horizon, un soleil éclaté.
Une brise tiède, déposait sur son passage,
De senteurs venues d’au-delà de la plage.

Au détour d’une brume nonchalante,
A l’heure, où la lumière s’absente,
Dans un regard sans but, cherchant un hasard,
Une silhouette sans visage s’égare.
Mes mots s’interrogent sur cette étrange vision,
Dessinent ils, juste, une simple illusion ?

Un soir d’été, je me suis égaré en solitude.
Mes pas m’emmenèrent hors de mes habitudes.

Le souffle court, le cœur battant fort,
Au devant de cette inconnue, quand se précise son corps.
Une robe de dentelles, ceinturée à la taille,
D’un ruban de couleur, sans autre détails.
Des cheveux se posant sur l’épaule dénudée,
En vague blonde, aux reflets parsemés.
Puis, des yeux si purs, d’un bleu cristallin,
Mais comme tristesse dans leurs dessins.

Au croisé de nos silences, aux chemins ralentis,
Le temps ouvrit une lucarne de vie.
Un instant éphémère où se perd l’incompris,
Dans un étrange désir que l’on veut infini.
L’oubli devient maître de l’espace,
Où une émotion indéfinissable passe.
Il suffirait de peu, qu’il ne fut prolongé,
Par un touché, un mot, pour une éternité !

Un soir d’été, je me suis égaré en solitude.
Mes pas m’emmenèrent hors de mes habitudes.

Vincent

Coupable !


Coupable !


Admirable !
Ironiquement admirable,
Cette faculté humaine,cet intellect poubelle,
Cette quête, presque intemporelle,
Qui, pour certains, est une raison de vivre,
Comme, le manger et le boire,
Comme, ne pouvoir respirer que le désespoir.
Se dégager d’erreurs à venir,
Se laver le mains à en être ivre !

Coupable !
Il faut, absolument, un coupable !
Mais, cela ne peut être moi !
Une évidence, cela va de soi !

C’est, ce que je fais maintenant,
Me direz-vous, la plume entre les dents ?
j’en accepte l’augure,
et même une baffe sur la figure.
Mes mots ne revendiquent aucune virginité,
Simplement de voir, au delà du bout de mon nez !

Nous dépensons, chaque jour,
Une énergie, faisant pâlir un four.
De tortueuses démonstrations,
Des analyses pertinentes,
Au bord de la sainte révolution,
argumentées et évidentes,
S’organisent en nos pensées,
Juste pour nous dédouaner,
D’une égoïste assertion :
«  Je ne suis coupable de rien,
Ce monde est le tien ! »

Quand, nos choix virent à l’impasse,
Quand, nos yeux se ferment et passent,
Commencent, alors, notre recherche de l’inculpé.
Mais, il ne nous suffit pas de le trouver,
C’est, en de simplistes argumentaires,
Que nos consciences faisons taire.
Il ne peut être question de nos responsabilités,
en partiel ou en pointillé,
Car, de vous à moi,
Nous détenons la vérité !
Et cela de bonne foi,
Même nos mensonges en sont persuader!

Coupable !
Il faut, absolument, un coupable !
Mais, cela ne peut être moi !
Une évidence, cela va de soi !

Vincent

Haut de Page