Horizons abimés.

Horizons abîmés.



Elle a peur du jour,

N’étant qu’un retour,

D’heures fatiguées,

D’horizons abîmés !

Lassée de saisons,

Modelées à façon,

Où rien n’est différent,

Dans la course du vent.


Elle a peur du jour,

Du temps, un peu sourd,

Aux murmures hurlés,

D’étranges baisers.

D’une tendresse en pluie,

Qui ruisselle et fuie.

Gloires et peines,

Traînent leurs chaînes.


Elle a peur du jour,

Trait de lumière si court,

Couleurs brûlant les yeux,

Éphémères pas de deux,

Glissant dans la brume,

En une danse posthume,

Où les mots en absence,

Affrontent le silence.



Vincent

Une lucarne d’absence.

Une lucarne d’absence.


Sur la digue, où le vent de l’est choisit de s’installer,

Contournant les abris, en rafales rieuses,

Où le soleil s’amuse à flatter les plus belles.

Se croisent des silhouettes, fouillant le regard.


En silence, ces vies anonymes,

Scrutent l’horizon à la recherche d’un rêve,

D’un nuage inconnu qui les emmènera.

Le temps les a figé en tristes marionnettes,

Pantins, malgré eux, dans un monde, malgré tout!


Chaque pas cache une larme,

Que le destin colore d’une étrange compassion.

Se reprochant l’espoir de leurs indécisions,

Ils arborent en souffrances, un paraître glacé.

Ils s’attardent sur ce qu’ils furent,

En la foulée alerte, d’un corps si bien modelé,

Ils évitent ce qu’ils seront,

En la toute vieille assise sur un banc.


Il s’attablent, souvent, pour oublier de vivre,

Les yeux dans le lointain, juste encore un instant.

Les mots, les rires partagés semblent croire,

A un bonheur fané, comme un pauvre dessin,

Aux couleurs délavées.

Une lucarne d’absence à portée de pensées,

Soigne, tant bien que mal, un misérable ennui.


Sur la digue, où le vent de l’est, passe son chemin,

La vie se contemple dans ses soupirs.


Vincent

L’entre mondes


L’entre mondes.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde

Cet univers c’est le tien,
Pas encore le mien.
Voyageur imprudent,
Je t’accompagne comme un enfant,
Impatient et dissipé,
Pour découvrir cette contrée.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde.

Ferme les yeux, j’ouvre la porte.
Tes rêves t’attendent, en cohortes.
Comme des gouttes de musique,
Les étoiles, en une pluie magique,
Illumineront ton chemin,
Si par mégarde, tu perdais ma main.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde.

Des mots aux couleurs enivrantes,
Berceront nos âmes en partance.
Pour le plaisir d’une rime, d’un vers
Nous aurons l’audace d’un été en hiver.
Nous volerons,alors, un peu de paresse,
Comme un ultime aveu, une faiblesse.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde.

Perdu en amour, je laisserai au plaisir,
Le choix des désirs et des armes.
C’est là, vaincu par tes charmes,
Qu’enfin, je brûlerai mes souvenirs.
Je fermerai les yeux et ouvrirai la porte
A d’autres rêves, les miens, les nôtres.

Je t’emmène, dans l’entre mondes
Ou avec toi, je renais à chaque seconde.

Vincent

Pour une larme………

Pour une larme……



Je te tiens, dans mes bras,

Petite goutte de vie,

Je te tiens, dans mes bras,

Et soudain, tu souris,

Je te tiens, dans mes bras,

Un frisson m’envahit,

Je te tiens, dans mes bras,

Et, j’ai peur de la nuit!


Il est un age, mon enfant,

Où, le chemin est différent,

A l’horizon approché,

Du bout des doigts touché.

L’inconnu n’est plus rêve,

Il avance, sans trêve,

Pressant le pas, parfois,


Pour une larme de toi !

Je te tiens, par la main,

Petite fleur de vie,

Je te tiens, par la main,

Et, je ne t’ai pas tout dit,

Je te tiens, par la main,

Mon angoisse grandit,

Je te tiens, par la main,

Et j’ai peur de la nuit!

Il est un age, mon enfant

Où, mes cheveux, couleurs argent,

Sur mes épaules abandonnés,

Comme feuilles, en automne, tombées.


Un hiver ouvre sa porte,

Dans un silence d’une autre sorte,

Il fait, si noir, parfois,

Pour une larme de toi !

Tu me tiens, par le bras,

Petite fille, si jolie,

Tu me tiens, par le bras,

Et me quitte l’ennui

Tu me tiens, par le bras,

Pour un instant de répits,


Tu me tiens, par le bras,

Et j’ai peur de la nuit!

Il est un age, mon Papy,

J’ai, tant besoin de toi ici,

Pour me conter des histoires,

Celles de ton vieux tiroir,

Celles de quand, j’étais enfant,

Un vrai bonheur, ces instants,

Et au son de ta voix,

Reste, une larme de moi !


Vincent


Les trophées de sable.

Les trophées de sables.


Trop d’horizons s’encombrent de mots inutiles,

Reflets pales de certitudes serviles,

Où camouflé, au delà d’un étrange désert,

L’homme, en son intime, à jamais se perd.


L’intime, un monde invisible, secret,

Où s’affronte, la permanence de nos contradictions.

Notre vérité, en forcené,

S’emploie à éteindre le feu de nos illusions.


Dans ce combat, les choix de convenance,

Offrent leurs trophées de sables,

Aux couleurs fragiles de l’apparence,

Parure éphémère d’une fable.


Il est des moments, arrachés au perfide,

Où, le regard, en nous, se fait lucide.

Secondes fragiles côtoyant l’essentiel,

Sans autre humilité que celui du ciel.


Je me laisse, cette liberté là,

de retrouver ces instants à chaque pas!

Vincent

T’embrasser encore…….!

T’embrasser encore !



Quand le ciel disparaît,

En un rêve éclaté,

Quand la brise d’été,

En larmes noyées,

Quand le jour s’éteint

En de lourds chagrins,

Quand la nuit infinie,

En ce noir, sans oubli,

Quand, le silence s’installe,

En un souffle, en un râle,

Quand, se taisent les rimes,

En aveugles des hautes cimes,

Quand la plume trempée,

En une encre, vite séchée,

Quand, le vent ne parle plus,

En son murmure perdu,

Quand, la seconde passée,

En un temps blessé,

Quand se confond l’oubli,

En une vie enfuie,


C’est là, mon amour, mon aimée,

C’est là, ton visage dessinée,

Que je meurs,

J’ai froid, j’ai peur,

Je me maudis,

Je me meurtris,

De ne pas avoir ce pouvoir,

De ne pas avoir ce vouloir,

Pour te rejoindre au delà de la vie,

Pour franchir cet interdit…..


…Juste, pour t’embrasser encore !



Vincent

Vous, mes mains…….!

Vous ,mes mains….!


Sur ton corps allongé, mes mains en une vague,
Les yeux clos par le désir d’une Caresse éffleurée
Elles glissent dans l’équilibre tendre du funambule
Cherchant à sentir le vertige, la sensation ultime
Ou la peur se mélant au plaisir , l’émotion au désir
Le souffle d’une ivresse irréelle calme tes craintes aux portes du bonheur

Ne pas se hater , comme pour retenir la seconde à venir
Respirer aux rythmes de la soie de ta peau
Parcourir à se perdre en tendresse ce fruit défendu
Chaque courbe est une délice infini
Mes mains les dessinent en de douces frayeurs
De n’en oublier aucune, de les oser toutes !

J’envie mes mains, j’envie mes doigts !
Mon esprit cherche le gout d’une de ces caresses
Elle seules savent petites égoistes
Mon regard se perd dans leurs courses
Ne pas les quitter des yeux pour mieux partager ce moment
Mon ame se fond en elles
Mon esprit se dilue en toi
T’appartenir enfin , toujours !
En corps en corps !

Vincent

Une paire de sandales, un bâton de marche, une besace. …….

Une paire de sandales, un bâton de marche, une besace.

Assis à l’écart des chemins,
Il est au-delà du monde,
Il est le monde !

Je me suis approché, curieux de cette posture.
A quelques pas, battée la porte d’une masure,
Comme un tempo donné au silence !
Je le dévisageais, cherchant un signe, une faille.
Des traits ordinaires, une peau lisse, brunie par le soleil.
Ses yeux, d’un bleu pur et clair, apaisèrent mes craintes.
Une bouche, fine, régulière dessinait un sourire de peintre.
Il portait un vêtement de couleur rouge, croisé sur la poitrine.
Une ceinture de toile jaune, nouée sur le devant,
Finissait une tenue simple et austère.
A même le sol, une paire de sandales,
Un bâton de marche, une besace.

Je restais là. guettant une respiration,
Un battement de paupières.
Je me posais mille questions sur cet étrange personnage,
Imaginant mille réponses, toutes farfelues.
Et cette porte qui battait au loin, … exaspérante !
Le soleil prenait, doucement ses quartiers pour la nuit.
La nature se mettait à l’unisson, de ce cœur qui battait,
Peut être ? !!
La fraîcheur soudaine me fit frissonner.
Je pris place à quelques mètres,
Sortis mon carnet, pensant y décrire cet instant.
Mais les mots, ces paresseux, se firent attendre.
Ils me semblèrent, quelque peu timides, ou intrigués.
Cette présence muette ralentissait leurs hardiesses.
Je posais, donc, mon calepin devant moi,
N’ayant pas le courage de les bousculer.
Et cette porte qui battait au loin, … paralysante !

Il me fallait engager la conversion.
Assouvir cette curiosité qui nouait mon estomac.
Mais comment ?
Trouver un prétexte me sembla insurmontable.
Un insecte vint à mon secours.
Une abeille tournoyait au devant de son visage.
Son bourdonnement m’offrait l’occasion idéale.
Et cette porte qui battait au loin, … fatigante !
« Cette abeille ne vous gêne pas ?
Prenez garde qu’elle ne vous pique ! »
Clamai-je en bégayant..
Me tournant vers cette porte qui claquait sans fin
« Ne peux- tu te briser ou faire enfin silence ! »
Criai-je énervé !
« Lève toi et va fermer cette porte, mon amie l’abeille
Me conte sa journée.
Une fois, cela fait assis toi et écoute ! »
l’insecte se posa sur sa main,
Il lui sourit !

Assis à l’écart des chemins,
Il est au-delà du monde,
Il est le monde !

Vincent

Ballade pour ma Belle.

Ballade pour ma belle


Aux delà des flots, ma belle,
Qui peut entendre,
Ces larmes de malheur
Et ce cœur se fendre ?
A l’horizon perdu,
D’un navire qui n’est plus.
Il n’y a plus de capitaine,
Pour combattre tes peines.

Au delà du ciel, ma belle,
Tu parles à une ombre,
Que le soleil fera fondre,
A la nuit rêvée,
Qu’un autre jour,
Qu’un autre amour,
En caresses te fera oublier.

Assise sur le vent, ma belle,
Tes songes courent,
Les mots en bataille.
Ton ventre trésaille,
Mais, au plaisir reste sourd.
Il te faut, encore guerroyer,
Et la tempête affronter.
Chaque jour, son souvenir,
A chaque nuit, son soupir.

Au loin, une ballade irlandaise,
Conte ses plaintes aux vents de la cote.
Aux bords de la falaise,
Tu chantes à la mer, une larme sur chaque note.

N’aie crainte, ma belle
De cette goutte d’eau, sur le sol tombée,
Naîtra un autre été.
Ou la vie, ma rebelle,
T’apportera ses présents,
Et la ballade irlandaise fuira le vent

Vincent

L’olivier.


L’olivier.

Mes pas m’entrainent, loin, par delà les montagnes,
Sur les chemins de Compostelle, cette route au bord de soi.
Le hasard me permit le repos, dans un village sur une colline perché.
Des maisons de tuiles rondes, les unes contre les autres serrées,
Sommeillent.
Derrière leurs volets de bois, à demi-clos,
La fraicheur s’installe pour une courte sieste.
Ce fut, pour moi, un village silence,
Rendant à mon âme, une autre innocence.

Sur la petite place, à l’ombre des platanes,
Pour ne pas réveiller les vielles pierres,
Quelques anciens parlent bas.
Le chant de la fontaine partage leurs doux souvenirs,
Ceux d’avant que la lavande ne fane.
Et l’on respire à pleine larme, l’image floue, de celui qui n’est plus.
Sur la pointe d’une brise, le vent discret traverse les ruelles,
Renouvelant avec largesse, ces senteurs venues de la vallée.
Il suffit, alors de fermer les yeux, de se laisser envahir par l’aïoli,
Délicatement tourné dans le pilon.
Le thym, le romarin faisant la causette aux épices d’ailleurs,
Et ce petit rosé, juste sorti du puits, frais comme la vérité.

Cela peut paraitre banal,
Presque une carte postale.
Mais c’est ainsi que je le découvris, assis au pied d’un olivier.
Je me mis à observer cet arbre.
Son tronc et ses branches noueux,
Torturé par le besoin de grandir, par les saisons d’hier
Et celles de demain.
Parfois lisse, parfois rugueuse, son écorce alliait,
La force et la sagesse des soleils tombants dans la mer bleue,
Des parfums de vendanges ou même les Dieux n’osent s’inviter,
De la chanson de Mistral cherchant son amour d’été.

Une question, soudain me vint.
Quel était cette obstination à donner du fruit ?
Tant de blessures, d’intempéries subies.
Tant de siècles, de nuits noires, de jour sang,
A regarder les hommes déchirer consciencieusement,
Le peu de rêves qu’ils construisent.
Et pourtant !
A chaque saison nouvelle, le fruit est là,
Comme un défi à la déraison !

Dans un dédale de petites rues,
Ou l’ombre fraiche m’accompagnait, je me mis en quête
D’une certaine idée de cette paix muette mais palpable.
Mais personne pour me l’expliquer !
Je revins à l’abri de cet olivier,
Comme soulagé de le retrouver.
Mes yeux se perdirent dans son feuillage.
Des millions de questions s’affrontaient en mon esprit,
Sans trouver la moindre réponse.

Je me souvins, alors de ce vieux moine et de l’abeille,
Un échange improbable irréel.
Je m’endormis, presque sans effort, épuisé de ce monologue.
Là, sans grammaire parfaite, mais en émotions et ressentis,
Appuyé à cet arbre, nous échangions nos espoirs.
A mon réveil, je repris le sentier, différent de la veille,
Et riche de cette rencontre,
De cette rencontre avec la vie !
Oui ! J’ai parlé à un arbre un soir d’été,
Sur cette route au bord de soi !

Vincent

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