Le silence juste

Le silence juste.

Le paysan apprivoise la rivière,
La laissent libre en cour,
Irriguant ses semences,
Ni trop, ni trop peu !

La pensée va de même,
Jouissant de cette liberté essentielle,
La parole enrichie la connaissance,
Ni trop, ni trop peu !

La pensée s’expose aux émotions,
L’intime y est, alors étranger.
Soumise à nos pulsions charnelles
Intellectuelles, elle n’a de réfléchie
Qu’une surface bien mince,
Perméable à l’éphémère certitude
Ancrée sur le sable.
Nos réalités font assauts d’amabilité,
L’essentiel bat en retraite,
Laissant le champ libre à de primaires affirmations.

Il n’y a là, aucun délit !
La preuve, en fait, d’un apprentissage non abouti,
Où le silence trace le chemin d’une réflexion juste,
Qu’il faut savoir et surtout vouloir suivre.
Ni trop, ni trop peu !

Vincent

Un simple sac.

Un simple sac.



J’ai dans ma besace,

Du pain, un carré d’as,

Un tout p’tit bonheur,

Un fil à couper le beurre,

Une pierre de lune,

Un kilo de prunes,

Une larme de crocodile,

Les plages d’une ile.


Je trimballe mon sac,

De chemins en hamac,

Léger comme un nuage,

Dessiné sur une page.

Dans la poche devant,

Un sourire d’enfant

Cherche à s’échapper

Avec une paire de lacets.


Il y a dans une boite,

Une cigale qui boite,

Attendant la guérison,

A la fin de sa chanson.


Je trimballe mon sac,

De vagues en ressac,

Ballotté en souvenirs,

En pluie et en rires.


Par delà un soufflet,

L’horizon égaré,

S’invente un peu de bleu,

Pour des cœurs amoureux.


Poussant en un éclair,

Une fermeture de fer,

Quelques menus secrets

Au frais, vont respirer.


Je trimballe mon sac,

De montagnes en lacs,

Laissant de sous mes pieds,

Des rêves de papier.


Dans un carnet jaunissant

Au gré de l’humeur du vent,

Bien des mots enlacés,

Se meurent effacés,

Comme de doux reflets,

Par la brise, troublés.

Ils s’accrochent, ma foi,

En une image d’autrefois.


Je trimballe mon sac,

Un simple sac,

Ce n’est pas un fardeau,

Mais juste ce qu’il me faut !


Jusqu’à plus encre.

Musique de film – Sur La Route De Madison



Jusqu’à plus encre !



On a tous, dans le cœur,
Au delà de la raison,
Un visage , un prénom,
Que l’on en peut oublier.


Comment vivre avec ce souvenir?
Ne pouvant être,
Et ne sera jamais,
Que là , sur le papier,
Comme un rêve avorté !


Écrire,
Jusqu’à plus encre !
Ces mots si doux, si tendres,
Que tu ne diras pas !
Et que j’écris , tout bas !


Écrire,
Griffonner, ce bonheur,
Pendant quelques heures,
Comme le temps à suspendre,
Sans rien attendre.


Les mots s’assemblent en une vague ,
Je prends la barre,
Guidant ma plume,
Affrontant  l’écume,
D’une phrase oubliée,
Là , sur le papier !


Je ne peux prétendre,à cette caresse
Océan de tendresse,
Du tout premier baiser,
Timide, maladroit,
Trop vite donné,
Me faisant, pour instant,
Roi !


Entre pleins et déliés,
De ces mots ordinaires,
Trouvés dans un dictionnaire
N’en déplaise à Dieu
A cette ordre morale imbécile
Couché,aux bords de tes yeux,
Je rêves bleu,
Je rêves deux !


Dessinant à chaque lettre,
Les courbes de ton corps
L’abime de ton sourire.


Pourtant,il me faut chaque soir,
A mon grand désespoir,
Te laisser partir !
T’évanouir !
Retrouver ma vie réalité,
Ma vie, banalité !


Mes yeux s’embrument,
Ma bouche pleure,
Ces mots d’amour,
Pour que finisse le jour,
Et que par l’écriture,
Je soigne cette blessure,
Cette souffrance,
Qu’est ton absence !


Et écrire !
Écrire, encore ! !

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