Elle…….!

Elle….

Elle marche, un peu voûtée
Elle marche, sans trop douter.
Peu de chemin, lui reste à parcourir.
A la main, son sac de souvenirs,
Images un peu floues, de bonheurs passés,
Sanglots enfouis, larmes oubliées.

Elle dort seule, dans ce grand lit froid,
Elle dort seule, cherchant un émoi,
Une tendre caresse,
Un matin paresse.
Rejoignant, en rêves, la chaleur d’un amant
Cajolant en songes, les pleurs d’un enfant

Elle parle, à celui qui n’est plus,
Elle parle, sans être entendue.
Racontant, ces heures tristes et lentes,
Maudissant, en phrases indécentes,
L’ombre noire et glacée,
Tardant à lui donner, l’éternelle liberté.

Elle prie,pour son corps en souffrances .
Elle prie, pour ses « gosses  » en absence
Égrainant, chaque matin son chapelet de pilules
Guettant, au carreau,le moindre véhicule
Il suffirait,pourtant de quelques mots , d’une visite
Il suffirait,pourtant de quelques mots,un peu simplistes,
Pour dessiner,sur son visage fatigué,
Ce beau sourire, en mon cœur gardé

Maman ! Maman !
Que n’ai je pris le temps ?
Maman! Maman !
Et pourtant !….. et pourtant !

Elle partira , un beau matin
Elle partira, chagrin !
Sans un mot, même complice
Goutte d’eau perle et glisse,
Avaler par ce monde,
Anonyme en une seconde


Vincent

En robe blanche.

En robe blanche.



Ses mots me parviennent en émotions jetées,

Sur une simple feuille de papier,

Comme autant de couleurs, à la vie, arrachées,

En son cœur, délicatement, rangées.


Ces rimes se souviennent de senteurs océans,

De plages abandonnées aux prières profanes.

Un horizon en bleu accroché à ses yeux,

Au-delà de la mer, dessine un baiser délicieux.


Qu’attendait elle, plantée en robe blanche,

Au bout de la jetée, les vagues en avalanches ?


Ses questions s’accumulent en images permises,

Contraintes, sans doute, d’une éducation soumise.

Les brumes attirantes de mirages désobéissants,

Lui caressent le corps, frôlant l’indécent.


Des réponses incertaines, lui maquillent ses peurs,

Faisant venir, le jour tombé, d’étranges douleurs.

Pourtant, elle se laisse, doucement, emportée

Oubliant ces frayeurs pour un bonheur rêvé.


Qu’attendait elle, plantée en robe blanche,

Au bord des yeux, le cœur en errance ?


Vincent

Le silence de l’ignorant

« Peu importe la richesse d’une vie, seul compte la vérité et la noblesse de cette rencontre avec toi-même ! »
Philippe de Frémontpré
( Au-delà de l’innocence )

Le silence de l’ignorant.

Un demi- siècle !
Voilà, ce que le temps laisse derrière moi,
Un peu poussière sur mes bottes,
Quelques souffrances aux plaies endormies,
Une dizaine de carnets, une ou deux breloques.
Rien de plus !

Je ne sais rien, j’ai peine à le croire,
Des visages, des mots, des paysages emplissent ma mémoire
Et pourtant, reste le silence de l’ignorant,
Vous savez bien, celui qui vous dit : « t’es qui toi ? »
Moqueur à souhait,
Il efface les bonheurs passés,
Ne laissant que les regrets.
Ces remords lancinants, vous perforants le cœur,
Vous rongeant cette parcelle de raison, peut être trop intime,
Où votre vérité, peu à peu s’évapore.

J’arpente ce désert, où les rêves ne poussent plus,
Osant la sagesse, parfois,
L’amertume, souvent.
Ma tristesse cherche t elle une excuse sur ce tas de détritus,
Où s’amoncèle les « il est trop tard ! Si j’avais su !…. » ?
Mais ce n’est pas de l’audace,
Juste un voile sur une face !
Aux pays des occasions manquées,
Des choix impossibles, des petites et grandes trahisons,
Il y a des constats qui vous condamnent,
A porter en bagages les douleurs passées,
Non pas en pénitence, mais en un rappel quotidien,
A l’humilité, à une certaine idée de l’humanité,
Dans ce qu’elle a de plus généreux, de plus vraie !
Il me faut assumer seul, cette culpabilité,
Et apprendre l’autre au-delà du repos,
Retrouver, peut être un peu de compassion
Et d’estime de soi.

Mais, de quoi nous parles-tu ?
Oh ! J’essaie de justifier mon désarroi,
De faire du temps ce complice volontaire,
Qui fermera la porte de ma vie, doucement.
C’est le moins qu’il puisse faire !
Vous ne trouvez pas ?

Vincent

Equilibre.


Equilibre

Le corps a ses raisons,
Poussé par Cupidon,
Des mains audacieuses,
S’insinuent en caresse,
Dessus une peau en paresse.

Le corps a ses raisons,
Parfois, il nous en demande pardon,
Au détour d’une vie capricieuse,
Nous laisse entrevoir le pire,
Comme une fin de ce présent avenir.

Le corps a ses raisons,
A l’esprit, il fait ce don,
Toi, le boiteux, le pas beau,
D’être au-delà de la pensée des idiots,
D’une humanité aux limites infinies.

Il y a dans tout cela un équilibre !

J’aimerai, tant, parler aux hommes,
Loin de ces écrits simplistes.
Faire en quelque sorte un autre tour de piste.
Parler aux hommes,
Non pas à leurs cœurs, ils sont si volatiles,
Mais à leurs consciences !
Pas ce faux semblant « bobo » non !
A cette âme cachée aux reflets de bon sens,
Où le bonheur trace un chemin invisible,
Pourtant si présent !
Notre existence a-t-elle un attrait,
Si l’autre n’existe pas ?

La raison a son enveloppe,
Faite d’audace, des caprices et de préjugés.
Mais aussi, d’amour, de compassion et de partage.

Il y a dans tout cela un équilibre !

Vincent

Eternité.

Eternité.

Quand le ciel veillera nos doux avenirs,
Craquelés par les larmes et mots d’amour,

Quand le temps n’osera plus, en tendres caresses,
Imaginé le soir nos trop vieux souvenirs,

Quand en longue promenade, au fil d’un jour,
Aux heures passées en fatigantes paresses,

Quand l’amertume fleurira l’horizon,
De couleurs fanées aux saveurs d’oraison,

Quand les plaies d’anciennes passions,
Sécheront aux vents de la déraison,

Quand le silence se nourrira de cruelles habitudes,
Laissées en pâture à de fausses certitudes,

Quand l’esprit portera aux nues,
Les mots usés d’une triste vertu,

Quand le verbe ouvrira les portes de la nuit,
Narrant, sans se lasser, la tempête et la pluie,

Quand les rêves endormiront l’absence,
D’ambitions oubliées au bord d’une apparence,

Quand paré, d’une fanfaronnante expérience,
J’avouerai, sans faille, mon ignorance

Quand le soleil oubliera de chauffer ma carcasse,
Mon cœur épuisé n’étant plus que glace,

Quand mon regard au loin sur la mer,
N’inventera plus d’îles ni de terres,

Quand mes erreurs, en meute rassemblées,
A coups de griffes, maudiront mon passé,

Quand tout cela et tant d’autres choses,
Sera venu le moment, où je me pose.
Je resterai là, aux bords de l’humanité
Les yeux perdus dans l’éternité !

Vincent

Silhouettes inconnues.


Des silhouettes inconnues.


Il fait froid !
Les mots me délaissent,
Lassés de n’être qu’un reflet pale,
D’émotions incertaines.
La raison s‘interpose en souffrances,
Chassant quelques espoirs éphémères,
Où le hasard se joue des larmes de la vie.


Je regarde, craintif, des silhouettes inconnues,
Offrirent aux vents leurs certitudes.
Ils perçoivent l’autre,
Aux travers de leurs propres désirs,
Otant à la différence, le droit d’exister.
On se sent combler t’appartenir à un groupe,
Déversant, sans volupté un torrent de banalités.
En de complaisantes manières,
D’idées vertueuses, d’élans humanistes
Bordées de générosité,
L’homme se dilue dans les profits de l’un
Et le pouvoir de l’autre.


L’essentiel s’éclipse,
Affolé de ne pas être approché.
Ils entendent, mais n’écoutent pas !
Ils parlent, mais se taisent !
Ils gesticulent en pantins immobiles,
Laissant leurs instincts
Pourrirent leurs intimes vérités.


On parle de sagesse comme un souvenir ancien,
D’un savoir prenant le temps d’apprendre,
De retenir le vrai et le pur.
J’ai, tant appris dans les mains calleuses
De ce vieux charpentier,
M’offrant ses silences comme seules questions.
J’ai, tant, reçu d’un regard attentif,
Laissant ma vérité s’épanouir prés de lui.


Je surprends ma main à serrer le poing,
A être violence pour atténuer mes chagrins.
Je ne peux me résoudre, à haïr
Pour calmer mon courroux,
A tomber dans l’abime
Où l’espoir n’est plus.
Je poursuis mon chemin
Et sème en compassion
Mes pauvres ritournelles,
Mes rimes et mes chansons,
Un autre que moi en fera la récolte,
Même si il est seul, j’en serai heureux !


Vincent

Promenade.


Promenade.


Dans un village abandonné,
A l’abri du hasard,
Planté là, en montagne,
Le soleil pour phare,
Sans âmes, sans curé,
Sans, même, mat de cocagne,
Le vent glisse en silence,
Murmurant d’anciennes danses.
Dans les ruelles, où les pierres vieillissent,
Où résonnent, lointains, les souvenirs,
De ballons, de réglisse,
De mariages heureux, de tristes enterrements,
Quelques fleurs délaissées, osent un sourire.
Les maisons, aux murs lézardés,
Battisses trapues pour affronter le temps,
Cachent, derrière leurs portes, tant de secrets,
Derrière leurs volets, tant de soupirs,
Que les jours d’hiver et les nuits de printemps,
Les écoutent en solitude, tendrement.


Flânant dans les rues,
Un lierre suspendu,
Navigue de briques en gouttière,
Accueillent un nid dans sa gibecière.
Un chat tacheté, famélique,
Ballade son ombre squelettique,
En quête d’improbables mets,
Agrémentant ses rares déjeuners.
Dans une cour aux herbes folles,
Une vieille carriole,
A l’envers et sans roues,
Sert d’abri à un vieux hibou.
Sa tête aux grands yeux ronds,
Tournicote d’étrange façon.
Sur la toiture perchées,
Deux colombes en roucoulade,
Se donnent, l’un à l’autre, l’aubade.
Assis sur un banc cassé,
J’explore du regard,
De l’école à la fontaine morte,
Guidé par mon ouie,
Et les couleurs de toutes sortes.
La brise s’en amuse,
Se glissant entre les portes délabrées,
D’un vieux hangar,
Me laissant entendre un bruit,
Comme un son de cornemuse.


La pluie vint perturbée mes observations.
Fine et drue dans son apparition,
Elle me glaça le corps en un instant.
Je courus, en claquant des dents,
Entrant dans la première maison venue.
Machinalement, je frappai à la porte vermoulue,
Allumant un sourire sur mon visage détrempé.
Une grande pièce, un peu sombre s’offrit à moi,
Quelques gouttes perlant du toit.
Une immense cheminée en son centre trônée,
Doux présage d’un peu de chaleur.
Je bénie le ciel,
A la vue d’un tas de bûches providentiel.
Quelques brindilles amassées,
Je fis, vite une flambée.
Je mis à sécher mes vêtements,
Et prés du feu, m’endormis, doucement.

Vincent

La nuit.

La nuit



La nuit emprisonnée,

Volontaire condamnée,

Elle cherche en un soupir,

L’image du désir.

Son corps en nudité,

De rêves caressé,

Aux plaisirs se soumet,

D’un invisible aimé.


La nuit assassine,

Faussement câline,

Des rires en nombre,

Sur des visages en ombre,

Dessinent avec rage,

D’autres rives, d’autres plages.

Elle s’accroche à ces pas,

Pour que s’éloigne le trépas.


Nuit apaisante,

Mélodie différente,

De couleurs de noir, de gris,

Où se fondent tous les oublis.

Elle appréhende la minute,

Sans aucune lutte,

Et fait un jardin,

Bannière d’un autre matin.



Vincent

Horizons abimés.

Horizons abîmés.



Elle a peur du jour,

N’étant qu’un retour,

D’heures fatiguées,

D’horizons abîmés !

Lassée de saisons,

Modelées à façon,

Où rien n’est différent,

Dans la course du vent.


Elle a peur du jour,

Du temps, un peu sourd,

Aux murmures hurlés,

D’étranges baisers.

D’une tendresse en pluie,

Qui ruisselle et fuie.

Gloires et peines,

Traînent leurs chaînes.


Elle a peur du jour,

Trait de lumière si court,

Couleurs brûlant les yeux,

Éphémères pas de deux,

Glissant dans la brume,

En une danse posthume,

Où les mots en absence,

Affrontent le silence.



Vincent

Une lucarne d’absence.

Une lucarne d’absence.


Sur la digue, où le vent de l’est choisit de s’installer,

Contournant les abris, en rafales rieuses,

Où le soleil s’amuse à flatter les plus belles.

Se croisent des silhouettes, fouillant le regard.


En silence, ces vies anonymes,

Scrutent l’horizon à la recherche d’un rêve,

D’un nuage inconnu qui les emmènera.

Le temps les a figé en tristes marionnettes,

Pantins, malgré eux, dans un monde, malgré tout!


Chaque pas cache une larme,

Que le destin colore d’une étrange compassion.

Se reprochant l’espoir de leurs indécisions,

Ils arborent en souffrances, un paraître glacé.

Ils s’attardent sur ce qu’ils furent,

En la foulée alerte, d’un corps si bien modelé,

Ils évitent ce qu’ils seront,

En la toute vieille assise sur un banc.


Il s’attablent, souvent, pour oublier de vivre,

Les yeux dans le lointain, juste encore un instant.

Les mots, les rires partagés semblent croire,

A un bonheur fané, comme un pauvre dessin,

Aux couleurs délavées.

Une lucarne d’absence à portée de pensées,

Soigne, tant bien que mal, un misérable ennui.


Sur la digue, où le vent de l’est, passe son chemin,

La vie se contemple dans ses soupirs.


Vincent

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