Silhouettes inconnues.


Des silhouettes inconnues.


Il fait froid !
Les mots me délaissent,
Lassés de n’être qu’un reflet pale,
D’émotions incertaines.
La raison s‘interpose en souffrances,
Chassant quelques espoirs éphémères,
Où le hasard se joue des larmes de la vie.


Je regarde, craintif, des silhouettes inconnues,
Offrirent aux vents leurs certitudes.
Ils perçoivent l’autre,
Aux travers de leurs propres désirs,
Otant à la différence, le droit d’exister.
On se sent combler t’appartenir à un groupe,
Déversant, sans volupté un torrent de banalités.
En de complaisantes manières,
D’idées vertueuses, d’élans humanistes
Bordées de générosité,
L’homme se dilue dans les profits de l’un
Et le pouvoir de l’autre.


L’essentiel s’éclipse,
Affolé de ne pas être approché.
Ils entendent, mais n’écoutent pas !
Ils parlent, mais se taisent !
Ils gesticulent en pantins immobiles,
Laissant leurs instincts
Pourrirent leurs intimes vérités.


On parle de sagesse comme un souvenir ancien,
D’un savoir prenant le temps d’apprendre,
De retenir le vrai et le pur.
J’ai, tant appris dans les mains calleuses
De ce vieux charpentier,
M’offrant ses silences comme seules questions.
J’ai, tant, reçu d’un regard attentif,
Laissant ma vérité s’épanouir prés de lui.


Je surprends ma main à serrer le poing,
A être violence pour atténuer mes chagrins.
Je ne peux me résoudre, à haïr
Pour calmer mon courroux,
A tomber dans l’abime
Où l’espoir n’est plus.
Je poursuis mon chemin
Et sème en compassion
Mes pauvres ritournelles,
Mes rimes et mes chansons,
Un autre que moi en fera la récolte,
Même si il est seul, j’en serai heureux !


Vincent

Promenade.


Promenade.


Dans un village abandonné,
A l’abri du hasard,
Planté là, en montagne,
Le soleil pour phare,
Sans âmes, sans curé,
Sans, même, mat de cocagne,
Le vent glisse en silence,
Murmurant d’anciennes danses.
Dans les ruelles, où les pierres vieillissent,
Où résonnent, lointains, les souvenirs,
De ballons, de réglisse,
De mariages heureux, de tristes enterrements,
Quelques fleurs délaissées, osent un sourire.
Les maisons, aux murs lézardés,
Battisses trapues pour affronter le temps,
Cachent, derrière leurs portes, tant de secrets,
Derrière leurs volets, tant de soupirs,
Que les jours d’hiver et les nuits de printemps,
Les écoutent en solitude, tendrement.


Flânant dans les rues,
Un lierre suspendu,
Navigue de briques en gouttière,
Accueillent un nid dans sa gibecière.
Un chat tacheté, famélique,
Ballade son ombre squelettique,
En quête d’improbables mets,
Agrémentant ses rares déjeuners.
Dans une cour aux herbes folles,
Une vieille carriole,
A l’envers et sans roues,
Sert d’abri à un vieux hibou.
Sa tête aux grands yeux ronds,
Tournicote d’étrange façon.
Sur la toiture perchées,
Deux colombes en roucoulade,
Se donnent, l’un à l’autre, l’aubade.
Assis sur un banc cassé,
J’explore du regard,
De l’école à la fontaine morte,
Guidé par mon ouie,
Et les couleurs de toutes sortes.
La brise s’en amuse,
Se glissant entre les portes délabrées,
D’un vieux hangar,
Me laissant entendre un bruit,
Comme un son de cornemuse.


La pluie vint perturbée mes observations.
Fine et drue dans son apparition,
Elle me glaça le corps en un instant.
Je courus, en claquant des dents,
Entrant dans la première maison venue.
Machinalement, je frappai à la porte vermoulue,
Allumant un sourire sur mon visage détrempé.
Une grande pièce, un peu sombre s’offrit à moi,
Quelques gouttes perlant du toit.
Une immense cheminée en son centre trônée,
Doux présage d’un peu de chaleur.
Je bénie le ciel,
A la vue d’un tas de bûches providentiel.
Quelques brindilles amassées,
Je fis, vite une flambée.
Je mis à sécher mes vêtements,
Et prés du feu, m’endormis, doucement.

Vincent

La nuit.

La nuit



La nuit emprisonnée,

Volontaire condamnée,

Elle cherche en un soupir,

L’image du désir.

Son corps en nudité,

De rêves caressé,

Aux plaisirs se soumet,

D’un invisible aimé.


La nuit assassine,

Faussement câline,

Des rires en nombre,

Sur des visages en ombre,

Dessinent avec rage,

D’autres rives, d’autres plages.

Elle s’accroche à ces pas,

Pour que s’éloigne le trépas.


Nuit apaisante,

Mélodie différente,

De couleurs de noir, de gris,

Où se fondent tous les oublis.

Elle appréhende la minute,

Sans aucune lutte,

Et fait un jardin,

Bannière d’un autre matin.



Vincent

Horizons abimés.

Horizons abîmés.



Elle a peur du jour,

N’étant qu’un retour,

D’heures fatiguées,

D’horizons abîmés !

Lassée de saisons,

Modelées à façon,

Où rien n’est différent,

Dans la course du vent.


Elle a peur du jour,

Du temps, un peu sourd,

Aux murmures hurlés,

D’étranges baisers.

D’une tendresse en pluie,

Qui ruisselle et fuie.

Gloires et peines,

Traînent leurs chaînes.


Elle a peur du jour,

Trait de lumière si court,

Couleurs brûlant les yeux,

Éphémères pas de deux,

Glissant dans la brume,

En une danse posthume,

Où les mots en absence,

Affrontent le silence.



Vincent

Une lucarne d’absence.

Une lucarne d’absence.


Sur la digue, où le vent de l’est choisit de s’installer,

Contournant les abris, en rafales rieuses,

Où le soleil s’amuse à flatter les plus belles.

Se croisent des silhouettes, fouillant le regard.


En silence, ces vies anonymes,

Scrutent l’horizon à la recherche d’un rêve,

D’un nuage inconnu qui les emmènera.

Le temps les a figé en tristes marionnettes,

Pantins, malgré eux, dans un monde, malgré tout!


Chaque pas cache une larme,

Que le destin colore d’une étrange compassion.

Se reprochant l’espoir de leurs indécisions,

Ils arborent en souffrances, un paraître glacé.

Ils s’attardent sur ce qu’ils furent,

En la foulée alerte, d’un corps si bien modelé,

Ils évitent ce qu’ils seront,

En la toute vieille assise sur un banc.


Il s’attablent, souvent, pour oublier de vivre,

Les yeux dans le lointain, juste encore un instant.

Les mots, les rires partagés semblent croire,

A un bonheur fané, comme un pauvre dessin,

Aux couleurs délavées.

Une lucarne d’absence à portée de pensées,

Soigne, tant bien que mal, un misérable ennui.


Sur la digue, où le vent de l’est, passe son chemin,

La vie se contemple dans ses soupirs.


Vincent

L’entre mondes


L’entre mondes.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde

Cet univers c’est le tien,
Pas encore le mien.
Voyageur imprudent,
Je t’accompagne comme un enfant,
Impatient et dissipé,
Pour découvrir cette contrée.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde.

Ferme les yeux, j’ouvre la porte.
Tes rêves t’attendent, en cohortes.
Comme des gouttes de musique,
Les étoiles, en une pluie magique,
Illumineront ton chemin,
Si par mégarde, tu perdais ma main.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde.

Des mots aux couleurs enivrantes,
Berceront nos âmes en partance.
Pour le plaisir d’une rime, d’un vers
Nous aurons l’audace d’un été en hiver.
Nous volerons,alors, un peu de paresse,
Comme un ultime aveu, une faiblesse.

Emmène-moi petite fille,
Le temps, faut pas que je le gaspille,
Emmène-moi, dans l’entre mondes,
Pour une course vagabonde.

Perdu en amour, je laisserai au plaisir,
Le choix des désirs et des armes.
C’est là, vaincu par tes charmes,
Qu’enfin, je brûlerai mes souvenirs.
Je fermerai les yeux et ouvrirai la porte
A d’autres rêves, les miens, les nôtres.

Je t’emmène, dans l’entre mondes
Ou avec toi, je renais à chaque seconde.

Vincent

Pour une larme………

Pour une larme……



Je te tiens, dans mes bras,

Petite goutte de vie,

Je te tiens, dans mes bras,

Et soudain, tu souris,

Je te tiens, dans mes bras,

Un frisson m’envahit,

Je te tiens, dans mes bras,

Et, j’ai peur de la nuit!


Il est un age, mon enfant,

Où, le chemin est différent,

A l’horizon approché,

Du bout des doigts touché.

L’inconnu n’est plus rêve,

Il avance, sans trêve,

Pressant le pas, parfois,


Pour une larme de toi !

Je te tiens, par la main,

Petite fleur de vie,

Je te tiens, par la main,

Et, je ne t’ai pas tout dit,

Je te tiens, par la main,

Mon angoisse grandit,

Je te tiens, par la main,

Et j’ai peur de la nuit!

Il est un age, mon enfant

Où, mes cheveux, couleurs argent,

Sur mes épaules abandonnés,

Comme feuilles, en automne, tombées.


Un hiver ouvre sa porte,

Dans un silence d’une autre sorte,

Il fait, si noir, parfois,

Pour une larme de toi !

Tu me tiens, par le bras,

Petite fille, si jolie,

Tu me tiens, par le bras,

Et me quitte l’ennui

Tu me tiens, par le bras,

Pour un instant de répits,


Tu me tiens, par le bras,

Et j’ai peur de la nuit!

Il est un age, mon Papy,

J’ai, tant besoin de toi ici,

Pour me conter des histoires,

Celles de ton vieux tiroir,

Celles de quand, j’étais enfant,

Un vrai bonheur, ces instants,

Et au son de ta voix,

Reste, une larme de moi !


Vincent


Les trophées de sable.

Les trophées de sables.


Trop d’horizons s’encombrent de mots inutiles,

Reflets pales de certitudes serviles,

Où camouflé, au delà d’un étrange désert,

L’homme, en son intime, à jamais se perd.


L’intime, un monde invisible, secret,

Où s’affronte, la permanence de nos contradictions.

Notre vérité, en forcené,

S’emploie à éteindre le feu de nos illusions.


Dans ce combat, les choix de convenance,

Offrent leurs trophées de sables,

Aux couleurs fragiles de l’apparence,

Parure éphémère d’une fable.


Il est des moments, arrachés au perfide,

Où, le regard, en nous, se fait lucide.

Secondes fragiles côtoyant l’essentiel,

Sans autre humilité que celui du ciel.


Je me laisse, cette liberté là,

de retrouver ces instants à chaque pas!

Vincent

T’embrasser encore…….!

T’embrasser encore !



Quand le ciel disparaît,

En un rêve éclaté,

Quand la brise d’été,

En larmes noyées,

Quand le jour s’éteint

En de lourds chagrins,

Quand la nuit infinie,

En ce noir, sans oubli,

Quand, le silence s’installe,

En un souffle, en un râle,

Quand, se taisent les rimes,

En aveugles des hautes cimes,

Quand la plume trempée,

En une encre, vite séchée,

Quand, le vent ne parle plus,

En son murmure perdu,

Quand, la seconde passée,

En un temps blessé,

Quand se confond l’oubli,

En une vie enfuie,


C’est là, mon amour, mon aimée,

C’est là, ton visage dessinée,

Que je meurs,

J’ai froid, j’ai peur,

Je me maudis,

Je me meurtris,

De ne pas avoir ce pouvoir,

De ne pas avoir ce vouloir,

Pour te rejoindre au delà de la vie,

Pour franchir cet interdit…..


…Juste, pour t’embrasser encore !



Vincent

Vous, mes mains…….!

Vous ,mes mains….!


Sur ton corps allongé, mes mains en une vague,
Les yeux clos par le désir d’une Caresse éffleurée
Elles glissent dans l’équilibre tendre du funambule
Cherchant à sentir le vertige, la sensation ultime
Ou la peur se mélant au plaisir , l’émotion au désir
Le souffle d’une ivresse irréelle calme tes craintes aux portes du bonheur

Ne pas se hater , comme pour retenir la seconde à venir
Respirer aux rythmes de la soie de ta peau
Parcourir à se perdre en tendresse ce fruit défendu
Chaque courbe est une délice infini
Mes mains les dessinent en de douces frayeurs
De n’en oublier aucune, de les oser toutes !

J’envie mes mains, j’envie mes doigts !
Mon esprit cherche le gout d’une de ces caresses
Elle seules savent petites égoistes
Mon regard se perd dans leurs courses
Ne pas les quitter des yeux pour mieux partager ce moment
Mon ame se fond en elles
Mon esprit se dilue en toi
T’appartenir enfin , toujours !
En corps en corps !

Vincent

Haut de Page