Ballade pour ma Belle.

Ballade pour ma belle


Aux delà des flots, ma belle,
Qui peut entendre,
Ces larmes de malheur
Et ce cœur se fendre ?
A l’horizon perdu,
D’un navire qui n’est plus.
Il n’y a plus de capitaine,
Pour combattre tes peines.

Au delà du ciel, ma belle,
Tu parles à une ombre,
Que le soleil fera fondre,
A la nuit rêvée,
Qu’un autre jour,
Qu’un autre amour,
En caresses te fera oublier.

Assise sur le vent, ma belle,
Tes songes courent,
Les mots en bataille.
Ton ventre trésaille,
Mais, au plaisir reste sourd.
Il te faut, encore guerroyer,
Et la tempête affronter.
Chaque jour, son souvenir,
A chaque nuit, son soupir.

Au loin, une ballade irlandaise,
Conte ses plaintes aux vents de la cote.
Aux bords de la falaise,
Tu chantes à la mer, une larme sur chaque note.

N’aie crainte, ma belle
De cette goutte d’eau, sur le sol tombée,
Naîtra un autre été.
Ou la vie, ma rebelle,
T’apportera ses présents,
Et la ballade irlandaise fuira le vent

Vincent

L’olivier.


L’olivier.

Mes pas m’entrainent, loin, par delà les montagnes,
Sur les chemins de Compostelle, cette route au bord de soi.
Le hasard me permit le repos, dans un village sur une colline perché.
Des maisons de tuiles rondes, les unes contre les autres serrées,
Sommeillent.
Derrière leurs volets de bois, à demi-clos,
La fraicheur s’installe pour une courte sieste.
Ce fut, pour moi, un village silence,
Rendant à mon âme, une autre innocence.

Sur la petite place, à l’ombre des platanes,
Pour ne pas réveiller les vielles pierres,
Quelques anciens parlent bas.
Le chant de la fontaine partage leurs doux souvenirs,
Ceux d’avant que la lavande ne fane.
Et l’on respire à pleine larme, l’image floue, de celui qui n’est plus.
Sur la pointe d’une brise, le vent discret traverse les ruelles,
Renouvelant avec largesse, ces senteurs venues de la vallée.
Il suffit, alors de fermer les yeux, de se laisser envahir par l’aïoli,
Délicatement tourné dans le pilon.
Le thym, le romarin faisant la causette aux épices d’ailleurs,
Et ce petit rosé, juste sorti du puits, frais comme la vérité.

Cela peut paraitre banal,
Presque une carte postale.
Mais c’est ainsi que je le découvris, assis au pied d’un olivier.
Je me mis à observer cet arbre.
Son tronc et ses branches noueux,
Torturé par le besoin de grandir, par les saisons d’hier
Et celles de demain.
Parfois lisse, parfois rugueuse, son écorce alliait,
La force et la sagesse des soleils tombants dans la mer bleue,
Des parfums de vendanges ou même les Dieux n’osent s’inviter,
De la chanson de Mistral cherchant son amour d’été.

Une question, soudain me vint.
Quel était cette obstination à donner du fruit ?
Tant de blessures, d’intempéries subies.
Tant de siècles, de nuits noires, de jour sang,
A regarder les hommes déchirer consciencieusement,
Le peu de rêves qu’ils construisent.
Et pourtant !
A chaque saison nouvelle, le fruit est là,
Comme un défi à la déraison !

Dans un dédale de petites rues,
Ou l’ombre fraiche m’accompagnait, je me mis en quête
D’une certaine idée de cette paix muette mais palpable.
Mais personne pour me l’expliquer !
Je revins à l’abri de cet olivier,
Comme soulagé de le retrouver.
Mes yeux se perdirent dans son feuillage.
Des millions de questions s’affrontaient en mon esprit,
Sans trouver la moindre réponse.

Je me souvins, alors de ce vieux moine et de l’abeille,
Un échange improbable irréel.
Je m’endormis, presque sans effort, épuisé de ce monologue.
Là, sans grammaire parfaite, mais en émotions et ressentis,
Appuyé à cet arbre, nous échangions nos espoirs.
A mon réveil, je repris le sentier, différent de la veille,
Et riche de cette rencontre,
De cette rencontre avec la vie !
Oui ! J’ai parlé à un arbre un soir d’été,
Sur cette route au bord de soi !

Vincent

Les collines d’arbres roux.

Les collines d’arbres roux.


Oh ! Ce n’est pas très loin !
Juste derrière la porte.
Sans bagages d’aucunes sortes,
J’aimerai t’y emmener,
Pour un moment, pour une éternité !

Des forets immenses et mystérieuses,
Où, la solitude est presque amoureuse.
Quelques lacs, glissent en reflets d’une eau pure,
Entre des collines d’arbres roux,
Comme une larme de dessus une joue.
Puis se perdent, en murmures au bout de l’azur.
De petits sentiers s’accrochent à ces pentes,
Couvrant de mille feuilles les randonnées amantes.
Le secret des bois est, ainsi préservé,
Comme un tendre baiser au milieu d’un palais.

Là, à quelques pas de la rive,
Sous des chênes centenaires,
Une petite maison de bois.
Quelques rondins serrés, de petites fenêtres,
Un toit de chaume que le mousse verdi,
Sur le coté, des bûches coupées sous l’appentis,
Et un fagot de brindilles de bouleau ou de hêtre.
Au devant, une étroite véranda,
Je m’y attarde, prisonnier de la beauté des lieux.
Chaque saison a ses tons merveilleux,
Des pastelles d’un automne, aux senteurs particulières,
D’une douce matinée printanière,
Mes songes s’envolent et dérivent,
Frôlant de biens hautes cimes,
Pour fondre en ribambelles de rimes,
Sur les pages blanches et apeurées,
D’un cahier d’écolier.

Au jour tombé, la lumière vacille et hésite.
Je me retire en amertume,
Le feu crépite dans la cheminée,
Réchauffant sans égards ma solitude.
Le silence se fait.
Le vent, me fait, alors une visite.
Il me raconte des histoires,
Celles de l’autre coté de l’espoir.
Il me plait, soudain de croire en ta présence,
Le souffle court au bord de l’indécence.
Mes mains pleurent ton absence,
Mes baisers se perdent en impatience.
Le silence se tait.

La brise s’enfuit.
Dans les nuages du matin.
Le bleu, le gris en nuances satin,
Chiffonne la nuit à peine finie.

Ouais, je t’emmènerai là-bas !

Vincent

En dedans les murs.


En dedans les murs.

En dedans les murs,
A l’abri des certitudes,
Se pose le temps,
Un silence de vérités.

En dedans les murs,
Sans mots à l’écorce rude,
Se pose le temps,
Un écho de sérénité.

En dedans les murs,
Sans horizons, sans latitudes,
Se pose le temps,
Un océan de pensées.

En dedans les murs,
S’évadant de tristes servitudes,
Se pose le temps,
Affranchi de fausses libertés.

En dedans les murs,
Hauts et froids,
Aux tuiles rouges sur le toit,
Cernés de jardins rigoureux,
D’arbres encore frileux,
Les pas se font prudence,
Cherchant en alternance,
Sur la pierre grise,
L’équilibre d’une émotion,
Le pardon d’une méprise,
Le chemin de la compassion.

En dedans les murs,
Quand le ciel fait place,
A une nuit de solitude,
Le sommeil se lasse,
Et force l’habitude,
Pour un autre voyage,
Au large des écueils,
D’un passé sans pages,
D’un si présent recueil.

En dedans les murs,
Dans l’ignorance,
De ce face à face,
Où l’on apaise l’errance,
Sans miroir, sans glace,
Apprendre,
Comprendre,
En son intime tolérance,
Nait de l’évidence.

En dedans les murs,
La vie s’attarde,
Sans regrets, sans mépris,
Mélodie d’un vieux barde,
Pour un cœur épris.
Vers l’essentiel, sur son chemin,
L’humanité arpente son destin !

Vincent

A l’heure, où la lumière s’absente,


A l’heure, où la lumière s’absente,


Un soir d’été, je me suis égaré en solitude.
Mes pas m’emmenèrent hors de mes habitudes.

Mes pensées étaient ailleurs,
S’éloignant, peu à peu, de mes frayeurs.
Dans la chaleur douce, d’une saison finissante,
Les couleurs en nuances avaient une vertu apaisante.
Un dégradé de rouge à l’orangé,
Donnait à l’horizon, un soleil éclaté.
Une brise tiède, déposait sur son passage,
De senteurs venues d’au-delà de la plage.

Au détour d’une brume nonchalante,
A l’heure, où la lumière s’absente,
Dans un regard sans but, cherchant un hasard,
Une silhouette sans visage s’égare.
Mes mots s’interrogent sur cette étrange vision,
Dessinent ils, juste, une simple illusion ?

Un soir d’été, je me suis égaré en solitude.
Mes pas m’emmenèrent hors de mes habitudes.

Le souffle court, le cœur battant fort,
Au devant de cette inconnue, quand se précise son corps.
Une robe de dentelles, ceinturée à la taille,
D’un ruban de couleur, sans autre détails.
Des cheveux se posant sur l’épaule dénudée,
En vague blonde, aux reflets parsemés.
Puis, des yeux si purs, d’un bleu cristallin,
Mais comme tristesse dans leurs dessins.

Au croisé de nos silences, aux chemins ralentis,
Le temps ouvrit une lucarne de vie.
Un instant éphémère où se perd l’incompris,
Dans un étrange désir que l’on veut infini.
L’oubli devient maître de l’espace,
Où une émotion indéfinissable passe.
Il suffirait de peu, qu’il ne fut prolongé,
Par un touché, un mot, pour une éternité !

Un soir d’été, je me suis égaré en solitude.
Mes pas m’emmenèrent hors de mes habitudes.

Vincent

Coupable !


Coupable !


Admirable !
Ironiquement admirable,
Cette faculté humaine,cet intellect poubelle,
Cette quête, presque intemporelle,
Qui, pour certains, est une raison de vivre,
Comme, le manger et le boire,
Comme, ne pouvoir respirer que le désespoir.
Se dégager d’erreurs à venir,
Se laver le mains à en être ivre !

Coupable !
Il faut, absolument, un coupable !
Mais, cela ne peut être moi !
Une évidence, cela va de soi !

C’est, ce que je fais maintenant,
Me direz-vous, la plume entre les dents ?
j’en accepte l’augure,
et même une baffe sur la figure.
Mes mots ne revendiquent aucune virginité,
Simplement de voir, au delà du bout de mon nez !

Nous dépensons, chaque jour,
Une énergie, faisant pâlir un four.
De tortueuses démonstrations,
Des analyses pertinentes,
Au bord de la sainte révolution,
argumentées et évidentes,
S’organisent en nos pensées,
Juste pour nous dédouaner,
D’une égoïste assertion :
«  Je ne suis coupable de rien,
Ce monde est le tien ! »

Quand, nos choix virent à l’impasse,
Quand, nos yeux se ferment et passent,
Commencent, alors, notre recherche de l’inculpé.
Mais, il ne nous suffit pas de le trouver,
C’est, en de simplistes argumentaires,
Que nos consciences faisons taire.
Il ne peut être question de nos responsabilités,
en partiel ou en pointillé,
Car, de vous à moi,
Nous détenons la vérité !
Et cela de bonne foi,
Même nos mensonges en sont persuader!

Coupable !
Il faut, absolument, un coupable !
Mais, cela ne peut être moi !
Une évidence, cela va de soi !

Vincent

Monsieur….


Monsieur,

Je me souviens, Monsieur,
Sachez le !
Je me souviens de ces aubes brunes,
Où, le jour chasse la lune,
De vos mains apaisées,
De nos corps fatigués,
A s’offrir l’amour,
Avant que ne vienne le jour.

Je me souviens, Monsieur,
Sachez le !
De ces saveurs d’automne,
De vos rires qui résonnent,
Sous la voûte d’une allée,
Des ces heures, trop vite passées,
Cherchant un hasard,
Pour croiser votre regard.

Je me souviens, Monsieur,
Sachez le !
De notre monde inventé,
De ces pluies de baisers,
De ces courses folles,
Et autres farandoles,
Où, derrières les glycines,
Nous nous allongions, en sieste coquine.

Je me souviens, Monsieur,
Sachez le !
De cet enfant en espoir,
Faisant votre désespoir,
Ne pouvant naître,
Vous le saviez bien !
Qu’en avenir de peut être,
Et devenir incertain.

Rougissez-vous, Monsieur,
De n’être qu’un amant
Vous n’avez pas à tenir un rang
Chaque jour, je vis en apparences,
De votre amour, je suis en souffrance.
Vos mots violents m’ont,beaucoup affectés
Je ne saurais, à cet instant vous pardonnez.

S’ il vous reste, Monsieur,
Un peu, de ces sentiments précieux,
Et souhaitiez les chérir,
Qu’il plaise, alors, un jour à Dieu,
D’à nouveau nous réunir !

Vincent

Madame…..



Madame,

Vous souvenez vous, Madame. ?
De nos silences effleurés,
Nous étions des amants,
Oubliant les tourments,
D’une vie en dehors,
De la vie du dehors.

Vous souvenez vous, Madame. ?
Des ces mots caressés,
Du bout des doigts, du bout de l’âme,
De ces rimes inventées,
Entre deux baisers semés,
Au creux d’un oreiller.

Vous souvenez vous, Madame. ?
De ces ballades en tendresse,
Où, même le vent se calme,
Se devine et paresse,
Murmurant une chanson sans age,
Au travers d’un vert feuillage.

Vous souvenez vous, Madame. ?
De ces rêves, un peu fous,
De ce voyage de Venise à Parme
De cet enfant qui serait de nous,
Une fille au teint merveilleux,
Au charme envoûtant de vos yeux.

Vous souvenez vous, Madame ?
Non ! Je ne crois pas !
Vous avez oublié, Madame !
De ces bonheurs, vous n’en voulez pas !
Mais, que n’ai-je eu cette délicatesse,
D’être Marquis et vous maîtresse ?
En un sens convenable,
« faux-culs ! », mais pas coupable !

Hélas, je ne suis que manent,
Voir mécréant !
Un de ces romantiques,
Poètes squelettiques,
Je hais ce destin qui vous mit sur ma route,
Sur mon devenir, vous n’aviez aucun doute.
Je ne devais être que de passage,
Pour votre plaisir, bien peu sage.

Je vous plains, Madame !
De céder à vos caprices,
A vos désirs éphémères,
Vous buvez, ainsi, au calice
Des souvenirs amers !
Et demain, Madame,
Quand s’éteindra votre flamme,
Un peu trop tard, un peu trop tot,
De l’amour, vous n’aurez que les mots,
D’un écrivain raté,
Qui vous aura aimé !

Vincent

Paysages .



« Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t’entoure. »

Pensée Navajos


Paysages

Au-delà du choix des mots, il y a les actes,
Les uns suivent les autres.
Qu’est ce que tout cela, sans la réflexion ?

La colère, l’injustice, l’émotion,
Dessinent notre image.
Certains, non sans talents,
Prônent leurs réalités, comme certitudes.
D’autres, laissent au silence,
Le soin d’hisser, une neutralité confortable.
Rien, dans ces attitudes, ne peut être blâmé !
Ces alternatives émanent d’êtres humains,
Et, à ce titre, sont respectables.

Derrière ces traits, plus ou moins affinés,
Un monde se crée !
Fait d’acceptations ou de rejets,
D’indifférences, d’engagements,
Ces paysages ne sont que les reflets
De nos ressentis de l’instant.
Trop souvent, les mots cèdent à l’immédiat,
Oubliant que leurs arabesques
Doivent prendre le temps,
De pleins et déliés mûris et raisonnés.

Au-delà du choix des mots, il y a la liberté,
Celle revendiquant en chacun, une part de la création,
Et l’apprentissage en conscience de la réalité de l’autre !

Vincent

Les passés retenus.


Les passés retenus

De retour de mémoires, je me suis assis,
Gorgé de songes de passés retenus.
Là, je regarde ma vie,
Les hier d’un coté, les demains de l’autre.
Je n’étais qu’un enfant de rien,
Celui que l’on toise, pour le mépriser en silence.
Je n’étais qu’un enfant d’ailleurs,
Celui que l’on soumet plus que l’on admet.

Ce n’était qu’une maison, mais pour moi un château.
Trois étages de pierres brutes, aux larges fenêtres, aux vitraux éclatants.
Là-haut, sous les combles, notre chambre et sa petite lucarne,
Discrète, presque secrète.
Le matin, aux premières lueurs, on y dominait le monde,
La nuit, juste avant le sommeil, on murmurait aux étoiles,
Pour s’endormir doucement, le ciel en confidences.
De petits cailloux blancs marquaient la terrasse
Et l’on sentait la rigueur dans ces allées sans courbes,
Ou même le gravier semblait avoir été compter.
Milles fleurs en massifs imposants, donnaient de la couleur,
A la vieille bâtisse.
Une pelouse coupée rase s’enfuyait sous les arbres,
En de petites touches d’herbes folles.
Un parc boisé, d’essences rares et rustiques,
S’étendait au-delà de mes aventures.
Des chênes centenaires contaient aux vents,
Les légendes d’une forêt disparue.
Dans les buissons, quelques embuscades de garnements braillards
Attendaient, sagement, une belle après midi d’été.

A quelques pas de là, une maison de verre étincelée,
Véritable bijou aux aretes polies , planté au milieu de cette verdure.
Aux grandes chaleurs,
Quelques panneaux de verre s’ouvraient, comme pour mieux respirer !
La serre ! Lieu magique, lieu mystérieux, lieu scientifique.
Monsieur de Fémontpré y régnait en maître.
Devançant le soleil chaque matin, il y avait ses habitudes.
Ses discours enflammés et ses colères noires.
A la tombée du jour, quand la nuit à venir, lui semblait sereine,
Monsieur faisait faire son lit au milieu des orchidées
Une vraie passion, faite d’attention, de tendresse, de rupture et d’échecs aussi,
Mais par-dessus tout, de beaucoup d’amour.
Ce fut, pour l’enfant que j’étais, un étrange sentiment,
Où se mêlait la curiosité, une certaine crainte et une vraie admiration.
Ce sentiment, je le compris plus tard, Monsieur, le partagea longtemps.

Il n’était qu’un vieil homme,
De ceux que l’on craint en toute admiration.
Il n’était qu’un vieil homme,
Avec un cœur immense, sous son écorce rude.
Il n’était qu’un vieil homme,
Et aussi mon Grand-père !
Mais, je ne le sus que trop tard !

Vincent

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